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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2101939

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2101939

mardi 20 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2101939
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantXOUAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une décision du 17 février 2021, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par M. H et Mme G, a annulé le jugement du tribunal administratif de Marseille n° 1702744 en date du 25 juillet 2019 et a renvoyé l'affaire devant le même tribunal.

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 mai 2021, le 2 juin 2021, le 12 mai 2022 et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 5 janvier 2023, M. B A et M. D C, représentés par Me Callut, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2016 par lequel le maire de Marseille a délivré à M. H et à Mme G un permis de construire, modifié tacitement le 3 janvier 2022 ;

2°) de mettre à la charge de M. H, de Mme G et de la ville de Marseille la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté du 21 octobre 2016 est signé par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation pour avoir appliqué le règlement du plan local d'urbanisme à l'ensemble de l'unité foncière et non par rapport à la construction projetée et pour n'avoir pas évalué le risque que présente le projet pour les propriétés des requérants ;

- les dispositions de l'article 3 de la zone UM 2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article 6 de la zone UM 2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article 7 de la zone UM 2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article 9 de la zone UM 2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article 10 de la zone UM 2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article 11 de la zone UM 2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- les dispositions de l'article 12 de la zone UM 2 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues ;

- il y a erreur manifeste d'appréciation à ne pas avoir sursis à statuer sur la demande de permis ;

- le permis de construire obtenu tacitement le 3 janvier 2022 doit être conforme aux dispositions du PLUi ;

- les modifications apportées par le permis modificatif bouleversent l'économie générale du projet et devait faire l'objet d'un nouveau permis de construire.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 mai 2021, le 8 juin 2021, le 7 avril 2022, le 3 juin 2022 et le 26 janvier 2023, M. E H et Mme J G, représentés par Me Xoual, concluent au rejet de la requête, à ce qu'il soit sursis à statuer sur la requête en application des dispositions de l'article L. 600-5 -1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge de M. A et de M. C et la ville de Marseille la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- les moyens soulevés par mémoire du 5 janvier 2023 à l'encontre du permis modificatif et tenant à son absence de conformité au PLUi et de ce que les modifications apportées ne pouvaient faire l'objet d'un permis modificatif sont irrecevables en applications des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;

- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dyèvre, rapporteur,

- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,

- et les observations de Me Lasbat-Mazille pour les requérants, et de Me Xoual pour M. H et Mme G.

1. Par un arrêté du 21 octobre 2016, le maire de Marseille a délivré à M. H et Mme G un permis de construire en vue de la réalisation d'une maison individuelle de 158 m2 située 35 Boulevard du Centre et cadastrée 868 section E, n°167. Par un jugement n° 1702744 du 25 juillet 2019, le tribunal administratif de Marseille a annulé cet arrêté. Par une décision n° 434914 du 17 février 2021, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé ce jugement et a renvoyé l'affaire devant le même tribunal. Un permis modificatif a été tacitement accordé aux pétitionnaires le 3 janvier 2022 formalisé par la délivrance, le 18 février 2022, d'un certificat de permis de construire tacite. M. A et M. C demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2016 tel que modifié par le permis de construire obtenu tacitement le 3 janvier 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. L'arrêté contesté a été signé par Mme I F qui, en vertu d'un arrêté n° 16/127/SG du 30 mai 2016, transmis le même jour en préfecture, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune du 1er juin 2016, et affiché en mairie du 1er juin 2016 au 1er août 2016, disposait d'une délégation de fonctions consentie par le maire de Marseille en ce qui concerne, notamment, les décisions relatives à l'urbanisme et aux autorisations du droit des sols. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

3. Aux termes de l'article 2 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme : " () dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles du présent PLU s'appliquent non pas au regard de l'ensemble du projet, mais de chaque unité foncière ou construction issue de cette division ".

4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la parcelle d'assiette du projet doive faire l'objet d'une division au seul motif qu'elle comporte déjà une construction. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation à avoir appliqué les règles du plan local d'urbanisme à l'ensemble de la parcelle d'assiette et non à l'unité foncière issue d'une éventuelle division est inopérant.

5. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet entraînerait un risque d'affaissement particulier et non pris en compte tant de la construction elle-même que des constructions voisines. La seule circonstance qu'une étude géologique non datée, de caractère général et couvrant cinq communes du département des Bouches-du-Rhône indique que " chaque fois que l'on modifie inconsidérément un talus naturel établi dans un matériau donné, on augmente ainsi les risques d'éboulement et de glissement " n'est pas de nature à faire regarder le projet comme entraînant un risque d'affaissement pour les constructions voisines. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

7. Aux termes de l'article 3 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme : " () un seul accès pour véhicules automobiles est autorisé par construction ou opération et par voie () tout accès pour véhicules automobiles est interdit à moins de 10 mètres de l'intersection de deux voies. Les accès sur les voies sont aménagés de façon à ne pas créer de danger ou de perturbation pour la circulation en raison de leur position ou d'éventuels défauts de visibilité () ".

8. D'une part, si les requérants soutiennent que le projet en litige méconnaîtrait ces dispositions en autorisant un second accès sur la parcelle supportant le terrain d'assiette du projet, dès lors que celui-ci supporte déjà une construction disposant également d'un accès, il résulte des termes mêmes de l'article 3 de la zone UM 2 du règlement du plan local d'urbanisme qu'il est autorisé un accès pour véhicules automobiles pour le projet de construction en litige, lequel est distinct de la construction existante. La circonstance que le plan de masse du projet ne précise pas l'accès existant de la construction existante est sans incidence sur le projet en litige. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accès envisagé par le projet en litige, situé à 13 mètres de l'intersection du boulevard de la Verrerie et du boulevard du Panorama présenterait un risque particulier pour la circulation, eu égard à la configuration des lieux et du faible nombre de véhicules concernés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 du règlement de la zone UM 2 du plan local d'urbanisme doit être écarté.

9. Aux termes de l'article 6 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme : " Les constructions à édifier sont implantées hors des marges de recul ou à la limite des alignements imposés, lorsqu'ils sont imposés sur les documents graphiques. / A défaut desdites indications, les constructions à édifier sont distantes d'au moins 4 mètres des alignements existants ou futurs. / Toutefois cette distance peut être réduite : () en raison de la configuration des lieux ou de l'ordonnancement général des constructions existantes sur les fonds mitoyens. Les constructions à édifier devront alors respecter le gabarit des constructions mitoyennes prises en compte à ce titre () ".

10. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'indication d'un alignement imposé sur les documents graphiques, l'implantation d'une construction nouvelle à une distance de moins de quatre mètres de l'alignement est possible lorsque l'ordonnancement général des constructions existantes sur les fonds mitoyens le justifie, sans qu'il soit exigé que les constructions dont l'ordonnancement général est ainsi pris en compte soient implantées en limite séparative de la parcelle du projet. Celles d'entre elles qui sont implantées en limite séparative de la parcelle du projet sont en revanche les seules dont la construction nouvelle ainsi implantée doit respecter le gabarit.

11. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige est implanté à l'alignement, en application de la dérogation prévue par les dispositions précitées de l'article UM 6 du règlement du plan local d'urbanisme eu égard aux implantations des constructions avoisinantes. La construction implantée sur la parcelle voisine, en limite séparative sud-ouest de la parcelle du projet, est également implantée à l'alignement. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige respecte le gabarit de cette construction, conformément à ce qui a été dit au point 10 du présent jugement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme ne peut qu'être écarté.

12. Aux termes de l'article 7 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme : " La distance mesure horizontalement de tout point d'une construction au point le plus proche des limites séparatives de la propriété est au moins égale à 4 mètres (). Ces distances ne s'imposent pas aux () constructions techniques () ". Aux termes de la terminologie du règlement du plan local d'urbanisme constitue une construction technique celle " qui a pour seul objet le fonctionnement technique des constructions autorisées ou édifiées sur la zone (ex : local poubelle, local technique de piscine) ".

13. Il ressort des pièces du dossier que la dalle de stationnement des véhicules et recouvrant le bassin de rétention est implantée en limite de propriété. Toutefois, cet élément doit être regardé comme une construction technique au sens de la terminologie du règlement du plan local d'urbanisme et les dispositions de l'article 7 du règlement de la zone UM ne lui sont donc pas applicables. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 7 du règlement de la zone UM ne saurait donc être accueilli.

14. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif, dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

15. Aux termes de l'article 9 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme : " L'emprise au sol des constructions est limitée à : () 30 % de la surface du terrain en secteur UM2 ".

16. Il ressort des pièces du dossier portant sur le projet initial que le terrain d'assiette du projet, d'une surface de 664 m², autorisait une emprise maximale de 199,2 m². La construction envisagée développait initialement une emprise de 100 m2, s'ajoutant aux 99 m2 de la construction existante sur la même parcelle. Le projet initialement contesté n'intégrait pas, à tort, l'emprise de la dalle soutenant les places de parking, laquelle est à plus de 60 centimètres du terrain naturel ainsi qu'une partie au moins de l'escalier permettant d'y accéder et portant nécessairement l'emprise totale du projet à plus de 30% de la surface du terrain d'assiette. Toutefois, le projet a été modifié par l'obtention d'un permis tacite formalisé par la délivrance d'un certificat, le 18 février 2022 aux termes duquel, l'emprise au sol a été diminuée par la suppression de la partie de la dalle de parking dépassant les 60 cm par rapport au terrain naturel ainsi que l'escalier y attenant, pour une surface de 12m2. Ainsi, à la suite de la suppression de ces éléments, l'emprise totale du projet n'excède plus 30% de la surface du terrain d'assiette du projet. En outre, si le plan local d'urbanisme intercommunal approuvé le 19 décembre 2019 porte désormais l'emprise au sol des constructions nouvelles à 10% pour la zone UP1 désormais applicable au terrain d'assiette du projet, il ressort des pièces du dossier que le permis modificatif rend la construction plus conforme à ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 9 de la zone UM du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ne peut qu'être écarté.

17. Aux termes de l'article 10.2 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme " () la hauteur des constructions, mesurée comme indiqué à l'annexe 10 du règlement, est limitée à 7,5 mètres ". Aux termes de l'annexe 10 du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur des constructions à édifier se mesure à l'aplomb depuis le niveau du sol jusqu'à l'égout de la toiture ou le sommet de l'acrotère en tout point du bâtiment. / Toutefois () sur les terrains en déclivité, la hauteur des constructions à édifier peut dépasser la limite des hauteurs prescrites par le règlement de la zone ou du secteur concerné de la différence de hauteur résultant de la déclivité sans toutefois excéder 1,5 m () ". Aux termes de cette même annexe, le niveau du sol " se définit comme l'état du terrain naturel avant tout affouillement ou exhaussement ".

18. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet présente une forte déclivité. Il résulte de la lecture de la coupe transversale PC 3 qu'aucun point de la construction, notamment à son niveau le plus élevé, n'est à plus de 9 mètres du terrain naturel par application de la dérogation issue de l'annexe 10 du règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 10 de la zone UM du règlement du plan local d'urbanisme ne peut qu'être écarté.

19. Aux termes de l'article 11 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme : " () Le choix et l'emploi des matériaux doivent concourir à la qualité architecturale de la construction et ne doit pas être de nature à compromettre son insertion dans le site (nature, aspect, couleur) () ".

20. Il ressort des pièces du dossier que l'environnement immédiat du projet est composé de maisons individuelles, d'aspects divers et mêle architecture contemporaine et traditionnelle. Les couleurs du projet, blanc et sable, correspondent aux teintes dominantes des constructions avoisinantes, dont les dimensions sont comparables à celles de la construction envisagée. Si celle-ci est d'aspect résolument contemporain, de forme cubique, plusieurs constructions de ce type se trouvent également à proximité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 11 doit être écarté.

21. Aux termes de l'article 12 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme : " () Pour les constructions nouvelles à destination d'habitat, il est exigé 1 place de stationnement par tranche entamée de 50 m² de surface de plancher, dans la limite de 2 places par logement ".

22. Si les requérants soutiennent que le projet en litige devait prévoir 4 places de stationnement, en raison de la présence d'une construction existante sur la parcelle du terrain d'assiette du projet, il ressort toutefois des pièces du dossier que la construction à usage d'habitation en litige, développant une surface de plancher de 158 m2, prévoit la réalisation de 3 places de stationnement alors que selon les dispositions précitées seules deux places de parking étaient exigibles. En outre, les dispositions désormais applicables du plan local d'urbanisme intercommunal ne fixent pas de maximum pour le nombre de places de stationnement en zone UP1, régularisant ainsi le projet sur ce point. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet nécessitait la réalisation de quatre places de stationnement.

23. Les requérants soutiennent que le maire de la Ville de Marseille aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de surseoir à statuer sur la demande de permis initiale présentée par les pétitionnaires. Toutefois, en l'absence de précision sur l'état d'avancement du PLUi à la date de délivrance du permis initial, le moyen tel que soulevé n'apporte pas les précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé.

24. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " () Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation est contesté dans les conditions prévues à l'article L. 600-5-2, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux à son encontre passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense le concernant. () " et aux termes de l'article L. 600-5-2 du même code : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance. ".

25. Dans leur mémoire récapitulatif enregistré le 5 janvier 2023, les requérants ont invoqués les moyens nouveaux tirés de ce que le permis de construire obtenu tacitement le 3 janvier 2022 n'était pas conforme aux dispositions du PLUi alors applicables et que les modifications apportées par le permis modificatif, qui bouleversent l'économie générale du projet, devaient faire l'objet d'un nouveau permis de construire. Le premier mémoire en défense produit par les pétitionnaires suite à cette communication a été enregistré le 3 juin 2022 et communiqué le même jour aux parties. Dès lors, le mémoire des requérants du 5 janvier 2013 a été enregistré plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense suite à la communication du permis modificatif. Par suite les moyens nouveaux invoqués dans ce mémoire, plus de deux mois après la communication aux parties du mémoire en défense, doivent être écartés comme irrecevables.

26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par MM A et C ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la ville de Marseille, de M. H et de Mme G, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme réclamée par les requérants au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de M. C et M. A la somme de 1 500 euros à verser à M. H et Mme G.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B A et M. D C est rejetée

Article 2 : M. B A et M. D C verseront solidairement à M. H et Mme G la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et M. D C, M. H et Mme G et à la Ville de Marseille.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, où siégeaient :

M. Frédéric Salvage, président,

Mme Constance Dyèvre, première conseillère,

Mme Florence Le Mestric, première conseillère.

Lu en audience publique, le 20 juin 2023.

La rapporteure,

signé

C. DYEVRELe président,

signé

F. SALVAGE La greffière,

signé

F. FOURRIER

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/la greffière en chef,

La greffière,

N°2101939

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