mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCOTTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2021, Mme A B, représentée par Me Scotti, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes n°H1005436 émis le 19 janvier 2021 et transmis par courrier du 2 février 2021 par le centre hospitalier Edouard Toulouse (CHET) d'un montant de 5 247,38 euros ;
2°) d'annuler le titre de recettes n°H1005437 également émis le 19 janvier 2021 et transmis par courrier du 2 février 2021 par le CHET d'un montant de 3 509,90 euros ;
3°) de prononcer la décharge des sommes réclamées en compensation de l'indemnité d'engagement de service public exclusif non versée par l'établissement entre 2013 et 2016 ;
4°) de mettre à la charge du CHET une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a pas méconnu son contrat d'engagement de service public exclusif dès lors qu'elle n'a pas exercé d'activité libérale et que si elle est inscrite au registre du commerce et des sociétés depuis le 14 mars 2018 pour la SELARL " Des docteurs Mesnil et B ", elle n'en est que la co-gérante ;
- le CHET ne saurait retenir une date antérieure au 14 mars 2018 pour calculer les sommes indument perçues ;
- le montant des titres de recettes émis sont disproportionnés dès lors qu'en tout état de cause, elle aurait dû percevoir l'indemnité d'engagement de service public exclusif entre 2013 et 2016 et qu'une décharge des sommes réclamées pourraient intervenir en compensation des sommes qu'elle n'a pas perçues.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 mai 2021, le CHET, représenté par la SELARL Jean-Pierre Walgenwitz avocats associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à la Trésorerie Marseille Hospitalière qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le décret n°2013-138 du 14 février 2013 ;
- l'arrêté du 14 février 2013 relatif à l'indemnité d'engagement de service public exclusif mentionnée à l'article D. 6152-220-1 du code de la santé publique ;
- l'arrêté du 20 décembre 2016 modifiant l'arrêté du 8 juin 2000 relatif à l'indemnité d'engagement de service public exclusif ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Journoud, conseillère,
-les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Allala substituant Me Walgenwitz pour le centre hospitalier Edouard Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, qui exerce les fonctions de praticien hospitalier à temps partiel à titre permanent au sein du centre hospitalier Edouard Toulouse (CHET) depuis le 15 juin 2011, a signé, le 7 mars 2016, un contrat d'engagement de service public exclusif d'une durée de 3 ans renouvelables par lequel elle renonçait à toute activité libérale au sein de l'hôpital en contrepartie du versement de l'indemnité mensuelle de service public exclusif. Par deux courriers du 2 février 2021, le directeur de l'établissement hospitalier l'a informée de la suspension du versement de cette indemnité et de la mise en recouvrement d'un trop perçu de 5 247,38 euros au motif qu'elle n'avait pas respecté son engagement de service public exclusif dès lors qu'elle exerce une activité libérale depuis le 14 mars 2018 et d'un trop perçu de 3 509,90 euros au motif que le contrat d'engagement de service public exclusif a pris fin et n'a pas été reconduit par voie d'avenant, courriers auxquels il a joint les titres de recette émis le 19 janvier 2021 correspondants. Mme B demande l'annulation de ces deux titres de recettes.
Sur les conclusions à fin d'annulation et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. L'article R. 6152-220 du code de la santé publique dans sa version applicable au litige : " Les praticiens perçoivent, après service fait, attesté par le tableau mensuel de service réalisé, validé par le chef de pôle ou, à défaut, par le responsable du service, de l'unité fonctionnelle ou d'une autre structure interne : () 2° Des indemnités et allocations dont la liste est fixée par décret ". Selon l'article D. 6152-220-1 du même code dans sa version applicable au litige : " Les indemnités et allocations mentionnées au 2° de l'article R. 6152-220 sont : () 6° Une indemnité d'engagement de service public exclusif versée aux praticiens qui s'engagent, pour une période de trois ans renouvelable, à exercer exclusivement en qualité de praticien des hôpitaux à temps partiel. () ". Enfin l'arrêté du 14 février 2013 relatif à l'indemnité d'engagement de service public exclusif mentionnée au 6° de l'article D. 6152-220, prévoit dans son article 3 dans sa version applicable au litige : " En cas de dénonciation du contrat d'engagement mentionné au premier alinéa du présent article avant son terme par le praticien pour exercer une activité ne répondant pas aux conditions du contrat, il est procédé au recouvrement du montant de l'indemnité déjà versé au titre du contrat dénoncé () ".
3. Il résulte des dispositions précitées que l'indemnité d'engagement de service public exclusif peut être versée à un praticien hospitalier qui exerce à temps partiel, s'il a souscrit un contrat d'engagement avec le chef d'établissement l'obligeant à servir exclusivement dans le service public hospitalier pendant une durée de trois ans et s'il respecte son engagement.
4. En premier lieu, le CHET établit par la production d'un extrait kbis que Mme B est enregistrée au registre du commerce et des sociétés en tant que co-gérante de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) des docteurs Mesnil et B en médecine psychiatrique pour un début d'activité à compter du 1er juin 2018. Dans ces conditions, et alors que l'intéressée ne démontre pas ne pas avoir effectivement exercé à titre libérale et uniquement perçu une rémunération en qualité de co-gérante de cette société, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'a pas méconnu son engagement de service public exclusif pris dans le cadre du contrat qu'elle a signé avec le CHET le 7 mars 2016. Par suite, c'est à bon droit que le CHET a émis le titre en litige d'un montant de 5 247,38 euros afin de récupérer l'intégralité de l'indemnité d'engagement de service public exclusif qu'elle a indument perçue.
5. En deuxième lieu, les dispositions précitées, qui ne prévoient pas que le renouvellement du contrat d'engagement de service public exclusif puisse intervenir de manière tacite, impliquent nécessairement que celui-ci intervienne par voie d'avenant ou de nouveau contrat. En l'espèce, le contrat signé par la requérante avec le CHET qui expirait le 1er janvier 2019, n'a pas fait l'objet d'un avenant de renouvellement. Il suit de là que c'est à bon droit que le CHET a émis un titre d'un montant de 3 509,90 euros correspondant à la somme qu'elle a indûment perçue pour la période postérieure à la fin de son contrat d'engagement de service public exclusif.
6. En dernier lieu, si Mme B soutient qu'elle remplissait toutes les conditions pour bénéficier de l'indemnité d'engagement de service public exclusif au titre des années 2013, 2014 et 2015, il est constant qu'elle n'a pas signé un contrat d'engagement exclusif pour une durée de trois ans avec le CHET pour cette période alors que comme le prévoit les dispositions rappelées au point 2, le versement de cette indemnité est strictement subordonné à la signature d'un contrat d'engagement et au respect de celui-ci. Il en résulte que Mme B n'est pas fondée à soutenir que le CHET n'aurait pu légalement refuser de lui verser la somme de 2 942,50 euros correspondant à cette indemnité.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de Mme B à fin d'annulation des titres de recettes n°H1005436 et n°H1005437 émis à son encontre, et à fin de décharge des sommes réclamées par compensation, doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHET, qui n'est pas la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros à verser au CHET au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera la somme de 1 500 euros au CHET en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au centre hospitalier Edouard Toulouse et à la Trésorerie Marseille Hospitalière.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Frédérique Simon, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Journoud
La présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régional de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026