lundi 12 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | BAGLIERI-PAPAZIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 février 2021 et le 26 août 2022,
M. C et Mme D B, représentés par Me Baglieri-Papazian, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) à titre principal, d'annuler les contraintes émises le 1er décembre 2020 par le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Bouches-du-Rhône en vue du recouvrement d'un indu de prestations familiales d'un montant de 23 078,80 euros ;
2°) à titre subsidiaire, de leur accorder un délai de paiement à hauteur de 250 euros par mois.
Ils soutiennent que :
- les contraintes ne permettent pas de connaître la cause de la demande de remboursement des sommes perçues au titre de l'allocation de logement ni les modalités de calcul du trop-perçu ;
- la créance dont le recouvrement est poursuivi est prescrite ;
- la CAF ne démontre pas que les sommes réclamées leur ont été versées et qu'elles n'étaient pas dues par la CAF ;
- leurs capacités financières ne leur permettent pas de régler les sommes en une seule fois.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2022, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le juge administratif est incompétent s'agissant de l'indu d'allocation de rentrée scolaire concernant la période du 1er mai 2008 au 31 décembre 2009 et est compétent pour se prononcer sur les indus d'allocation de logement familiale pour la période courant du 1er juin 2006 au 31 décembre 2009 et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance n° RG 20/03180 du 16 février 2021 de la présidente du pôle social du tribunal judiciaire de Marseille ;
- l'ordonnance n° RG 20/03181 du 16 février 2021 de la présidente du pôle social du tribunal judiciaire de Marseille ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Marseille a désigné Mme A pour statuer en tant que juge statuant seul sur les requêtes relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- et les observations de Me Baglieri, pour les requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Marseille afin de former opposition aux contraintes identiques émises le 1er décembre 2020 par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône en vue du recouvrement d'un indu de prestations familiales d'un montant total de 23 078,80 euros comprenant divers indus d'allocation de logement familiale, d'allocation de rentrée scolaire et d'allocation de parent isolé. Par ordonnance n° RG 20/03180 du 16 février 2021, la présidente du pôle social du tribunal judiciaire de Marseille, après avoir prononcé la disjonction de la requête des
époux B, a décidé que l'affaire concernant l'allocation de rentrée scolaire d'un montant non défini et celle concernant l'allocation de parent isolé d'un montant de 7 361,61 euros devaient être enregistrées sous un seul numéro et s'est déclarée incompétente pour connaitre de la requête dirigée contre les indus d'allocation de logement familiale par ordonnance
n° RG 20/03181 du même jour. A la suite de ces ordonnances, les époux B font opposition à la contrainte émise à leur encontre le 1er décembre 2020 par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, leur réclamant une somme indéfinie concernant un trop-perçu d'allocation de logement familiale pour la période du 1er mai 2008 au 31 décembre 2009 et du 1er juin 2006 au 30 avril 2008.
Sur la régularité des contraintes du 1er décembre 2020 en tant qu'elles portent sur les indus d'allocations familiales :
2. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée () le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur de l'organisme créancier peut décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine.()/ Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition.
3. Pour demander la décharge de l'obligation de payer résultant d'une contrainte, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, sur la quotité et sur l'exigibilité de la créance de la caisse d'allocations familiales. Par suite, le requérant ne saurait utilement soulever des moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la contrainte et de l'absence de mention des bases de liquidations. En outre, il ressort de l'examen des pièces du dossier, notamment de la demande de paiement échelonnée de la dette établie par courrier des requérants du 29 juin 2010 que ces derniers ont effectivement perçu les sommes réclamées par la CAF. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'exigibilité de la créance doit être écarté.
Sur le bien-fondé des contraintes du 1er décembre 2020 en tant qu'elles portent sur les indus d'allocations familiales :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction en vigueur à compter du 1er septembre 2019, inséré au titre 1 du livre V relatif aux " Prestations familiales et prestations assimilées " : " Les prestations familiales comprennent : () 4°) L'allocation de logement () ". Par ailleurs, aux termes de l'article
L. 553-1 dudit code dans sa version applicable au litige : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans () " La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles () L. 845-3 () du code de la sécurité sociale ". Il résulte de ces dispositions que le délai de prescription court à compter du paiement de la prestation, seule l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations étant de nature à reporter, à la date de découverte de celles-ci, le point de départ de la prescription de l'action en répétition de l'indu. Aux termes de l'article L. 821-7 du code de la construction et de l'habitation : " L'action pour le paiement de l'aide personnelle au logement et pour le recouvrement des sommes indûment payées se prescrit dans les conditions prévues à l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale. / La prescription est interrompue par l'une des causes prévues par le code civil ", aux termes de l'article 2241 du code civil : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion () " et aux termes de l'article 2242 du même code : " L'interruption résultant de la demande en justice produit ses effets jusqu'à l'extinction de l'instance. "
5. La caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône se prévaut de deux indus d'allocation de logement familiale, l'un d'un montant de 7 810,81 euros pour la période du
1er juin 2006 au 30 avril 2008 et l'autre d'un montant de 7 068,20 euros pour la période du
1er mai 2008 au 31 décembre 2009. Pour soutenir que les créances en litige sont prescrites, la requérante fait valoir que la CAF ne rapporte pas la preuve d'une fraude susceptible d'entraîner l'application de la prescription quadriennale et en particulier qu'aucun contrôle de la CAF n'a pu être effectué. Il ressort toutefois de l'examen des pièces du dossier qu'un rapport d'enquête du 5 mars 2009 diligenté par la CAF établit que le contrôleur n'a pu rencontrer les époux B malgré trois avis de passage. En outre, il est constant que la commission de recours amiable, par avis du 13 septembre 2010, a constaté, après enquête, la dissimulation de l'activité et des ressources de Mme B ainsi que l'absence de séparation du couple, de sorte que la prescription quinquennale est applicable au litige. Enfin, d'une part, la CAF établit, par courrier du 10 mai 2010 par lequel il était demandé aux requérants le remboursement des prestations familiales indues et par courrier du 12 juillet 2010 de notification de l'indu d'allocation de logement familiale, avoir interrompu le cours du délai de prescription. D'autre part, il ressort de l'examen des pièces du dossier que la CAF a, à nouveau, interrompu le cours du délai de prescription en saisissant le tribunal des affaires de sécurité sociale en vue du recouvrement de sa créance par requête du 23 août 2010, alors qu'à cette date elle n'était pas règlementairement autorisée à recouvrer elle-même ses créances par contrainte. Alors que le litige était toujours pendant, le greffe du tribunal des affaires de sécurité sociale a informé la CAF, par courrier du 23 septembre 2020, que l'affaire avait fait l'objet d'un dessaisissement au profit du pôle social du tribunal judiciaire. Ce dernier, par l'ordonnance citée au point 1 du 16 février 2021, s'est ensuite déclaré incompétent en ce qui concerne l'allocation de logement familiale, ce qui a mis fin à l'instance. Par suite, les créances d'allocation de logement familiale en litige n'étaient pas prescrites à la date de signification des contraintes en litige le 11 décembre 2020. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de la prescription de la créance en application des dispositions précitées.
6. En second lieu, les requérants se prévalent, au demeurant sans en justifier, de la précarité de leur situation financière. Toutefois, si une telle circonstance peut être utilement invoquée à l'appui d'une demande de remise gracieuse si la condition tenant à la bonne foi de l'allocataire est remplie, elle demeure sans incidence sur le bien-fondé des indus mis à leur charge. Par suite, sur ce second point, l'argumentation présentée par M. et Mme B doit être regardée comme reposant sur des faits manifestement insusceptibles de venir au soutien de leur contestation des décisions en litige.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions tendant à l'octroi, par le tribunal, d'un délai de paiement, que les conclusions de M. et Mme B aux fins d'annulation des contraintes du 11 décembre 2020 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme D B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
E. A
La greffière,
signé
S. IBRAMLa République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2101629
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026