mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102611 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SCP COLONNA D'ISTRIA ET GASIOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 mars et 9 avril 2021, Mme B C, représentée par Me Gasior, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 7 juillet 2020, 4 septembre 2020, 6 octobre 2020 par lesquelles la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône lui a respectivement demandé le reversement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 13 226,61 euros constitué sur la période du 1er juillet 2018 au 31 mars 2020, d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3873,24 euros constitué sur la période du 1er janvier 2018 au 30 juin 2018 et d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 956,50 euros constitué sur la période du 1er avril au 21 octobre 2020 ;
2°) d'annuler la décision du 1er mars 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a confirmé la mise à sa charge d'une somme de 13 226,61 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période du 1er juillet 2018 au 31 mars 2020, d'une somme 3 873,24 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période du 1er janvier au 30 juin 2018 et d'une somme de 956,50 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active constitué sur la période du 1er avril au 31 mai 2020 ;
3°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la reprise de communauté de vie n'est intervenue qu'au mois de janvier 2020.
Le 27 juin 2022, le département des Bouches-du-Rhône a produit l'entier dossier en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2023 le département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fédi, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Fédi, rapporteur.
- et les observations de M. A représentant le département des Bouches-du-Rhône.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après que les parties ont formulé leurs observations orales à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le département des Bouches-du-Rhône. A la suite d'un contrôle diligenté par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, cet organisme lui a, par courriers des 7 juillet 2020,4 septembre 2020, 6 octobre 2020, respectivement demandé le reversement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 13 226,61 euros constitué sur la période du 1er juillet 2018 au 31 mars 2020, d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3873,24 euros constitué sur la période du 1er janvier 2018 au 30 juin 2018 et d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 956,50 euros constitué sur la période du 1er avril au 21 octobre 2020. Par un recours administratif préalable du 19 octobre 2020, Mme C a contesté le bien-fondé des indus. Par une décision du 1er mars 2021, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a confirmé la mise à sa charge de ces indus. Mme C demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
3. Le recours administratif effectué le 19 octobre 2020 par Mme C, conformément aux dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles précité, contre les décisions de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône ayant un caractère obligatoire, la décision de rejet du 1er mars 2021 s'est substituée aux décisions initiales. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de Mme C dirigées contre les décisions du 7 juillet 2020,4 septembre 2020, 6 octobre 2020 et de regarder les conclusions de la requête comme dirigées contre la décision du 1er mars 2021.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". L'article L. 262-3 du code précité dispose que : " La fraction des revenus professionnels des membres du foyer et le montant forfaitaire mentionné au 2°de l'article L. 262-2 sont fixés par décret. (). L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ". Enfin, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ".
5. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
6. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité contesté a pour origine la révision des droits de Mme C à la suite de la modification des ressources de son foyer. Mme C a été attributaire du revenu de solidarité active, en qualité de personne isolée, sur la base de ses déclarations. Pour remettre en cause la qualité de personne isolée et mettre à sa charge les indus de revenu de solidarité active, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône s'est fondée sur le rapport de contrôle, établi le 7 mai 2020 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire. Il résulte de ce rapport que Mme C vivait maritalement avec M. C, avec lequel elle avait pourtant déclaré être séparé de fait depuis le 20 juin 2016. Le rapport précise que M. C est domicilié à la même adresse que la requérante auprès des services fiscaux depuis 2018, que les intéressés sont titulaires de comptes joints auprès de différents établissements bancaires sur lesquels sont notamment versées la pension d'invalidité de M. C depuis 2017 et les allocations versées sur un livret personnel de l'intéressée. Si Mme C soutient que faute de pouvoir clôturer leurs comptes joints ils ont, en conséquence, décidé d'utiliser chacun un compte joint différent, elle ne l'établit pas. Elle ne démontre pas davantage qu'ils avaient effectivement des domiciles séparés par la seule production d'un jugement du juge aux affaires familiales du 19 janvier 2017 mentionnant un domicile séparé. Ainsi, les éléments exposés par Mme C ne suffisent pas à remettre en cause le faisceau d'indices concordants sur lequel s'est fondé le département des Bouches-du-Rhône pour décider de l'existence d'une vie de couple entre les intéressés depuis janvier 2018. Par suite, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, puis le département des Bouches-du-Rhône étaient fondés à intégrer les ressources de M. C pour déterminer les droits de Mme au revenu de solidarité active sur la période considérée et en conséquence, à mettre à sa charge les indus contestés.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du département des Bouches-du-Rhône, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme B C et au département des Bouches-du-Rhône
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
G. FédiLa greffière,
signé
S. Ibram
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026