lundi 12 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | COURREGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 février 2021, Mme C F, représentée par Me Courrèges, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 décembre 2020, prise après l'exercice d'un recours administratif préalable obligatoire, par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a confirmé la mise à sa charge d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 2 531 euros pour la période de janvier au 31 octobre 2019 ;
2°) de la décharger du paiement de la somme précitée ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône de la rétablir dans ses droits à l'allocation logement sur la même période ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône le paiement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La décision est entachée d'incompétence dès lors que la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône ne justifie pas de la délégation de pouvoir et de signature de Mme G E, signataire de la décision de rejet de la commission de recours amiable ;
- la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a commis une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la décision est fondée sur la décision du conseil départemental qui l'a radiée de ses droits au RSA et dont elle a demandé l'annulation au tribunal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2022, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, à titre principal, qu'elle est irrecevable en ce qu'elle méconnaît l'autorité de la chose jugée dès lors que le tribunal a rejeté sa requête tendant à l'annulation de la décision du 12 octobre 2020 par laquelle le conseil départemental a procédé à la radiation des droits de Mme F au revenu de solidarité active au 1er janvier 2017, et, à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Marseille a désigné Mme B pour statuer en tant que juge statuant seul sur les requêtes relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- et les observations de Me Courreges, pour la requérante.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F a été bénéficiaire de l'allocation de logement. Toutefois, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a estimé que ces allocations lui avaient été versées à tort en ce qui concerne la période s'étendant de janvier à octobre 2019 en conséquence de la décision du 12 octobre 2020 par laquelle le département des Bouches-du-Rhône a procédé à la radiation de ses droits au revenu de solidarité active. Le 27 novembre 2020, l'intéressée a formé un recours administratif préalable obligatoire contestant l'indu d'allocation de logement d'un montant de 2 531 euros réclamé par la CAF qui a été rejeté par décision du directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône du 9 décembre 2020. Mme F demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. " aux termes de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ()" et aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable. "
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le directeur de la CAF,
M. A D, a notifié à la requérante par courrier du 16 décembre 2020 la décision en litige après examen de son dossier et avis de la commission de recours amiable réunie le
9 décembre 2020. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de Mme E, directeur comptable et financier de la CAF, pour signer l'avis de la commission de recours préalable, lequel est un acte préparatoire, ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 822-5 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ne sont dues qu'aux personnes payant un minimum de loyer, compte tenu de leurs ressources et de la valeur en capital de leur patrimoine, lorsque cette valeur est supérieure à un montant fixé par voie réglementaire. Article L822-6 La détermination ainsi que les conditions de prise en compte des ressources et de la valeur du patrimoine sont définies par voie réglementaire. / Les conditions de prise en compte des ressources, notamment les périodes de référence retenues, peuvent varier en fonction de la nature des ressources " et aux termes de l'article R. 822-17 du même code, dans sa version applicable au litige : " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint perçoit le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage perçus par l'intéressé durant l'année civile de référence. / Les droits sont examinés sur cette nouvelle base, à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel ces conditions sont réunies et jusqu'au dernier jour du mois civil au cours duquel ces conditions cessent d'être réunies. "
5. Pour contester la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône maintient l'indu d'allocation de logement en litige,
Mme F soutient que ce dernier a commis une erreur d'appréciation dès lors qu'il s'est fondé sur la décision illégale du conseil départemental des Bouches-du-Rhône qui a procédé à la radiation de ses droits au revenu de solidarité active (RSA) à compter du
1er janvier 2017. Toutefois, la requête de l'intéressée tendant à l'annulation de la décision précitée du conseil départemental a été rejetée par jugement du tribunal administratif de Marseille du 5 août 2022, lequel a écarté l'ensemble des moyens dirigés contre la décision de radiation de ses droits au RSA. Par suite, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a tenu compte des revenus d'activité de la requérante obtenus durant l'année de référence 2017 pour le calcul de ses droits à l'allocation logement et a maintenu par décision du 9 décembre 2020 la mise à sa charge du trop-perçu d'allocation de logement sociale d'un montant de 2 350 euros.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 9 décembre 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a confirmé la mise à sa charge d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 2 531 euros pour la période de janvier au
31 octobre 2019. Par suite, les conclusions de Mme F dirigées contre cette décision, ainsi que celles tendant à la décharge des sommes réclamées, celles aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F, au préfet des Bouches-du-Rhône et à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
E. B
La greffière,
signé
S. IBRAMLa République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2101439
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026