jeudi 2 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 mars 2021 et le 15 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Pontier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 6 janvier 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune d'Orgon a modifié le tableau des effectifs en supprimant l'emploi d'attaché principal à compter du 1er février 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2021 le maintenant en surnombre consécutivement à la suppression de son emploi ;
3°) d'enjoindre à la commune d'Orgon de le réintégrer dans son emploi de secrétaire général de mairie ou de lui attribuer le poste de directeur général des services sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter du jugement ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Orgon une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la délibération du 6 janvier 2021 n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'appréciation dès lors que la suppression de son poste est constitutive d'une sanction disciplinaire déguisée ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir ;
- l'arrêté du 14 janvier 2021 le maintenant en surnombre à la suite de la suppression de son poste a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que ni le comité technique ni la commission administrative paritaire n'ont été saisis ;
- cet arrêté est illégal en raison de l'illégalité de la délibération du 6 janvier 2021 sur laquelle il se fonde ;
- aucun reclassement ne lui a été proposé.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2022 et un mémoire enregistré le 13 juin 2023 qui n'a pas été communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, la commune d'Orgon, représentée par Me Ladouari, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-1101 du 30 décembre 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- les observations de Me Durand, substituant Me Pontier, représentant M. B,
- et les observations de Me Extremet, substituant Me Ladouari, représentant la commune d'Orgon.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, attaché principal employé par la commune d'Orgon depuis le 1er février 2006, a occupé jusqu'en juillet 2020 les fonctions de secrétaire général de mairie. Par arrêté du 31 juillet 2020, l'intéressé a été affecté aux fonctions de chargé de mission évaluation du contentieux à compter du 4 août 2020. Par délibération du 6 janvier 2021, le conseil municipal d'Orgon a approuvé la modification du tableau des effectifs du personnel communal et la suppression de l'emploi d'attaché principal à compter du 1er février 2021. Par arrêté du 14 janvier 2021, le maire de la commune d'Orgon a décidé de maintenir M. B en surnombre au sein de la collectivité durant un an. M. B demande au tribunal l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 6 janvier 2021 :
2. En premier lieu, la délibération par laquelle un conseil municipal supprime un emploi est une décision à caractère réglementaire et non une décision individuelle. Elle n'est donc pas au nombre des décisions devant être motivées en vertu des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de l'absence de motivation de la délibération en litige doit, dès lors, être écarté.
3. En second lieu, si le requérant soutient avoir fait l'objet d'une sanction déguisée dès lors qu'il a été volontairement mis à l'écart à la suite de la suppression de l'emploi d'attaché principal approuvée par la délibération attaquée et du recrutement d'un agent contractuel, proche du maire, en qualité de directeur général des services, il ressort toutefois du courrier de saisine du comité technique et de son procès-verbal de séance que la nouvelle municipalité souhaitait réorganiser les services de la commune et procéder à une nouvelle répartition des missions des agents en recrutant éventuellement des agents de catégorie B ou C. A cet égard, il est précisé que le poste occupé par M. B de chargé de mission " évaluation du contentieux " doit être supprimé compte tenu du faible volume de dossiers contentieux. Si le procès-verbal mentionne que le précédent maire souhaitait " se séparer " de M. B alors qu'il était secrétaire général de la commune, il ne ressort pas des pièces du dossier que la délibération contestée modifiant le tableau des effectifs, adoptée à une date où avait, au demeurant, été élu un nouveau maire, ait été exclusivement motivée par une telle intention, alors qu'il n'est pas utilement contesté que l'emploi de chargé de mission " contentieux " sur lequel M. B avait été affecté par arrêté du 31 juillet 2020 a été supprimé par le conseil municipal après évaluation de l'intérêt du poste au regard du faible nombre de dossiers traités, dans le contexte précédemment évoqué de réorganisation des services communaux. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas qu'en décidant de supprimer des effectifs le poste d'attaché principal, la commune aurait eu la volonté de le sanctionner de manière déguisée. Enfin, la circonstance que le maire ne lui ait pas proposé d'occuper le nouvel emploi fonctionnel de directeur général des services par ailleurs créé au grade d'attaché demeure, en tout état cause, sans influence sur la légalité de la délibération supprimant l'emploi d'attaché principal chargé de mission " contentieux ". Partant, M. B n'est pas fondé à soutenir que la délibération serait entachée d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en approuvant, par délibération du 6 janvier 2021, la suppression du poste d'attaché principal des effectifs de la commune, le conseil municipal aurait commis un détournement de pouvoir.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 14 janvier 2021 :
5. En premier lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article 52 de la loi du 26 janvier 1984 dans sa version applicable à la date de l'arrêté attaqué modifiée par la loi du 6 août 2019 : " L'autorité territoriale procède aux mouvements des fonctionnaires au sein de la collectivité ou de l'établissement ". D'autre part, il résulte des dispositions combinées du a), 3°, III de l'article 10 et du 1°, IV de l'article 94 de la loi du 6 août 2019 que, à compter du 1er janvier 2020, l'autorité territoriale n'est plus tenue de consulter pour avis la commission administrative paritaire avant de procéder à la mutation des fonctionnaires placée sous sa hiérarchie. Ainsi, M. B ne peut utilement soutenir que l'absence de saisine préalable de la commission administrative paritaire a entaché l'arrêté du 14 janvier 2021 le maintenant en surnombre dans la collectivité durant un an d'un vice de procédure.
6. En deuxième lieu, la délibération du 6 janvier 2021 portant suppression de l'emploi d'attaché principal précédemment occupé par l'intéressé n'étant pas entachée d'illégalité pour les motifs indiqués aux points 2 à 4, M. B n'est, en tout état de cause, pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait illégal en raison de l'illégalité de la délibération précitée.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Dès lors qu'un emploi est susceptible d'être supprimé, l'autorité territoriale recherche les possibilités de reclassement du fonctionnaire concerné. () / Si la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi correspondant à son grade dans son cadre d'emplois ou, avec son accord, dans un autre cadre d'emplois, le fonctionnaire est maintenu en surnombre pendant un an. Pendant cette période, tout emploi créé ou vacant correspondant à son grade dans la collectivité ou l'établissement lui est proposé en priorité ; la collectivité ou l'établissement, la délégation régionale ou interdépartementale du Centre national de la fonction publique territoriale et le centre de gestion examinent, chacun pour ce qui le concerne, les possibilités de reclassement. Est également étudiée la possibilité de détachement ou d'intégration directe du fonctionnaire sur un emploi équivalent d'un autre cadre d'emplois au sein de la même collectivité ou de l'établissement. "
8. Il ressort des termes de l'arrêté en litige que M. B, titulaire du grade d'attaché principal, est maintenu en surnombre dans la collectivité pendant un an à compter du 14 janvier 2021 et qu'il percevra la rémunération correspondant à l'indice détenu dans ce grade. L'arrêté précise également qu'il dispose d'un droit de priorité pour être affecté dans un emploi correspondant à son grade et qu'au terme d'un délai d'un an, et dans l'impossibilité de reclassement dans un emploi correspondant au grade d'attaché principal, l'intéressé sera pris en charge par le centre de gestion. Si le requérant soutient qu'à ce titre, le poste nouvellement créé de directeur général des services aurait dû lui être proposé, il ressort toutefois des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 3, que la commune a procédé à la création d'un emploi fonctionnel de directeur général des services d'une commune de plus de 2000 habitants destiné à être pourvu par recrutement direct en application de l'article 47 de la loi du 26 janvier 1984 ou par la voie du détachement, ainsi que le prévoit l'article 4 du décret du 30 décembre 1987 portant dispositions statutaires particulières à certains emplois administratifs de direction des collectivités territoriales et des établissements publics locaux assimilés. Ce poste ne saurait dès lors être regardé comme un emploi correspondant au grade du requérant devant lui être proposé par la commune dans le cadre d'une recherche de reclassement. Par suite M. B n'est pas fondé à soutenir que cet emploi fonctionnel aurait dû lui être proposé et en lieu et place du tiers recruté sur le poste dans les conditions prévues par ces dispositions. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de la délibération du 6 janvier 2021 et de l'arrêté du 14 janvier suivant doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Orgon, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. B, et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par la commune d'Orgon sur le fondement des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Orgon tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Orgon.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
E. Fabre
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026