mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101924 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ALPAVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 mars 2021, 13 août 2021 et 15 novembre 2022 M. A et Mme E D, représentés par Me Leturcq, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Gap a délivré à M. et Mme C un permis de construire une maison individuelle sur une parcelle cadastrée section DO n° 678 située 64 route de Malcombe ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Gap une somme de 2 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- les pétitionnaires n'avaient pas qualité pour déposer la demande de permis de construire en méconnaissance des articles R. 435-1 et R. 423-1 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet entraine la destruction d'un mur de soutènement situé sur leur propriété ;
- il méconnaît l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors que la notice descriptive désigne à tort le rez-de-chaussée du projet comme étant un sous-sol et qu'elle ne mentionne pas la destruction du mur de soutènement leur appartenant ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 dès lors que le plan de coupe ne fait pas état du décaissement intervenu sur le terrain, que le document d'insertion ne représente pas les constructions environnantes et que les documents photographiques représentent inexactement les environs du projet ;
- il est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de projet " habitat " dès lors que le projet n'est pas accolé à la construction se trouvant sur le même terrain ;
- il méconnaît les dispositions du point 2.1.4 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il s'implante à moins de 6 mètres du bord d'un cours d'eau ;
- il méconnait les dispositions du point 2.2.1 de ce règlement dès lors que le projet prévoit de procéder à un déblaiement de 3,20 mètres de hauteur qui n'est pas justifié par des contraintes géotechniques ou de sécurité ;
- il méconnaît les dispositions du point 2.3.3 de ce règlement dès lors qu'aucune mesure de compensation n'est prévue à la suite de la destruction d'un talus et d'un mur de soutènement ;
- il méconnaît les prescriptions du plan de prévention des risques naturels dès lors les eaux pluviales ne seront pas amenées au ruisseau mais rejetées directement dans les pentes, qui se déverseront sur leur propriété ; conformément aux recommandations de ce plan, le pétitionnaire devait produire une étude préalable de stabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2021, la commune de Gap conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt pour agir de M. et Mme D ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 29 juin 2021 et 25 août 2022, M. et Mme C, représentés par le cabinet Alpavocat, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme D une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt pour agir de M. et Mme D ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 octobre 2023 a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative la clôture immédiate de l'instruction.
Par une lettre du 15 octobre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer sur la demande tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué pour les motifs tirés de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué et de la méconnaissance du point 2.2.1 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme.
La commune de Gap a transmis des observations enregistrées le 18 octobre 2024, qui ont été communiquées.
M. et Mme C ont transmis des observations enregistrées le 21 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal, rapporteur,
- les conclusions de M. Trébuchet rapporteur public,
- et les observations de Me Broeckaert, représentant M. et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er octobre 2020, le maire de la commune de Gap a délivré à M. et Mme C un permis de construire une maison individuelle sur une parcelle cadastrée section DO n° 678 située 64 route de Malcombe. Par un courrier du 20 novembre 2020, M. A et Mme E D ont sollicité le retrait de cet arrêté. Leur recours gracieux a été rejeté par une décision du 7 janvier 2021. M. et Mme D demandent au tribunal d'annuler cet arrêté, ainsi que de la décision de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. ". Aux termes de l'article L. 2131-1 de ce dernier code : " I.-Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'ils ont été portés à la connaissance des intéressés dans les conditions prévues au présent article et, pour les actes mentionnés à l'article L. 2131-2, qu'il a été procédé à la transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement prévue par cet article. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 2 juin 2020, régulièrement publié et transmis au contrôle de légalité le 5 juin suivant, le maire de Gap, commune couverte par un plan local d'urbanisme, a donné délégation de signature à Mme B, signataire de l'arrêté attaqué, notamment pour les permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire du permis de construire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme " La demande de permis de construire précise : () / c) La localisation et la superficie du ou des terrains ; () / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une demande de permis ". Aux termes de l'article R. 423-1 du même code : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; () ".
5. L'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
6. Il ne ressort pas des pièces jointes à la demande de permis de construire que l'arrêté en litige autoriserait la destruction d'un mur de soutènement situé sur le terrain de M. et Mme D. En outre, en se bornant à soutenir qu'il est " patent " que ce mur sera détruit, les requérants n'établissent pas l'existence d'une fraude. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance les dispositions des articles R. 431-5 et R. 423-1 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. D'une part, si la notice architecturale jointe à la demande de permis de construire qualifie à tort un rez-de-chaussée semi-enterré de " sous-sol ", le dossier comportait également en pièce PCMI 3 un plan de coupe du projet faisant apparaître le terrain naturel, ainsi que des plans de façade en pièce PCMI 5.1, ces documents précisant la hauteur totale de la construction à partir du sol à l'issue des travaux. Par suite, la circonstance que la notice descriptive était entachée d'une inexactitude n'a pas été de nature à fausser sur ce point l'appréciation du service instructeur. En outre, dès lors que le projet ne prévoit pas la destruction du mur de soutènement leur appartenant, comme il l'a été dit, les requérants ne peuvent utilement reprocher aux pétitionnaires de ne pas en avoir fait mention. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ne peut dès lors qu'être écarté.
10. D'autre part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le plan de coupe précité fait apparaître le profil du terrain naturel avant travaux. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les constructions environnantes sont éloignées du terrain d'assiette du projet et sont peu ou pas visibles en même temps que lui depuis la voie publique. Dans ces conditions l'appréciation du service instructeur n'a pas été faussée au seul motif que ces dernières n'ont pas été représentées sur le document d'insertion et les documents photographiques, l'insertion des constructions dans leur environnement s'appréciant à partir des voies ouvertes à la circulation générale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ne saurait être accueilli.
11. En quatrième lieu, aux termes l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. ".
12. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.
13. Il ressort des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme a défini une orientation d'aménagement et de programmation dite " habitat " sur le périmètre de la commune. Cette orientation prévoit notamment un objectif " implantation optimisée du bâti sur la parcelle, jardins d'un seul tenant ". La circonstance que le projet, qui porte sur la construction d'une unique maison individuelle, s'implante à une distance de 37 mètres d'un immeuble existant sur le terrain n'est pas de nature à contrarier la réalisation de cet objectif, qui doit être apprécié à l'échelle de la commune. En outre, les schémas explicatifs prévoyant un accolement des constructions sont explicitement désignés comme des " exemples pour s'inspirer " et n'ont valeur, en tout état de cause, que d'orientations et non de prescriptions. Par suite, le moyen tiré de l'incompatibilité du projet avec les orientations d'aménagement et de programmation doit être écarté.
14. En cinquième lieu, aux termes des dispositions du point 2.1.4 des dispositions communes à toutes les zones : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives () / Toute construction nouvelle devra être implantée à au moins 6m du bord d'un cours d'eau (pris à partir du haut de la berge) ". Le lexique du règlement du plan local, explicité par le schéma joint, précise que les limites séparatives correspondent à la limite entre deux terrains privés. En outre, aux termes des dispositions du point 2.1.3 de ce même règlement : " Implantation des constructions par rapport aux emprises publiques et aux voies () / Par "alignement", il faut entendre la limite entre le domaine privé et le domaine public routier existant ou futur (ER). () ".
15. Il résulte de ces dispositions que la limite entre le terrain de M. et Mme C et la voie publique est régie par les dispositions relatives à l'implantation des constructions par rapport aux emprises publiques et aux voies et non par les dispositions portant sur les limites séparatives. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du point 2.1.4 des dispositions communes précitées est inopérant.
16. En sixième lieu, aux termes du point 2.2.1 des dispositions communes à toutes les zones : " Intégration dans le site / Nivellement / Les constructions nouvelles doivent s'adapter et s'intégrer à la configuration du terrain naturel. Les mouvements de terrains (remblais / déblais) seront limités au maximum, ils devront être équilibrés et être justifiés d'un point de vue géo-technique, ou de sécurité. / Des adaptations du terrain pourront être admis aux abords immédiats de la construction, dans le respect du profil naturel du terrain. Ils devront être traités en terrasses, par pallier de 1,20m maximum de hauteur (ou 1,60m pour les terrains dont la pente est égale ou supérieure à 40%), et 0,80m minimum de profondeur. () ".
17. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'implante dans une forte pente, en recul de 3 mètres par rapport à l'alignement, ce qui fait obstacle à ce que les véhicules puissent y accéder en sécurité depuis le chemin de Malcombe. Le décaissement du terrain naturel projeté, d'une hauteur de 2,40 mètres et d'une profondeur de 5 mètres, doit ainsi permettre aux véhicules d'accéder au rez-de-chaussée en réduisant cette pente de façon à ce qu'elle soit limitée à 2 %. Dans ces conditions, la modification du profil du terrain naturel doit être regardée comme justifiée par des contraintes de sécurité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du point 2.2.1 précité doit être écarté.
18. Aux termes du point 2.3.3 des dispositions communes à toutes les zones : " Les arbres et massif de hautes tiges, canaux, fossés, talus, terrasses naturelles existants doivent être maintenus et entretenus afin de préserver leur fonctionnement écologique, biologique et leur caractère paysager et patrimonial. / Les constructions, les aménagements, les travaux réalisés, doivent être conçus pour garantir la préservation de ces ensembles paysagers. Toutefois, leur destruction pourra être admise sous réserve d'être compensée, sur l'opération, par des plantations restituant ou améliorant l'ambiance végétale initiale. Cette disposition n'est pas applicable aux travaux ou ouvrages relatifs aux voiries et réseaux d'intérêt public dès lors qu'ils poursuivent un objectif d'intérêt général et qu'ils sont incompatibles, du fait de leur nature ou de leur importance, avec la conservation de ces éléments paysagers. () ".
19. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, un décaissement du terrain naturel d'une hauteur de 2,40 mètres et d'une profondeur de 5 mètres ne peut être assimilé à la destruction d'un talus. En outre, un mur de soutènement ne peut davantage être assimilé à un " ensemble paysager " au sens de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
20. En septième lieu, aux termes du point 2.1 des prescriptions du plan de prévention des risques naturels relatives aux constructions nouvelles : " 2.1.1 Aucun rejet d'eau ne sera effectué dans la pente : 2.1.1.1 Les eaux usées seront évacuées dans un réseau d'assainissement ; 2.1.1.2 Les eaux pluviales et les eaux collectées par drainage seront évacuées par canalisation étanche vers un réseau collectif ou un émissaire capable de les recevoir. Cette évacuation ne devra pas induire de contraintes supplémentaires (augmentation de l'érosion dans les exutoires naturels, saturation du réseau, déstabilisation des terrains situés en aval, ). () / ". Aux termes du point 2.1 des recommandations de ce même plan relatives aux constructions nouvelles : " 2.1.1Les maîtres d'ouvrage pourront vérifier que les constructions répondent aux conclusions : / 2.1.1.1D'une étude géotechnique et hydrogéologique préalable à toute construction de plus de 20 m² d'emprise au sol, spécifiant les modalités de la construction du bâti (fondations, superstructures, ), de l'adaptation des accès et du drainage des parcelles concernées par le projet. / 2.1.1.2D'une étude préalable de stabilité spécifiant les techniques à mettre en œuvre pour la stabilisation des terrassements. () ".
21. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'implante dans la zone " BG 1 " du plan de prévention des risques naturels qui présente une " contrainte faible " de glissement de terrain. D'une part, le permis de construire en litige prévoit une prescription imposant au projet de respecter les prescriptions de ce plan, notamment de réaliser une canalisation étanche amenant les eaux pluviales au réseau collectif ou un émissaire capable de les recevoir. Les requérants n'établissent pas, ni même n'allèguent, que cette prescription serait irréalisable. D'autre part, la réalisation d'une étude géotechnique ou d'une étude préalable de stabilité constitue une recommandation et non une prescription dont le respect s'impose aux pétitionnaires. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le plan de prévention des risques naturels aurait été méconnu.
22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme D doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gap, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme D demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, il n'y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme D une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme C au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. et Mme D verseront à M. et Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme E D, à la commune de Gap et à M. et Mme C.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
M. Cabal, conseiller,
M. Guionnet Ruault, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
P.Y. CABAL
Le président,
Signé
F. SALVAGE
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026