mercredi 24 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BOUMAZA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mars 2021, M. B A, représenté par Me Boumaza, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 octobre 2020 par laquelle la ville de Marseille a refusé de le recruter en qualité d'agent des bibliothèques et lui a notifié l'avis rendu par le comité médical le 23 juin 2020, ensemble le rejet de son recours gracieux du 8 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la ville de Marseille de le recruter en qualité d'agent des bibliothèques, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de refus de recrutement est entachée d'un vice de procédure dès lors que le médecin du travail n'a pas été informé de la réunion du comité médical ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans la mesure où il est physiquement apte à occuper le poste brigué, ainsi qu'il l'a prouvé en exerçant des fonctions similaires pour la ville de Marseille d'octobre 2019 à mars 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2021, la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Boumaza, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Alors employé par la ville de Marseille en tant qu'agent du patrimoine contractuel, M. A s'est porté candidat en janvier 2020 à un emploi d'agent des bibliothèques. Le médecin du service de médecine préventive l'a adressé à un psychiatre agréé qui a rendu un avis défavorable, que M. A a contesté par deux courriers du 5 juin 2020. Le comité médical s'est réuni le 23 juin 2020 et a rendu un avis d'inaptitude absolue et définitive à l'embauche sur l'emploi d'agent des bibliothèques. Par décision du 9 octobre 2020, la ville de Marseille a notifié à l'intéressé l'avis du comité médical et pris une décision conforme. M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision le 8 décembre 2020 et a saisi le comité médical supérieur. Il demande au tribunal d'annuler la décision de la ville de Marseille du 9 octobre 2020, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 9 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version alors en vigueur : " Le médecin du service de médecine préventive prévu à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée compétent à l'égard du fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir s'il le demande communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 24, 33 et 37-7 ci-dessous. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 11 de ce même décret : " L'autorité territoriale peut recueillir l'avis du comité médical compétent. Elle est tenue de consulter le comité lorsque le candidat conteste les conclusions du ou des médecins qui l'ont examiné ".
4. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 2, qui rendent obligatoire l'information du médecin du service de médecine préventive préalablement à la séance du comité médical, est inopérant dans la mesure où la procédure de recrutement d'un candidat à un emploi au sein d'une collectivité territoriale n'est pas soumise à ces dispositions mais à celles des articles 10 à 13 du décret du 30 juillet 1987, lesquels sont réunis sous le titre II intitulé " Des conditions d'aptitude physique pour l'admission dans la fonction publique territoriale ". Si les dispositions de l'article 11 de ce décret prévoient la consultation obligatoire du comité médical en cas de contestation par l'intéressé des conclusions des médecins qui l'ont examiné, elles n'imposent pas l'information du médecin du service de médecine préventive avant la réunion du comité. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ". Aux termes de l'article L. 211-3 du même code : " Doivent également être motivées les décisions administratives individuelles qui dérogent aux règles générales fixées par la loi ou le règlement ".
6. La décision par laquelle l'administration refuse, au terme d'un examen médical, de recruter un agent public n'a pour effet ni de refuser à l'intéressé un avantage qui constituerait pour lui un droit ni de retirer ou d'abroger une décision créatrice de droits et n'entre dans aucune des autres catégories de décisions qui doivent être motivées en application des dispositions exposées au point 4. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
7. En troisième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le rapport médical établi par le médecin spécialiste agréé, psychiatre, à la suite de l'examen du 18 février 2020, a conclu qu' " au total à l'heure actuelle son état de santé rend M. B A inapte à son embauche en tant qu'agent des bibliothèques ". Le requérant fait valoir qu'il a travaillé durant 5 mois pour la ville de Marseille sur des fonctions d'agent du patrimoine, lesquelles sont proches des fonctions d'agent des bibliothèques, et que la qualité de son travail n'a pas été remise en cause. Il produit également au soutien de ses affirmations tendant à démontrer l'erreur d'appréciation de la ville de Marseille les deux certificats médicaux qu'il avait transmis dans le cadre de son recours gracieux. Toutefois, ni le premier de ces certificats, daté du 17 septembre 2020 et émanant de son médecin traitant, spécialisé en endocrinologie, qui concerne son diabète et non une affection psychiatrique, ni le second, daté du 15 octobre 2020, qui a été établi par un médecin généraliste et se borne à mentionner l'absence de contre-indication physique ou psychique à l'exercice d'un emploi, sans plus de précision, ne sont de nature à contredire utilement les conclusions du rapport médical du médecin psychiatre agréé reprises ci-dessus et l'avis d'inaptitude à l'embauche sur l'emploi d'agent des bibliothèques émis par le comité médical le 23 juin 2020. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la ville de Marseille a, en retenant son inaptitude à l'emploi d'agent des bibliothèques et en refusant, pour ce motif, de le recruter, commis une erreur d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par M. A soit mise à la charge de la ville de Marseille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ville de Marseille.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
La rapporteure,
H. Forest
La présidente,
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
F.L Boyé
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026