mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101582 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHASSANY WATRELOT ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et deux mémoires enregistrés les 23 février 2021, 26 et 28 juin 2022 sous le numéro 2101582, M. B A, représenté par Me Stioui, demande dans le dernier état de ses écritures au tribunal :
1°) de prononcer la jonction avec le dossier enregistré sous le numéro 2104757 ;
2°) d'annuler la décision du 28 avril 2021 par laquelle la ministre du travail a annulé la décision de l'inspectrice du travail du 18 novembre 2020 et a autorisé la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité à le licencier ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité et de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de la demande d'autorisation de licenciement était incompétent ;
- l'autorisation a été donnée à une personne et à un établissement qui ne sont pas demandeurs de l'autorisation ;
- l'entretien préalable est entaché d'irrégularité du fait de vices de procédure résultant du lieu et des personnes présentes ;
- aucun motif de licenciement ne lui a été exposé au cours de son entretien préalable au licenciement ;
- les faits fondant son licenciement sont prescrits ;
- la décision de la ministre du travail comporte des inexactitudes matérielles ;
- la décision est entachée d'une erreur dans l'appréciation de l'existence d'une faute et de sa gravité ;
- la demande d'autorisation de licenciement présente un lien avec ses mandats.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2022, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2022, la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité, représentée par Me Dubessay, conclut à titre principal au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les conclusions de M. A dirigées contre la décision de l'inspecteur du travail, qui a été annulée et remplacée par la décision de la ministre du travail du 28 avril 2021, ont perdu leur objet.
Par une ordonnance du 28 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 13 juillet 2022.
II - Par une requête et un mémoire récapitulatif enregistrés les 28 mai 2021 et 5 août 2022 sous le numéro 2104757, M. B A, représenté par Me Stioui, demande dans le dernier état de ses écritures au tribunal :
1°) de prononcer la jonction avec le dossier enregistré sous le numéro 2101582 ;
2°) d'annuler la décision du 28 avril 2021 par laquelle la ministre du travail a annulé la décision de l'inspectrice du travail du 18 novembre 2020 et a autorisé la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité à le licencier ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité et de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de la demande d'autorisation de licenciement était incompétent ;
- l'autorisation a été donnée à une personne et à un établissement qui ne sont pas demandeurs de l'autorisation ;
- l'entretien préalable est entaché d'irrégularité du faits de vices de procédure ;
- aucun motif de licenciement ne lui a été exposé au cours de son entretien préalable au licenciement ;
- les faits fondant son licenciement sont prescrits ;
- la décision de la ministre du travail comporte des inexactitudes matérielles ;
- la décision est entachée d'une erreur dans l'appréciation de l'existence d'une faute et de sa gravité ;
- la demande d'autorisation de licenciement présente un lien avec ses mandats.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2022, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire récapitulatif en défense enregistré le 27 juillet 2022, la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité, représentée par Me Dubessay, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 20 septembre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- les observations de Me Stephan, représentant M. A,
- et celles de Me Baillargeat, représentant la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité.
Une note en délibéré, enregistrée le 5 mai 2023, a été produite pour M. A dans les instances n° 2101582 et n° 2104757.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté le 21 septembre 2019 par la société à responsabilité limitée Seris Sûreté Midi Sécurité, par contrat à durée indéterminée à temps partiel, en qualité d'agent de sécurité confirmé au stade orange vélodrome de Marseille. La société Seris Sûreté Midi Sécurité et d'autres sociétés du groupe Seris composent l'Unité Economique et Sociale Seris ESI qui est divisé en huit directions régionales dotées chacune d'un comité social et économique. M. A détenait les mandats de membre titulaire du comité social et économique Sud Est de l'unité économique et sociale Seris ESI depuis le 20 décembre 2019 et membre suppléant du comité social et économique central depuis le 28 janvier 2020. Par une décision du 18 novembre 2020, l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle Marseille Centre, section 8, de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Provence-Alpes-Côte d'Azur a autorisé le licenciement de M. A. Celui-ci a exercé un recours hiérarchique contre cette décision de l'inspectrice du travail auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion le 13 janvier 2021 réceptionné le 20 janvier 2021. Par une décision du 28 avril 2021 la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a annulé la décision de l'inspectrice du travail en raison de l'incompétence territoriale dont elle était entachée, et a autorisé le licenciement de M. A. L'intéressé demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de cette dernière décision.
2. Les requêtes n° 2101582 et 21048757 présentées par M. A concernent la situation d'un même salarié protégé et présentent à juger des questions communes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion du 28 avril 2021 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1232-2 alinéa 1 du code du travail : " L'employeur qui envisage de licencier un salarié le convoque, avant toute décision, à un entretien préalable ". Aux termes de l'article L. 1232-3 du code du travail : " Au cours de l'entretien préalable, l'employeur indique les motifs de la décision envisagée et recueille les explications du salarié ". Si le lieu de l'entretien préalable est en principe celui où s'exécute le travail ou celui du siège social de l'entreprise, il peut se dérouler dans un lieu distinct si ce choix de l'entreprise est justifié.
4. D'une part, il ressort des pièces des dossiers que le contrat de travail conclu par M. A avec la société Seris Sûreté Midi Sécurité n'a jamais été exécuté. Il n'est pas utilement contredit que la compétence en matière de ressources humaines est dévolue à la direction régionale Sud Est et que l'intégralité de la procédure de licenciement a été menée par cette direction régionale. L'entretien préalable au licenciement de M. A s'est tenu dans les locaux de la direction régionale Seris Sud Est à Aix-les-Milles. Ce lieu étant plus proche du domicile du requérant, situé à Manosque, que l'établissement de la société Seris Sûreté Midi Sécurité situé à Pérols dans l'Hérault auquel il était administrativement rattaché, le choix de ce lieu pour la tenue de l'entretien préalable au licenciement de M. A était suffisamment justifié en l'espèce.
5. D'autre part, il ne ressort pas des pièces des dossiers que la circonstance que des relations tendues existaient entre M. D, directeur régional Sud Est du groupe Seris qui représentait l'entreprise pendant l'entretien préalable au licenciement et M. A, ait par elle-même entaché d'irrégularité cet entretien. S'il est constant que l'entretien préalable n'a duré que sept minutes, les attestations contradictoires produites par les parties ne permettent pas d'établir que la durée de l'entretien et l'absence d'évocation des faits reprochés à M. A aient été du fait de l'employeur. Enfin, il n'est pas établi que l'entretien préalable et la note aux membres du comité social et économique aient été viciés par une présentation du licenciement de M. A comme un fait certain. Il s'ensuit que les moyens tirés d'irrégularités de l'entretien préalable doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, il ressort des pièces des dossiers que, le 11 juin 2020, le président de la société Gentem, présidente de la société Separgefi société holding du groupe Seris, en tant que représentant légal de l'ensemble des filiales françaises dont la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité, a expressément délégué à M. Niquet, président exécutif de la société Securifrance Expansion, le pouvoir de représenter la SARL Seris Sûreté Midi Sécurité notamment pour le licenciement et autres procédures de sortie des membres du personnel et d'effectuer seul toutes les formalités nécessaires aux licenciements. M. Niquet a lui-même délégué le pouvoir de représenter la société Securifrance Expansion et toutes ses filiales dans le cadre des enquêtes diligentées par l'inspection du travail et la DIRECCTE relatives aux procédures de demande d'autorisation de licenciement, de rupture conventionnelle ou de transfert de salariés protégés. Si cette délégation n'indique pas précisément les demandes d'autorisation de licenciement des salariés protégés, la délégation conférée dans ce domaine découle implicitement mais nécessairement des fonctions de M. E, directeur des opérations ressources humaines du groupe Seris. La circonstance que celui-ci n'ait pas contresigné la délégation est sans incidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la demande d'autorisation de licenciement, à savoir M. E, directeur des opérations ressources humaines du groupe Seris, ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Il ressort des termes de la décision contestée que l'autorisation de licencier M. A a bien été accordée par la ministre du travail à la société Seris Sûreté Midi Sécurité, employeur de l'intéressé. Cette décision a été notifiée au directeur des ressources humaines de la société Seris Sûreté Midi Sécurité. Si le courrier notifiant cette décision a été envoyé à une adresse située à Aix-les-Milles, le moyen tiré d'une irrégularité de la décision contestée de ce seul fait doit être écarté comme inopérant.
8. En quatrième lieu, en vertu de l'article L. 1332-4 du code du travail, aucun fait fautif ne peut donner lieu à l'engagement de poursuites disciplinaires au-delà d'un délai de deux mois à compter du jour où l'employeur en a eu connaissance. Il ressort des pièces des dossiers que les faits qui sont reprochés à M. A se sont déroulés entre le 8 juin et le 3 juillet 2020 et que la procédure disciplinaire a été enclenchée le 17 juillet 2020. Ces faits n'étaient dès lors pas prescrits lorsque la procédure disciplinaire a été engagée. Par suite, le moyen tiré de la prescription des faits reprochés au salarié doit être écarté.
9. En cinquième lieu, M. A soutient que la ministre du travail a commis des erreurs de fait en considérant notamment que les courriers électroniques dont l'envoi lui est reproché étaient adressés à Mme C et que le président directeur général, la directrice générale déléguée et la DRH groupe étaient systématiquement mis en copie de ces courriers. Il ressort des pièces des dossiers que seul le courrier électronique du 3 juillet 2020 n'a pas été adressé à Mme C, et que les autres courriers mentionnés par la ministre ont bien été adressés à celle-ci soit en qualité de destinataire principale, soit parce qu'elle était mise en copie. Si le président directeur général, la directrice générale déléguée et la DRH groupe n'ont pas tous été mis en copie de tous les courriers électroniques cités, ces messages ont bien fait l'objet d'une diffusion très large notamment à destination de l'inspection du travail des Bouches-du-Rhône et à celle de Loire-Atlantique, siège du groupe, ainsi qu'à des responsables nationaux et régionaux du groupe Seris. Dans ces conditions, alors même que certains des éléments de fait mentionnés dans la décision attaquée comportent quelques erreurs et approximations mineures quant aux circonstances de l'envoi des courriers électroniques, celles-ci n'ont toutefois pas eu d'incidence sur le sens de la solution retenue par la ministre du travail. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'illégalité en raison d'inexactitudes matérielles doit être écarté.
10. En sixième lieu, en vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives ou de fonctions de conseiller prud'homme, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi. Si le salarié jouit, dans l'entreprise et en dehors de celle-ci, de sa liberté d'expression à laquelle il ne peut être apporté que des restrictions justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché, il ne peut abuser de cette liberté par des propos injurieux, diffamatoires ou excessifs. Des faits commis dans l'exercice des fonctions représentatives peuvent justifier un licenciement s'ils caractérisent un manquement aux obligations professionnelles et notamment à l'obligation d'adopter un comportement correct.
11. Il ressort des pièces des dossiers que la société Seris Sûreté Midi Sécurité a sollicité de l'inspection du travail l'autorisation de licencier M. A pour avoir envoyé plusieurs courriers électroniques dénigrant Mme C, responsable des ressources humaines au sein de la direction de région sud-est en mettant systématiquement en copie des membres de la direction générale et de la direction régionale. Pour autoriser le licenciement de M. A, la ministre du travail a retenu que cinq courriers électroniques imputables à M. A et présentant un caractère fautif étaient suffisamment graves pour justifier le licenciement du requérant.
12. D'une part, il est constant que M. A est l'auteur des cinq courriers électroniques litigieux qu'il a adressés en qualité de représentant du personnel. Il ressort des pièces des dossiers que M. A a envoyé ces courriers électroniques entre le 8 juin et le 3 juillet 2020 à un ou plusieurs membres de la direction générale et des directions régionales du groupe Seris, à l'inspection du travail ainsi qu'à des représentants du personnel CGT de Seris Sud Est. Ils contenaient des propos dénigrants et remettant en cause la compétence et pratiques professionnelles de Mme C, les éléments des dossiers ne permettant pas d'établir la réalité des allégations du requérant sur ce point. M. A y accusait notamment la responsable des ressources humaines de la région sud-est de tenter d'" acheter le silence " de représentants du personnel CGT Seris Sud Est, d'imposer ses demandes par la menace et l'intimidation. Il alléguait également que les paroles et les écrits de l'intéressée " font des ravages " et qu'il a été décidé de " ne plus jamais traiter aucun dossier important avec Mme C parce qu'elle s'acharne depuis plusieurs mois sur les salariés Seris Sud Est de la base et notamment les représentants du personnel CGT Seris Sud Est ". Ces propos présentent un caractère excessif et ont fait l'objet d'une large diffusion sur une même période. M. A a ainsi commis des abus dans l'exercice de sa liberté d'expression en qualité de représentant des salariés. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que la ministre du travail a estimé que les faits reprochés à M. A étaient établis et revêtaient un caractère fautif. A cet égard, si M. A considère qu'il ne disposait pas, contrairement à ce qu'affirme l'inspecteur du travail, de la faculté de traiter les réclamations des salariés de l'entreprise dans le cadre légal des réunions d'instances représentatives du personnel, et s'il allègue qu'il n'était pas le seul élu du personnel à utiliser un mode de communication mettant en cause des manquements réels ou supposés d'autres salariés du groupe avec diffusion de ces courriels aux membres des instances dirigeantes du groupe Seris, ces circonstances à les supposer établies ne sont pas de nature à retirer aux manquements précédemment décrits leur caractère fautif.
13. D'autre part, les envois de courriers électroniques litigieux dont M. A est l'auteur ont été répétitifs sur une courte période de moins d'un mois. L'intéressé a choisi d'en assurer une très large diffusion notamment auprès de la direction générale du groupe et des directions régionales mais également auprès de l'inspection du travail, rendant l'exercice normal de ses missions par Mme C, cible principale de ses propos, très difficile. Si la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Provence-Alpes-Côte d'Azur saisie dans le cadre du recours hiérarchique exercé par M. A considère par ailleurs dans le rapport de contre-enquête qu'elle a établi le 30 mars 2021, que certains faits commis par l'entreprise sont susceptibles de relever d'un délit d'entrave au fonctionnement du comité social et économique de l'entreprise, les difficultés évoquées concernant l'exercice de leurs fonctions par les représentants du personnel appartenant au syndicat CGT ne sont pas suffisamment significatifs en ce qui concerne la société Seris Sûreté Midi Sécurité pour influer sur l'appréciation du caractère suffisamment grave des fautes commises par M. A. Par suite, la ministre du travail a également pu considérer, sans commettre d'erreur d'appréciation, que les faits invoqués constituaient dans les circonstances de l'espèce, une faute d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement de l'intéressé.
14. En septième lieu, s'il ressort des pièces des dossiers que M. A était un représentant du personnel très investi dans ses fonctions, et si comme il a été indiqué aux points précédents les pièces des dossiers font état de tensions notamment entre la direction régionale des ressources humaines du groupe Seris et les représentants du syndicat CGT, il ne ressort cependant pas des éléments versés aux débats que la demande d'autorisation de licenciement de M. A formée par la société Seris Sûreté Midi Sécurité serait motivée par son appartenance syndicale ou par une volonté de l'employeur d'entraver l'exercice de ses fonctions représentatives. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'un lien entre le licenciement et les mandats détenus par le requérant doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 28 avril 2021 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a annulé la décision de l'inspecteur du travail du 18 novembre 2020 et a autorisé la société Seris Sûreté Midi Sécurité à le licencier.
Sur les frais liés à l'instance :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société Seris Sûreté Midi Sécurité et de l'Etat, qui ne sont pas les parties perdantes. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la société Seris Sûreté Midi Sécurité présente à l'encontre de M. A au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2101582 et n° 2104757 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Seris Sûreté Midi Sécurité sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à la société à responsabilité limitée Seris Sûreté Midi Sécurité.
Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2101582
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026