mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHASSANY WATRELOT ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 février 2021 et 2 août 2022, M. C A, représenté par Me Stioui, demande dans le dernier état de ses écritures au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juillet 2020 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé la SAS Seris Security à le licencier pour faute ;
2°) d'annuler la décision du 19 février 2021 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a rejeté son recours hiérarchique formé le 12 août 2020 contre la décision prise par l'inspecteur du travail le 23 juillet 2020 ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la SAS Seris Security et de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la demande d'autorisation de licenciement a été présentée par un établissement dont il ne relevait pas et par des personnes qui n'étaient pas habilitées à représenter son employeur ;
- l'autorisation a été donnée à la directrice des ressources humaines qui n'est pas l'auteur de la demande d'autorisation, n'a pas participé à l'enquête contradictoire ni à la contre-enquête ;
- il n'a pas été informé du changement d'inspecteur du travail en méconnaissance de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'enquête préalable réalisée par l'inspecteur du travail ainsi que la contre-enquête réalisée à la demande de la ministre n'ont pas respecté le principe du contradictoire et sont entachées de partialité ;
- sa double protection liée à sa qualité de salarié de la SAS Seris Security et de la société Seris Sûreté Midi Sécurité n'a été indiquée ni aux membres du comité social et économique avant leur vote, ni à l'inspecteur du travail et à la ministre du travail ;
- aucun motif de licenciement ne lui a été exposé au cours de son entretien préalable ;
- la décision de la ministre n'est pas suffisamment motivée ;
- les faits fondant son licenciement sont prescrits ;
- les décisions de l'inspecteur du travail et de la ministre du travail comportent des inexactitudes matérielles ;
- elles sont entachées d'une erreur dans l'appréciation de l'existence d'une faute et de sa gravité ;
- la demande d'autorisation de licenciement présente un lien avec ses mandats.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2022, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par trois mémoires en défense enregistrés les 29 juin, 7 juillet et 23 septembre 2022, la SAS Seris Security, représentée par Me Dubessay, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au même jour en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- les observations de Me Stephan, représentant M. A,
- et celles de Me Baillargeat, représentant la SAS Seris Security.
Une note en délibéré, enregistrée le 5 mai 2023, a été produite pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté le 7 mai 2010 par la SAS Seris Security, par contrat à durée indéterminée à temps partiel, en qualité d'agent de sécurité filtrage sur le site Technicatome chantier RJH à Cadarache. La société Seris Security et d'autres sociétés du groupe Seris composent l'unité économique et sociale Seris ESI qui est divisée en huit directions régionales dotées chacune d'un comité social et économique. M. A détenait les mandats de membre titulaire du comité social et économique sud-est de l'unité économique et sociale Seris ESI depuis le 20 décembre 2019 et de membre suppléant du comité social et économique central depuis le 28 janvier 2020. Par décision du 23 juillet 2020, l'inspecteur du travail de l'unité de contrôle Rhône Durance de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Provence-Alpes-Côte d'Azur a autorisé la société Seris Security à licencier M. A. Celui-ci a exercé un recours hiérarchique contre la décision de l'inspecteur du travail auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion le 12 août 2020. Une décision de rejet implicite est née du silence de la ministre durant quatre mois, à laquelle s'est substituée une décision expresse de rejet le 19 février 2021. M. A demande l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail et de celle de la ministre du travail.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de l'inspecteur du travail :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la demande d'autorisation de licenciement adressée à l'inspecteur du travail de l'unité de contrôle d'Aix-en-Provence de l'unité départementale des Bouches-du-Rhône a été transmise pour instruction à un inspecteur du travail de l'unité de contrôle Rhône-Durance dès lors que le lieu de travail principal du salarié se situait sur le chantier de Cadarache. M. A reproche à l'administration de ne pas l'avoir informé du transfert du dossier de la demande d'autorisation ce qui lui aurait nécessairement fait grief. Toutefois, d'une part, l'administration est uniquement tenue d'accuser réception d'une demande à l'égard de son auteur de sorte que M. A n'avait pas à être destinataire d'une information spécifique. D'autre part, il ressort du rapport de contre-enquête établi le 14 décembre 2020 et des mentions de la décision attaquée que l'inspecteur du travail de l'unité de contrôle Rhône-Durance a entendu M. A à deux reprises, les 19 juin et 6 juillet 2020. Aucun élément du dossier n'établit que M. A n'aurait pas été en mesure de préparer utilement sa défense. Par suite ce moyen doit être écarté.
3. En deuxième lieu, M. A, qui ne conteste pas avoir eu accès aux différentes pièces produites par l'employeur auprès de l'inspecteur du travail, et qui a été entendu à deux reprises par ce dernier, a été mis en mesure présenter ses observations notamment sur les deux courriers électroniques du 31 décembre 2019 à 10h52 et 15h49 dont l'envoi lui a été reproché. La circonstance que l'inspecteur du travail, qui n'est pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments de contexte, n'ait pas apporté plus de précisions dans la décision attaquée sur les relations tendues entre le requérant et son ancien employeur ainsi que les mandats que le requérant détenait dans une autre entreprise du groupe, ne permet pas davantage d'établir une méconnaissance du caractère contradictoire de l'enquête ni une atteinte au principe d'impartialité.
4. En troisième lieu, aux termes des articles L. 1232-2 et L. 1232-3 du code du travail : " L'employeur qui envisage de licencier un salarié le convoque, avant toute décision, à un entretien préalable. () " et " au cours de l'entretien préalable, l'employeur indique les motifs de la décision envisagée et recueille les explications du salarié ".
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la lettre de convocation à l'entretien préalable du 27 janvier 2020 indiquait qu'il était envisagé de prendre à l'égard de M. A une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'au licenciement. D'autre part, la teneur du courrier électronique adressé par M. A le 24 février 2020 aux représentants du personnel CGT Seris Sud Est relatant l'entretien préalable établit sa parfaite connaissance des motifs de la demande d'autorisation de licenciement. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir, au demeurant pour la première fois dans le cadre de la présente instance, ne pas avoir été informé lors de l'entretien préalable de l'éventualité d'un licenciement ni des motifs de celui-ci. Enfin, s'il est constant que les relations entre le requérant et M. F, directeur régional Sud Est du groupe Seris et Mme E, responsable des ressources humaines qui représentaient l'employeur lors de l'entretien préalable, étaient avant cet entretien tendues, il n'invoque aucun élément précis permettant d'établir que leur présence aurait été préjudiciable à un déroulement normal de l'entretien préalable. Par suite les moyens tirés de l'irrégularité de l'entretien préalable doivent être écartés.
6. En quatrième lieu, d'une part il ressort des mentions de la lettre de demande de licenciement adressée à l'inspection du travail que celle-ci émane bien de la SAS Seris Security, alors employeur de M. A. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le 7 février 2018 le président de la société Separgefi, société holding du groupe Seris et représentant légal de l'ensemble des filiales françaises dont la société Seris Security, a expressément délégué à M. Thierry Le Marec, président exécutif le pouvoir de représenter la société Seris Security notamment pour le licenciement et les autres procédures de sortie des membres du personnel et d'effectuer seul toutes les formalités nécessaires aux licenciements avec possibilité de subdélégation. Thierry Le Marec a délégué le pouvoir de formuler auprès de l'inspection du travail les demandes d'autorisation de licenciement de salariés protégés à Mme J, responsable juridique droit social du groupe Seris le 8 février 2018, ainsi qu'à Mme H, juriste social groupe Seris le 23 janvier 2020, lesquelles ont signé la demande d'autorisation de licenciement adressée à l'inspection du travail. La seule circonstance que la demande de licenciement adressée à l'inspection du travail ait été signée par deux salariées rattachées administrativement l'une à l'établissement secondaire de la société Seris Security situé à Saint-Nazaire, et l'autre à l'établissement secondaire situé à Chaponnay dans le Rhône, est par elle-même sans incidence, tout comme la circonstance que celles-ci n'aient pas contresigné la délégation. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de la société et des signataires de la demande d'autorisation de licenciement adressée à l'inspection du travail doit être écarté.
7. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que l'autorisation de licenciement aurait été donnée à une personne qui n'est pas l'auteur de la demande d'autorisation, n'a pas participé à l'enquête contradictoire ni à la contre-enquête est sans incidence dès lors que l'autorisation de licenciement a été accordée par l'inspecteur du travail à l'employeur, la société Seris Security, auteur de la demande. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
8. En sixième lieu, en vertu de l'article L. 1332-4 du code du travail, aucun fait fautif ne peut donner lieu à l'engagement de poursuites disciplinaires au-delà d'un délai de deux mois à compter du jour où l'employeur en a eu connaissance.
9. Il ressort des pièces du dossier que les faits qui sont reprochés à M. A se sont déroulés entre le 5 décembre 2019 et le 25 janvier 2020 et que la procédure disciplinaire a été déclenchée le 27 janvier 2020. Ces faits n'étaient, dès lors, pas prescrits lorsque la procédure disciplinaire a été engagée par l'employeur. Contrairement à ce qu'affirme le requérant, les faits de même nature qui se sont produits antérieurement ont fait l'objet d'une mise en demeure le 17 octobre 2019 et d'un avertissement le 3 décembre 2019. Par suite, le moyen tiré de la prescription des faits reprochés au salarié doit être écarté.
10. En septième lieu, d'une part, il n'est nullement établi par les pièces du dossier que l'inspecteur du travail ait entendu donner une qualification pénale au terme " diffamatoire " en analysant le contenu de certains courriels adressés par le salarié et qu'en l'absence de condamnation par une juridiction pénale l'usage de ce terme entacherait la décision d'inexactitude matérielle. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mention, figurant dans la décision attaquée, de la date de l'avertissement reçu par M. A comme adressé par son employeur le 4 décembre 2019 serait entachée d'une erreur de fait, alors même que cet avertissement est daté du 3 décembre 2019. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de l'inspecteur du travail serait entachée d'inexactitudes matérielles dans les faits qui la fondent.
11. En huitième lieu, en vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives ou de fonctions de conseiller prud'homme, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi. Si le salarié jouit, dans l'entreprise et en dehors de celle-ci, de sa liberté d'expression à laquelle il ne peut être apporté que des restrictions justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché, il ne peut abuser de cette liberté par des propos injurieux, diffamatoires ou excessifs. Des faits commis dans l'exercice des fonctions représentatives peuvent justifier un licenciement s'ils caractérisent un manquement aux obligations professionnelles et notamment à l'obligation d'adopter un comportement correct.
12. Il ressort des pièces du dossier que le 5 mars 2020, la société Seris Security a sollicité de l'inspection du travail l'autorisation de licencier M. A pour avoir envoyé de nombreux courriers électroniques accusateurs à l'encontre de quatre salariés de l'entreprise en mettant systématiquement en copie la direction générale et régionale, exerçant une pression sur les salariés ciblés dont les compétences étaient ainsi remises en cause, ces courriers électroniques étant qualifiés d'excessifs, injurieux et diffamatoires. Pour autoriser le licenciement de M. A, l'inspecteur du travail a retenu que six courriers électroniques imputables à M. A et présentant un caractère fautif étaient suffisamment graves pour justifier le licenciement du requérant.
13. D'une part, il est constant que M. A est l'auteur des courriers électroniques litigieux et qu'il les a adressés en sa qualité de représentant du personnel. Il ressort des pièces du dossier que le courrier électronique adressé le 8 décembre 2019 concernant Mme I B, assistante de direction, contient des propos inappropriés, et que sa très large diffusion auprès de la direction des ressources humaines du groupe Seris et de tous les responsables Seris régionaux et nationaux est fautive. L'envoi les 31 décembre 2019 et 3 janvier 2020 de deux courriers électroniques concernant M. G, responsable du secteur distribution Marseille Nice, qui comportent des propos dénigrants et excessifs sur ses compétences professionnelles, et dont le président directeur général et actionnaire principal du groupe, le président exécutif, la directrice générale déléguée et la direction des ressources humaines ainsi que le directeur régional Seris Sud-est ont été destinataires, est également constitutif d'une faute. Les propos tenus dans les trois courriers électroniques envoyés les 5 et 10 décembre 2019 et le 21 janvier 2020 concernant Mme D, chef de poste sur le site Castorama Aix-en-Provence, pour dénoncer des manquements professionnels partiellement avérés, présentent un caractère dénigrant et diffamatoire, et ont également été très largement diffusés au directeur d'agence, à des membres de la direction générale ainsi que de la direction régionale et des représentants du personnel. En revanche, l'envoi des autres courriers électroniques produits par la société Seris Security au soutien de sa demande d'autorisation de licenciement ne sont pas constitutifs de manquements fautifs.
14. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que l'inspecteur du travail a estimé que certains des faits reprochés à M. A étaient établis et revêtaient un caractère fautif. A cet égard, si M. A considère qu'il ne disposait pas, contrairement à ce qu'affirme l'inspecteur du travail, de la faculté de traiter les réclamations des salariés de l'entreprise dans le cadre légal des réunions d'instances représentatives du personnel, et s'il allègue qu'il n'était pas le seul élu du personnel à utiliser un mode de communication mettant en cause des manquements réels ou supposés d'autres salariés du groupe avec diffusion de ces courriels aux membres des instances dirigeantes du groupe Seris, ces circonstances à les supposer établies ne sont pas de nature à retirer aux manquements précédemment décrits leur caractère fautif.
15. D'autre part, les agissements fautifs de M. A ont revêtu un caractère répétitif et ont été largement diffusés auprès de la direction générale du groupe, des directions nationales et régionales. M. A avait fait l'objet d'une mise en demeure de cesser de dénigrer les compétences professionnelles et la probité de certains salariés le 17 octobre 2019, puis d'un avertissement le 3 décembre 2019 pour avoir tenu des propos diffamatoires et malveillants à l'égard des responsables hiérarchiques et du personnel de structure, dont il n'a pas tenu compte. Ces agissements fautifs ont par ailleurs été de nature à nuire aux salariés concernés compte tenu de leur teneur, deux des salariés mis en cause notamment ayant exprimé la forte pression exercée sur eux suite à l'envoi de ces courriels. Les faits fautifs revêtent ainsi une gravité suffisante pour justifier le licenciement de M. A, sans que puissent avoir un effet sur cette qualification l'absence de mise à pied du salarié ou la durée de la procédure. Si, comme l'a retenu l'inspecteur du travail, les relations conflictuelles entre le requérant et M. G doivent être prises en compte pour apprécier la gravité des manquements commis concernant ce dernier, cette circonstance ne peut en tout état de cause atténuer la gravité des propos excessifs et dénigrants diffusés par M. A à propos d'autres salariés de la société. Enfin, si M. A fait état d'un rapport de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Provence-Alpes-Côte d'Azur du 30 mars 2021 établi dans le cadre de son recours hiérarchique en qualité de salarié protégé d'une autre entreprise du groupe Seris, la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité, pour soutenir que l'entreprise aurait commis elle-même un certain nombre de manquements à prendre en compte dans l'appréciation de la gravité des faits qui lui sont reprochés, les faits évoqués dans ce rapport sont pour la plupart postérieurs aux faits reprochés à M. A par la société Seris Security, à l'exception de courriers de saisine de l'inspection du travail non versés aux débats, et le rapport de contre-enquête du 14 décembre 2020 faisant suite à l'autorisation donnée à la société Seris Security ne relève pas de comportements fautifs de cette dernière de nature à atténuer ou à exclure le caractère de gravité des faits reprochés au requérant. Par suite, l'inspecteur du travail a pu considérer, sans commettre d'erreur d'appréciation, que les faits retenus constituaient une faute d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement de M. A.
16. En neuvième lieu, le requérant se prévaut de l'existence d'un lien entre la demande d'autorisation de licenciement et ses mandats. S'il ressort des pièces du dossier que M. A était un représentant du personnel particulièrement investi dans ses fonctions, et que les relations ont pu être tendues entre certains représentants syndicaux et la direction régionale de la société Seris Securité, il n'est toutefois établi par aucun élément circonstancié que le requérant aurait été l'objet d'une discrimination ou d'une entrave à l'exercice de son mandat durant la période en cause, ni que ses fonctions représentatives ou son appartenance syndicale auraient été à l'origine de son licenciement. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'un lien entre son licenciement et les mandats qu'il détenait doit être écarté.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la ministre du travail :
17. Lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur la demande d'autorisation de licenciement formée par l'employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision du ministre ne peuvent être utilement invoqués, au soutien des conclusions dirigées contre cette décision. Dès lors les moyens soulevés par M. A tirés de l'insuffisance de motivation de la décision de la ministre du travail et de l'absence de caractère contradictoire de la procédure doivent être écartés comme inopérants.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail du 23 juillet 2020 ni, par voie de conséquence, celle de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion du 19 février 2021.
Sur les frais liés à l'instance
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la SAS Seris Security et de l'Etat, qui ne sont pas les parties perdantes. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la SAS Seris Security présente à l'encontre de M. A au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Seris Security sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à la société par actions simplifiée Seris Security.
Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026