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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2101355

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2101355

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2101355
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation10eme Chambre
Avocat requérantSCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 février 2021 et 5 août 2024,

M. B A, représenté par Me Marques, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° DP 013 032 20 00150 du 17 décembre 2020 par lequel le maire de la commune d'Eguilles a retiré la décision de non-opposition tacite à la déclaration préalable qu'il a déposée pour une division parcellaire en vue de créer deux lots à bâtir sur une parcelle située 425 chemin du château d'eau cadastrée 32 section AR n° 400 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Eguilles la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la voie d'accès au terrain d'assiette du projet de division parcellaire ne présente pas de risque pour la sécurité des usagers de la voirie, qu'elle est suffisamment large tant pour ses usagers que pour les véhicules de secours.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 juin 2022, la commune d'Eguilles, représentée par Me Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant la somme de 1 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée le 14 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Houvet,

- les conclusions de Mme Noire, rapporteure publique ;

- les observations de Me Gouard-Robert pour la commune.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 17 décembre 2020, le maire de la commune d'Eguilles a retiré la décision de non-opposition tacite à la déclaration préalable pour une division parcellaire en vue de la création de deux lots à bâtir déposée par M. A. Il demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ". L'administration et le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie.

3. L'arrêté en litige retient, d'une part, que la voie d'accès au terrain d'assiette, le chemin du château d'eau, est surchargée et que la circulation des engins de lutte contre l'incendie est rendue difficile du fait des caractéristiques de cette voie. Toutefois, ces affirmations ne sont étayées par aucun élément que la commune aurait pu produire. D'autre part, la commune n'expose pas non plus de quelle manière la pente de la voie, qu'elle évalue à 12% sans le démontrer, exposerait les usagers à un risque de la circulation, ni comment la division parcellaire en vue de la construction de deux maisons d'habitation accroîtrait ce risque. Il ressort au contraire des pièces du dossier du requérant, notamment d'un constat d'huissier, que la route d'accès au terrain d'assiette du projet est une voie goudronnée d'une largeur de 3,7 à 4,20 mètres et qu'elle dispose de zones de croisement. Il sera loisible à la commune d'assortir les éventuelles autorisations de construire de prescriptions concernant la visibilité depuis les accès à la voie du terrain d'assiette le cas échéant. Le fait que le chemin d'accès débouche sur la route de la Calade, qui serait très passante, sans permettre une bonne visibilité est, d'une part, inopérant car la voie de la Calade n'est pas la voie d'accès directe au terrain d'assiette et d'autre part inexact au regard des photographies ou captures produites par le requérant et qui démontrent que la voie est élargie et suffisamment dégagée à cet endroit. Compte tenu de ces éléments, le requérant est fondé à soutenir qu'en retirant la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable le maire a méconnu les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme.

4. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme aucun autre moyen n'est de nature, en l'état de l'instruction, à conduire à l'annulation de la décision contestée.

5. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 17 décembre 2020 doit être annulé et par voie de conséquence la décision implicite de son recours gracieux.

Sur les frais :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune d'Eguilles sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la commune d'Eguilles une somme de 1 500 euros à verser à M. A sur le fondement des mêmes dispositions.

DECIDE :

Article 1er : L'arrêté du 17 décembre 2020 par lequel le maire de la commune d'Eguilles a retiré la décision de non-opposition tacite à la déclaration préalable qu'il a déposée pour une division parcellaire en vue de créer deux lots à bâtir sur une parcelle située 425 chemin du château d'eau cadastrée 32 section AR n° 400 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux sont annulés.

Article 2 : La commune d'Eguilles versera à M. A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune d'Eguilles et à M. B A.

Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Pecchioli, président,

- M. Juste, premier conseiller,

- Mme Houvet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

La rapporteure,

signé

A. HOUVETLe président,

signé

J-L PECCHIOLI

La greffière,

Signé

F. FOURRIER

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

N°2101355

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