jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102677 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LE ROUX-BRIN-KUJAWA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2021, le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier 4 rue de la Javie, représenté par Me d'Almaric, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 septembre 2020 par lequel le maire de Marseille a délivré à l'Eurl Kaufman and Broad Méditerranée un permis de construire un ensemble immobilier de 95 logements collectifs sur une parcelle cadastrée section E n°225, située rue de la Javie dans le 14ème arrondissement ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît l'article UC5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) et les dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Multi-sites " relatives aux règles d'insertion du projet dans l'environnement ;
- il méconnaît l'article UC6 dudit règlement du PLUi et les dispositions de ladite OAP relatives aux règles d'implantation des constructions ;
- il méconnaît l'article UC7 du règlement du PLUi et les dispositions de ladite OAP relatives à la préservation des boisements ;
- il méconnaît l'article UC9 dudit règlement ;
- il méconnaît l'article UC10 dudit règlement ;
- il méconnaît l'article 3.6 des dispositions générales et de l'article UC11 du règlement du PLUi ;
- il méconnaît l'article UC12 dudit règlement.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juillet 2021, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2021, l'Eurl Kaufman and Broad Méditerranée, représentée par Me Brin, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier 4 rue de la Javie en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que :
- le syndic de copropriété ne justifie pas de sa qualité à agir ;
- il ne justifie pas de son intérêt à agir.
Elle fait valoir, à titre subsidiaire, que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 juillet 2022, a été prononcée, en application des articles R.611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Par une lettre du 21 novembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, que le tribunal pourrait juger que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC11 et de l'article 3.6 des dispositions générales du PLUi est fondée, d'estimer que cette illégalité est susceptible d'être régularisée et, en conséquence, de sursoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai qu'il aura fixé pour cette régularisation.
En réponse à cette lettre d'information relative à l'emploi éventuel de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, des observations présentées pour l'EURL Kaufman and Broad Méditerranée ont été enregistrées le 22 novembre 2022. Le requérant a présenté des observations le 23 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 ;
- le décret n° 67-223 du 17 mars 1967 ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- et les observations de Me d'Almaric pour le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier 4 rue de la Javie et de Me Brin pour l'Eurl Kaufman and Broad.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 25 septembre 2020, le maire de Marseille a délivré à l'Eurl Kaufman and Broad Méditerranée un permis de construire un ensemble immobilier de 95 logements collectifs pour une surface de plancher créée de 5 750 m² sur un terrain d'une superficie de 5 161 m² cadastré section 893 E n°225 situé rue de la Javie dans le 14ème arrondissement. Le 25 novembre 2021, le maire de Marseille a délivré à l'Eurl Kaufman and Broad Méditerranée un permis de construire modificatif. Par sa requête, le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier 4 rue de la Javie demande au tribunal de prononcer l'annulation du 25 septembre 2020.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 et de l'article 55 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 que, dans les cas où une autorisation est requise, le syndic, agissant au nom de la copropriété, est tenu de disposer, sous peine d'irrecevabilité de sa demande, d'une autorisation formelle de l'assemblée générale des copropriétaires pour agir en justice en son nom, habilitation qui doit préciser l'objet et la finalité du contentieux engagé. Le pouvoir ainsi donné au syndic est compris dans les limites qui ont, le cas échéant, été fixées par la décision de l'assemblée générale.
3. Il ressort des pièces du dossier que l'assemblée générale de la copropriété 4 rue de la Javie a, lors de son assemblée générale du 26 avril 2021, donné mandat au syndic en exercice afin d'agir en justice pour solliciter l'annulation de l'arrêté attaqué. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par l'Eurl Kaufman and Broad et tirée du défaut de qualité à agir du syndic doit être écartée.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction. Il en va de même lorsque le requérant est un syndicat de copropriétaires.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'ensemble immobilier projeté, portant sur deux immeubles en R+4 et 95 logements, est implanté sur la parcelle adjacente au sud de l'immeuble de la copropriété 4 rue de la Javie. Eu égard à son importance, sa visibilité et à sa proximité, ce projet est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien de cette copropriété, notamment en terme de perte d'ensoleillement et de vue. Par suite, le syndicat requérant justifie d'un intérêt à demander l'annulation du permis de construire autorisant l'implantation de ce projet. La fin de non-recevoir, opposée par l'Eurl Kaufman and Broad, doit donc être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. En premier lieu, l'arrêté du 25 septembre 2020 a été signé par Mme C B, 10ème adjointe au maire en charge de l'urbanisme et du développement harmonieux de la ville, qui disposait d'une délégation de signature consentie par le maire de Marseille par arrêté du 20 juillet 2020, régulièrement publié et affiché, à l'effet de signer, notamment les actes relatifs à l'urbanisme et au droit du sol. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article UC5 du règlement du PLUi : " la hauteur de façade maximale autorisée en zone UC2 est de 16.00 mètres, avec 1,5m supplémentaire pour la hauteur de l'acrotère. ". Il est constant que le projet en litige respecte ces dispositions. Si l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " MultiSites " fixe comme principe la modulation de cette règle de hauteur des façades selon l'environnement urbain et paysager du projet, dans l'objectif de rechercher, en lieu et place de la volumétrie maximale, une meilleure expression architecturale du projet, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des photographies d'insertion, que le projet, eu égard à son volume et son implantation, serait incompatible avec ces principes et objectifs qualitatifs prescrits par l'OAP.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article UC6 du règlement du PLUi : : " a) À défaut d'indication sur le règlement graphique (implantation imposée, marge de recul, marge de recul "entrée de ville", polygone d'implantation ou polygone constructible), la distance mesurée horizontalement entre tout point d'une construction et le point le plus proche des limites des emprises publiques ou des voies, existantes ou futures, est supérieure ou égale à : () dans les zones UC1 à UC7, 4 mètres. b) La distance mesurée horizontalement entre tout point d'une construction et le point le plus proche des limites de terrains opposés par rapport aux voies ou emprises publiques existantes ou futures est supérieure ou égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points () ". Le règlement du PLUi précise, en disposition liminaire au chapitre relatif à l'implantation des constructions en zone UC, que " ne sont pas soumis aux dispositions des articles 6, 7 et 8 : () les murs de plateforme (cf règles déterminées dans les dispositions générales et particulières) () ". Enfin, le lexique dudit règlement définit le mur de plateforme comme une " structure ou ouvrage qui soutient le terrain fini après remblai ou le terrain naturel après déblai et dont la forme peut être celle d'un mur, d'un enrochement ", et se différencie du " mur de soutènement " qui correspond à un " ouvrage qui soutient le terrain naturel (sans déblai) ".
10. D'une part, le projet prévoit la création d'un mur qualifié " de soutènement ", situé en façade Ouest du bâtiment B, donnant sur la rue de la Javie. Il ressort cependant des pièces du dossier que le mur ainsi créé nécessite le décaissement du talus séparant la voie publique du bâtiment B. Dans ces conditions, le mur projeté, qui soutient le terrain naturel après déblai, doit être qualifié de " mur de plateforme ", auquel l'article UC6 du PLUi n'est donc pas opposable. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC6 ne peut qu'être écarté comme inopérant.
11. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le bâtiment B1 projeté ne respecterait pas, à son angle Sud-Ouest, la distance minimale fixée par le b) de l'article UC6 avec la limite séparative des terrains situées à l'opposé de la rue de la Javie. Un tel moyen doit dès lors être écarté.
12. Enfin, si l'OAP " MultiSites " prescrit un traitement paysager des retraits par rapport aux emprises publiques, il ressort des pièces produites au dossier de demande de permis, notamment du plan de masse paysager, que le projet prévoit une végétalisation des espaces de retrait ainsi que le long de la voie publique, avec la plantation d'arbres de haute tige dans les espaces de retrait supérieurs à 6 mètres. La circonstance, à la supposer établie, que l'angle Sud-Ouest du bâtiment B1, ne prévoirait pas, sur une distance minime, la plantation d'arbustes, n'est en tout état de cause pas de nature à établir une incompatibilité du projet avec le principe du traitement paysager des retraits par rapport aux emprises publiques prévu par cette OAP.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article UC7 du règlement du PLUi de Marseille-Provence : " En l'absence de polygone constructible sur le règlement graphique, la distance (d) mesurée horizontalement entre tout point d'une construction et le point le plus proche d'une limite séparative est supérieure ou égale et à la moitié de la différence d'altitude (DA) entre ces deux points sans être inférieure à 3 mètres (). L'altitude de la limite doit être mesurée au niveau du fonds voisin et non au niveau du terrain du projet. ".
14. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment A1 se situe, à son angle Nord-Est, à une distance de 6,05 m de parcelle de la copropriété requérante et que la différence altimétrique entre le point le plus haut du bâtiment et le terrain de la copropriété est de 11,07 mètres. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le projet méconnaîtrait l'article UC7 du PLUi.
15. D'autre part, l'OAP MultiSites précise que " dans les cas où il existe des boisements ou des alignements d'arbres significatifs sur le terrain, l'implantation des bâtiments doit être organisée pour que les éléments végétaux soient préservés et que les espaces lires soient généreux " et qu'il convient d'" implanter les constructions de manière à créer et/ou préserver des espaces verts généreux et d'un seul tenant. () Afin de préserver les arbres de haute tige de manière pérenne, une distance minimale de trois mètres séparera les constructions, y compris enterrées, des arbres de haute tige ". Il ressort des photographies aériennes que le terrain d'assiette supporte, en l'état, un entrepôt commercial et un vaste parking, la végétation existante se composant d'un talus arboré, situé en bordure de terrain. Le permis de construire fixe comme prescription la conservation de ce talus qui constitue " un intérêt biologique dans la continuité du parc de Mongolfier ainsi qu'un intérêt paysager, eu égard à la taille et la qualité de certains sujets, notamment de chênes verts ". Il ressort des plans paysagers produits à l'appui du permis de construire modificatif que le projet prévoit la préservation de l'essentiel de la butte arborée existante s'inscrivant dans la continuité du parc Mongolfier, à l'Est du projet, ainsi que la frange arborée située en bordure de la rue de la Javie, à l'Ouest du projet, en procédant notamment à la plantation de nombreux sujets de haute tige. Enfin, il n'est pas démontré que certains de ces sujets de haute-tige seraient plantés à une distance inférieure à 3 mètres des bâtiments projetés. Dans ces conditions, le syndicat requérant n'est pas fondé à soutenir que le projet, au regard notamment des pièces produites à l'appui du permis de construire modificatif, serait incompatible avec les principes énoncés par l'OAP MultiSites.
16. En cinquième lieu, aux termes de l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal relatif à la qualité des constructions: " Constructions nouvelles : () Le choix et l'emploi des matériaux et coloris doivent concourir à la qualité architecturale de la construction et ne doivent pas être de nature à compromettre son insertion dans le site (nature, aspect, couleur). ". Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
17. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
18. Il ressort des documents graphiques et d'insertion et de l'avis des architectes des bâtiments de France du 1er juillet 2020 que le projet a vocation à s'implanter dans un quartier résidentiel mixte hétérogène sans enjeu patrimonial notable qui se compose de zones d'habitat collectif de toutes tailles d'architectures similaires ainsi que de quelques maisons isolées. Ainsi, les constructions en litige, dont les hauteurs en R+4 et l'ordonnancement correspondent à ceux de ces constructions anciennes et nouvelles, s'insèrent bien dans le cadre urbain constitué par les habitations environnantes. En outre, le maire, en se référant expressément à l'avis des architectes des bâtiments de France précité dans l'arrêté du 25 septembre 2020 en litige, a implicitement mais nécessairement refusé les teintes jaunes vif envisagées pour les loggias, ledit avis demandant à ce que soient " évitées les teintes trop vives : le blanc pur et le jaune " et que soient en revanche prévues " des teintes plus douces tout en maintenant une nuance sur les loggias ". Par suite, le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier 4 rue de la Javie n'est pas fondé à soutenir que le maire de Marseille a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article UC9 du plan local d'urbanisme intercommunal et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en délivrant le permis contesté.
19. En sixième lieu, aux termes de l'article 3.6 des dispositions générales : " les articles 11 des règlements de chaque zone ne s'appliquent pas pour les constructions destinées à des logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat ". Cet article prescrit, pour les projets situés en dehors de la zone de bonne desserte, un minimum d'une place de voiture par logement, d'une place pour deux-roues motorisé par tranche entamée de six places voiture et, pour les vélos, d'un m² de stationnement par tranche de 45m² de surface de plancher entamée. Si la notice descriptive prévoit la réalisation de 95 places de stationnement voitures, 16 places de stationnement pour les deux-roues motorisées et 130 m² de local vélos, et que les plans de coupe permettent de visualiser les sous-sols en R-1 et R-2 des bâtiments projetés, aucun plan de masse ni aucun document annexe ne permet cependant de s'assurer que la création du nombre déclaré d'emplacements de stationnement était réalisable et notamment, comme le soutient le syndicat requérant, de la faisabilité et de la localisation des places de stationnement pour les deux-roues motorisées et la superficie nécessaire aux vélos. Si les défendeurs font valoir que le pétitionnaire n'est pas tenu de produire les plans intérieurs à l'appui de sa demande, il revenait néanmoins à l'autorité administrative de s'assurer que le projet était conforme aux dispositions du document d'urbanisme relatives aux places de stationnement. Par suite, le syndicat requérant est fondé à soutenir que le service instructeur n'a pas été en mesure de déterminer, en raison du caractère incomplet du dossier, le nombre de places de stationnement et que son appréciation sur le respect des dispositions de l'article 3.6 des dispositions générales du règlement du PLUi a ainsi pu être faussée. Il ne ressort enfin pas des pièces du dossier que ce vice a été régularisé par le permis de construire modificatif délivré le 25 novembre 2021, ni même par les pièces nouvelles, produites par à la suite du courrier adressé aux parties en application des dispositions de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme, et qui n'ont en tout état de cause pas été soumises à l'appréciation du service instructeur.
20. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article UC12 du règlement du PLUi : " Pour accueillir une construction nouvelle, un terrain doit être desservi par une voie ou une emprise publique existante ou créée dans le cadre du projet et dont les caractéristiques permettent de satisfaire : aux besoins des constructions et aménagements ; et aux exigences de sécurité routière, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des ordures ménagères. (). Les accès sont aménagés de façon à ne pas créer de danger ou de perturbation pour la circulation en raison de leur position (notamment à proximité d'une intersection) ou d'éventuels défauts de visibilité. () ". Il résulte de ces dernières dispositions que lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
21. Il ressort des pièces du dossier que les futurs bâtiments seront desservis par deux accès, le premier étant l'accès existant depuis l'avenue Ansaldi, le second étant réalisé par la rue de la Javie. Ces deux voies sont suffisamment larges pour assurer l'accès au projet des engins de lutte contre l'incendie et pour répondre aux exigences de la sécurité publique. Si la rampe d'accès au R-2 du bâtiment B est en angle droit avec la rue de la Javie, cette rampe se situe à une distance approximative de quarante mètres par rapport à l'intersection de ladite rue avec l'avenue Ansaldi, suffisant à écarter l'existence d'un risque pour la sécurité de ses utilisateurs. Le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier 4 rue de la Javie n'est donc pas fondé à soutenir que le maire a méconnu les dispositions précitées de l'article UC12 du règlement du PLUi.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
22. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées () contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
23. Ces dispositions permettent au juge, lorsqu'il constate un vice qui entache la légalité de l'autorisation d'urbanisme attaquée mais qui peut être régularisé par une décision modificative, de rendre un jugement avant dire droit par lequel il fixe un délai pour cette régularisation et sursoit à statuer sur le recours dont il est saisi. Le juge peut préciser, par son jugement avant-dire droit, les modalités de cette régularisation.
24. Le vice évoqué au point 19, tenant à l'incomplétude du dossier de permis, qui n'a pas permis au maire de s'assurer du respect de l'article 3.6 des dispositions générales du règlement du PLUi, est susceptible d'être régularisé sans que cela implique d'apporter au projet en cause un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de surseoir à statuer et d'impartir à la commune de Marseille et à l'Eurl Kaufman and Broad un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement pour permettre cette régularisation.
D É C I D E :
Article 1 er: Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois, à compter de la notification du présent jugement, imparti à la commune de Marseille et à l'Eurl Kaufman and Broad pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant le vice retenu au point 19.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent arrêt sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier 4 rue de la Javie, à l'Eurl Kaufman and Broad Méditerranée et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Peyrot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
P. ALa présidente,
signé
I. HogedezLe greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
N°2102677
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026