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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2101517

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2101517

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2101517
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGOUTAL-ALIBERT & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 et 26 février 2021, 19 avril 2021, 19 octobre 2022 et 10 septembre 2023, Mme C B, représentée par Me Lerat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 18 décembre 2020 par laquelle le directeur général des services de la région Provence-Alpes-Côte d'azur l'a affectée au poste de chargée de mission SRADDET-CPER situé à Marseille, la décision du 5 janvier 2021 par laquelle la région a rejeté sa candidature au poste de chargé de mission " Europe " au sein du bureau de représentation à Bruxelles ainsi que la décision par laquelle la région a procédé au recrutement de l'agent dont la candidature a été retenue sur ce poste ;

2°) à titre principal, d'enjoindre à la région Provence-Alpes Côte d'Azur de la nommer sans délai sur un poste de chargé de mission " Europe " au sein du bureau de représentation de la région à Bruxelles, au besoin en surnombre, à titre subsidiaire, de la réaffecter dans un emploi plus proche de son domicile, et, en tout état de cause, de retirer les décisions contestées de son dossier administratif ;

3°) d'annuler le contrat d'engagement du candidat retenu avec toutes ses conséquences de droit ;

4°) de mettre à la charge de la région Provence-Alpes Côte d'Azur une somme de 5 040 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- le signataire des décisions attaquées est incompétent ;

- la décision portant affectation au poste de chargée de mission SRADDET-CEPR ainsi que celle rejetant sa candidature au poste de chargée de mission " Europe " ne sont pas motivées ;

- la décision portant recrutement d'un agent contractuel au poste de chargé de mission a été prise au terme d'une procédure irrégulière ;

- la décision du 18 décembre 2020 est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant recrutement de l'agent dont la candidature a été retenue sur le poste de chargé de mission " Europe " au sein du bureau de représentation à Bruxelles est entachée d'erreur de droit ;

- la décision rejetant sa propre candidature à ce poste est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 juin et 17 novembre 2022, la région Provence-Alpes-Côte d'azur, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en raison de son caractère collectif ;

- Mme B ne justifie de son intérêt à agir ni contre la décision du 18 décembre 2020 ni contre la décision de recrutement d'un agent contractuel au poste de chargé de mission " Europe " ;

- les décisions portant réaffectation sur son poste situé à Marseille et rejet de sa candidature au poste de chargé de mission " Europe " ne font pas grief ;

- les conclusions à fin d'injonction de la nommer sur ce poste sont irrecevables dès lors qu'elles sont présentées à titre principal ;

- aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,

- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,

- les observations de Me Lerat, représentant Mme B,

- et les observations de Me Alibert représentant la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, fonctionnaire titulaire, est employée par la région Provence-Alpes Côte d'Azur depuis le 1er septembre 2018 en qualité d'attachée territoriale sur le poste de chargée de mission " Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires - Contrat de plan Etat-Région " (SRADDET-CPER). Placée en congé parental du 8 février au 7 décembre 2020, Mme B a demandé à la région, par courrier du 17 septembre 2020, sa réintégration au sein des services à compter du 1er novembre 2020 et qu'il soit tenu compte, pour déterminer son affectation, de son récent emménagement à proximité de Bruxelles. Sa réintégration au sein des services de la région à compter du 1er novembre 2020 a été prononcée par arrêté du 23 octobre 2020. Par une décision du 18 décembre 2020, la région l'a affectée au poste de chargée de mission SRADDET-CPER à Marseille à compter du 18 décembre 2020. Elle a présenté sa candidature au poste de chargé de mission " Europe " déclaré vacant au sein du bureau de la représentation de la région à Bruxelles, qui n'a cependant pas été retenue, et un agent contractuel a été recruté sur ce poste. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 18 décembre 2020 par laquelle le directeur général des services de la région Provence-Alpes Côte d'azur l'a affectée au poste de chargée de mission SRADDET-CPER situé à Marseille et a ainsi rejeté sa demande de rapprochement de son domicile familial, ainsi que la décision du 5 janvier 2021 par laquelle la région a rejeté sa candidature au poste de chargé de mission " Europe " à Bruxelles, et la décision par laquelle la région a procédé au recrutement de l'agent dont la candidature a été retenue sur ce poste ainsi que le contrat d'engagement de ce dernier.

Sur la fin de non-recevoir tirée de l'existence de litiges distincts :

2. Si, ainsi qu'il a été dit au point précédent, Mme B attaque, par une seule requête, la décision du 18 décembre 2020 par laquelle le directeur général des services de la région Provence-Alpes-Côte d'azur l'a affectée au poste de chargée de mission SRADDET-CPER situé à Marseille et rejetant ainsi sa demande de rapprochement de son domicile familial, la décision du 5 janvier 2021 par laquelle la région a rejeté sa candidature au poste de chargé de mission " Europe " à Bruxelles, ainsi que la décision par laquelle celle-ci a procédé au recrutement d'un agent contractuel sur ce poste, ces décisions présentent entre elles un lien suffisant. Par suite, la région n'est pas fondée à soutenir que la requête de Mme B est irrecevable du seul fait qu'elle concerne collectivement ces trois décisions.

Sur les conclusions en annulation de la décision du 18 décembre 2020 portant affectation de Mme B :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :

3. Si la région soutient que Mme B n'a pas intérêt à agir contre la décision l'affectant au poste de chargée de mission " SRADDET-CPER ", laquelle ne lui ferait pas grief dès lors que, placée en congé parental, elle avait formulé le vœu de réintégrer les services de la région à compter du 1er novembre 2020, il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment d'un courriel adressé à son employeur du 21 octobre 2020 que l'intéressée avait demandé à être réintégrée au plus près de son domicile, désormais établi à Bruxelles, pour assurer l'unité de sa famille. Ainsi, Mme B, qui s'est vue affectée par la décision en litige sur le précédent poste qu'elle occupait à Marseille à l'encontre de son souhait géographique, a intérêt pour agir contre cette décision qui lui fait grief.

En ce qui concerne la légalité de la décision :

4. Aux termes de l'article 75 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa version applicable au litige : " A l'expiration de son congé [parental], le fonctionnaire est réintégré de plein droit, au besoin en surnombre, dans sa collectivité ou établissement d'origine ou, en cas de détachement, dans sa collectivité ou son établissement d'accueil. Sur sa demande et à son choix, il est réaffecté dans son ancien emploi ou dans un emploi le plus proche de son dernier lieu de travail ou de son domicile, lorsque celui-ci a changé, pour assurer l'unité de la famille ". Ces dispositions confèrent au bénéficiaire d'un congé parental le droit d'obtenir à l'issue du congé sa réintégration, au besoin en surnombre, dans l'emploi le plus proche de son domicile, à la seule condition qu'il ait changé de domicile en vue d'assurer l'unité de la famille.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a obtenu l'accord de la région pour mettre fin de manière anticipée à son congé parental à compter du 1er novembre 2020. Sa réintégration au sein des services de la région a ainsi fait l'objet d'un arrêté du 23 octobre 2020. Durant la période de son congé parental, l'intéressée a établi son domicile avec son époux à Uccle en Belgique, non loin de Bruxelles, à compter du 26 décembre 2019. Par courrier du 17 septembre 2020, Mme B a demandé à son employeur que son affectation à la suite de sa réintégration tienne compte de son emménagement à Bruxelles. Elle a ensuite précisé le souhait, par courriel du 21 octobre 2020, d'être réintégrée au plus près de son domicile à Bruxelles pour assurer l'unité de sa famille.

6. Il est constant que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur dispose d'un bureau de représentation permanent auprès des institutions européennes à Bruxelles, susceptible de comporter des postes relevant du cadre d'emploi des attachés territoriaux. En vertu des dispositions rappelées au point 4, Mme B était en droit d'être réintégrée comme elle le demandait, au besoin en surnombre, dans l'emploi le plus proche de son nouveau domicile. A cet égard, les circonstances qu'une réaffectation de l'intéressée sur son précédent poste à Marseille correspondait à un intérêt du service, qu'elle avait la possibilité d'y exercer ses fonctions en télétravail, et enfin qu'un poste vacant au sein du bureau de la représentation à Bruxelles n'avait vocation à être pourvu que le 1er mars 2021 sont sans incidence. Par suite, en ne cherchant pas à réintégrer Mme B, au besoin en surnombre, dans un emploi plus proche de son domicile familial, alors notamment que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur dispose d'un bureau de représentation permanent à Bruxelles, celle-ci a méconnu les dispositions précitées de l'article 75 de la loi du 26 janvier 1984.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 18 décembre 2020 portant affectation de Mme B au poste de poste de chargée de mission SRADDET-CPER doit être annulée.

Sur les conclusions en annulation de la décision portant recrutement d'un agent contractuel au poste de chargé de mission " Europe " :

8. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision portant recrutement d'un agent contractuel au poste de chargé de mission " Europe " est révélée par le contrat d'engagement de cet agent, lequel a été signé le 2 mars 2021 par M. Muselier, président du conseil régional et autorité territoriale compétente pour procéder au recrutement des agents contractuels de la région Provence-Alpes Côte d'Azur. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision procédant au recrutement de cet agent doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa version applicable au litige : " Lorsqu'un emploi permanent est créé ou devient vacant, l'autorité territoriale en informe le centre de gestion compétent qui assure la publicité de cette création ou de cette vacance ()./ Les vacances d'emploi précisent le motif de la vacance et comportent une description du poste à pourvoir./ () Les centres de gestion et le Centre national de la fonction publique territoriale rendent accessibles les créations ou vacances mentionnées à l'alinéa précédent dans un espace numérique commun aux administrations mentionnées à l'article 2 du titre Ier du statut général des fonctionnaires ".

10. Il ressort des pièces du dossier que le poste de chargé de mission " Europe " a fait l'objet d'une déclaration de vacance auprès du centre national de gestion de la fonction publique des Bouches-du-Rhône, le 9 novembre 2020. Cette déclaration, qui comporte un numéro d'enregistrement, indique que le brouillon a été transformé en déclaration le 9 novembre 2020, et précise qu'il sera mis fin à la publicité le 9 janvier 2021. Au surplus, Mme B a été en mesure de présenter utilement sa candidature le 5 janvier 2021 et a participé au processus de recrutement jusqu'à son terme. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure sur ce point doit être écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article 2 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa version applicable au litige : " Les dispositions de la présente loi s'appliquent aux personnes qui, régies par le titre Ier du statut général des fonctionnaires de l'Etat et des collectivités territoriales, ont été nommées dans un emploi permanent et titularisées dans un grade de la hiérarchie administrative des communes, des départements, des régions ou des établissements publics en relevant, à l'exception des agents comptables des caisses de crédit municipal. () ". Selon l'article 3 de la même loi : " I. - Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : /1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs ; /2° Un accroissement saisonnier d'activité, pour une durée maximale de six mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de douze mois consécutifs. / II. - Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent également, pour mener à bien un projet ou une opération identifié, recruter un agent par un contrat à durée déterminée dont l'échéance est la réalisation du projet ou de l'opération. " et aux termes de l'article 3-3 de cette loi dans sa version applicable au litige : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : () /2° Lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi ; () ".

12. Il ressort de la déclaration de vacance que le titulaire du poste de chargé de mission " Europe " doit assurer notamment la veille, l'accompagnement des porteurs de projet sur les programmes thématiques européennes, l'éducation, la formation et le numérique, faire connaitre les opportunités de financements européens sur les programmes thématiques européennes, le lobbying et la promotion des projets stratégiques régionaux, et participer et contribuer aux activités des réseaux européens. Pour justifier la nécessité de recruter un agent contractuel sur ce poste de chargé de mission " Europe ", par dérogation à l'article 2 de la loi précitée, la région fait valoir sans être utilement contredite que le candidat retenu disposait d'une très bonne connaissance des politiques et des programmes couverts par le poste, confirmée par ses expériences professionnelles passées, ainsi qu'une expérience probante en gestion de projets européens, illustrée par sa pratique du travail en contact direct avec les institutions européennes. Il est par ailleurs constant que Mme B, qui avait présenté sa candidature à ce poste, ne disposait pas de compétences spécifiques en matière de programme et de projets européens. Ainsi, au regard des spécificités du poste à pourvoir, la requérante n'établit pas que la région aurait estimé à tort que la nature des fonctions et les besoins du service justifiaient le recrutement de cet agent contractuel en particulière adéquation avec ce poste. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des article 2 et 3 de la loi du 26 janvier 1984 précitées doit être écarté, sans qu'il soit besoin de procéder au supplément d'instruction sollicité sur ce point.

13. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant recrutement de l'agent contractuel au poste de chargé de mission " Europe " ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'annulation du contrat d'engagement du candidat retenu doivent être rejetées.

Sur la légalité de la décision par laquelle la région a rejeté la candidature de Mme B au poste de chargé de mission " Europe " :

14. En premier lieu, en vertu d'un arrêté du 21 janvier 2021, publié le 28 janvier suivant au recueil des actes administratifs, Mme A, directrice des ressources humaines, signataire de la décision attaquée a reçu délégation " à l'effet de signer tous les actes, décisions et correspondances relatifs à la gestion des ressources humaines entrant dans les attributions de la direction des ressources humaines à l'exclusion notamment de l'ensemble des actes de recrutement à l'exception des arrêtés de remplacement dans les lycées et des conventions de stages donnant lieu à gratification ". Par suite, la décision par laquelle la région a informé Mme B du rejet de sa candidature au poste de chargé de mission " Europe ", qui ne peut être regardée comme une décision de recrutement exclue du champ de la délégation de Mme A, n'est entachée d'aucune incompétence de son signataire.

15. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".

16. Mme B soutient que la décision portant rejet de sa candidature au poste de chargé de mission " Europe ", dont le contenu a été communiqué à la requérante en cours d'instance, devait être motivée. Toutefois, cette décision ne figure pas au nombre des décisions qui doivent être motivées en application des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen doit être écarté.

17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, Mme B, qui ne conteste pas que l'agent contractuel recruté dispose de compétences et d'une expérience en particulière adéquation avec le poste à pourvoir, n'est pas fondée à soutenir que la décision rejetant sa propre candidature à ce poste serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

18. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle la région a rejeté la candidature de Mme B au poste de chargé de mission "Europe" doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Le présent jugement, eu égard aux motifs mentionnés au point 6 qui fondent l'annulation de la décision du 18 décembre 2020 portant affectation de Mme B au poste de chargé de mission SRADDET-CPER au sein des services de la région à Marseille, implique, sous réserve de changements de circonstances de fait ou de droit, qu'il soit enjoint au président du conseil régional d'affecter l'intéressée dans un emploi le plus proche de son domicile, au besoin en surnombre, dans un délai de trois mois.

20. En revanche, les conclusions aux fins d'injonction tendant à ce que la région retire des décisions du dossier administratif de Mme B qui ne peuvent être regardées comme des conclusions accessoires à ses demandes principales et qui sont, au demeurant, non assorties de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur le versement à Mme B d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font en revanche obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme B, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante à titre principal, le versement d'une somme au titre des frais exposés par la région Provence-Alpes Côte d'Azur, et non compris dans les dépens ;

D É C I D E :

Article 1er : La décision du président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur du 18 décembre 2020 portant affectation de Mme B au poste de poste de chargée de mission SRADDET-CPER est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur d'affecter Mme B, au besoin en surnombre, dans un emploi le plus proche de son domicile, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La région Provence-Alpes-Côte d'Azur versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Fabre, première conseillère,

Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

E. Fabre

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2101517

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