mercredi 27 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 mars 2021, la société Provauto, représentée par Me Berguet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 janvier 2021 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté son recours gracieux du 25 novembre 2020 formé à l'encontre de la décision de rejet opposée à sa demande tendant à obtenir l'habilitation au système d'immatriculation des véhicules (SIV) du 10 novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui octroyer l'habilitation pour l'utilisation du SIV dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit en ce que les prestataires de service d'intermédiation automobile doivent être habilités au SIV ;
- elle est également entachée d'une erreur de fait et d'une autre erreur de droit dès lors que le préfet a estimé que son activité consistait en de la prestation de services alors que 30 à 40% de son chiffre d'affaires provient de la revente de véhicules d'occasion acquis par ses soins et que les vendeurs d'automobiles à titre accessoire doivent être habilités au SIV ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens présentés par la société Provauto ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Berguet, représentant la société Provauto.
Considérant ce qui suit :
1. La société Provauto qui exerce son activité dans le secteur de l'automobile sous l'enseigne Ewigo à Aubagne, a sollicité, le 28 février 2020, de la préfecture des Bouches-du-Rhône une habilitation au SIV. Celle-ci lui a été refusée par décision du 10 novembre 2020, laquelle a été confirmée le 19 janvier 2021 par rejet de son recours gracieux du 25 novembre 2020. La société Provauto demande au tribunal d'annuler la décision de rejet de son recours gracieux et d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer l'habilitation au SIV.
2. En premier lieu, s'agissant de l'activité de prestation de service consistant en de l'intermédiation entre vendeurs et acheteurs automobiles, aux termes de l'article R. 322-1 du code de la route, dans sa version alors applicable : " I. - Tout propriétaire d'un véhicule à moteur, d'une remorque dont le poids total autorisé en charge est supérieur à 500 kilogrammes ou d'une semi-remorque et qui souhaite le mettre en circulation pour la première fois doit faire une demande de certificat d'immatriculation en justifiant de son identité. () Cette demande de certificat d'immatriculation est adressée au ministre de l'intérieur par le propriétaire, soit directement par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur ". Aux termes de l'article R. 322-4 du même code : " I. - En cas de changement de propriétaire d'un véhicule soumis à immatriculation et déjà immatriculé, l'ancien propriétaire doit effectuer, dans les quinze jours suivant la cession, une déclaration au ministre de l'intérieur l'informant de cette cession et indiquant l'identité et le domicile déclarés par le nouveau propriétaire. () II. - L'ancien propriétaire effectue la déclaration mentionnée au I soit directement par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur ". Enfin aux termes de l'article R. 322-5 de ce code : " I. - Le nouveau propriétaire d'un véhicule déjà immatriculé doit, s'il veut le maintenir en circulation, faire établir, dans un délai d'un mois à compter de la date de la cession, un certificat d'immatriculation à son nom dans les conditions prévues à l'article R. 322-1. / Cette demande est adressée au ministre de l'intérieur soit directement par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur ".
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que l'habilitation pour transmettre au SIV les données nécessaires aux opérations d'immatriculation des véhicules ne peut être accordée qu'à un " professionnel de l'automobile ". Par ailleurs, il ressort de l'annexe 1, intitulée " glossaire ", et de l'annexe 2, intitulée " annexe technique ", à la convention portant habilitation, que la notion de professionnel de l'automobile, définie comme " toute entité juridique exerçant une activité relevant du domaine de l'automobile (notamment construction, négoce, réparation, financement, location, destruction) ", regroupe limitativement les activités de " professionnel du commerce de l'automobile (entité juridique ayant une activité d'achat et vente de véhicules neufs ou d'occasion à titre principal ou accessoire) ", " établissement financier (établissement de crédit tel que défini par l'article L. 511-1 du code monétaire et financier, qui effectue toute opération de financement de véhicule, sous forme de crédit, de location avec option d'achat ou de crédit-bail ainsi que dans le cadre de son activité connexe toute opération de location simple de véhicule quelle qu'en soit sa durée) ", " loueur ", " démolisseur ", et " broyeur ".
4. Il ressort des termes de la décision du 19 janvier 2021 que le préfet des Bouches-du- Rhône a rejeté la demande de la société Provauto tendant à la délivrance d'une habilitation pour effectuer les formalités administratives liées aux opérations d'immatriculation d'un véhicule neuf ou d'occasion sur le SIV au motif que son activité était une activité de prestation de service. Ce faisant, alors qu'une telle activité n'est pas visée, comme exposé au point 3, par la convention portant habilitation au titre des activités énumérées limitativement du professionnel de l'automobile, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas commis d'erreur de droit à ce titre.
5. En second lieu, s'agissant de l'activité de négoce automobile, qui constituerait, selon la société Provauto, 30 à 40 % de son chiffre d'affaires, les éléments qu'elle produit à cet égard ne font état, sur la période de 2018 à 2020, que de 16 achats de véhicules, et aucune vente n'est démontrée. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a commis ni erreur d'appréciation ni erreur de droit à cet autre titre en lui refusant l'habilitation sollicitée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Provauto doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Provauto est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Provauto et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
H. Forest
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026