mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102793 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP MAGNAN ANTIQ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mars 2021 et un mémoire enregistré le 30 mai 2022, M. B A, représenté par Me Antiq, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 20 janvier 2021 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours formé contre l'arrêté du 3 août 2020 ;
2°) d'ordonner une expertise avant-dire droit ;
3°) d'enjoindre au ministre des armées de lui verser une provision de 60 000 euros au titre de ses droits à pension et de fixer un nouveau taux d'invalidité pour ses pathologies et lui ouvrir en conséquence les droits à pension à compter de la date de sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- ses séquelles de vertiges doivent être dissociées de l'infirmité " cervicarthose " et rattachées à l'infirmité " syndrome subjectif des traumatisés crâniens " ;
- il est fondé à en faire la demande dès lors qu'aucune date de consolidation n'a été fixée ;
- il convient d'ordonner une expertise pour établir le lien de causalité entre ses vertiges et le syndrome subjectif des traumatisés crâniens ;
- son infirmité " gastralgies et colites avec diarrhées () " est imputable au service ;
- il convient d'ordonner une expertise pour en établir le lien de causalité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable car elle est identique à la requête " référé expertise et provision " n° 2102742 enregistrée le 29 mars 2021 et ne contient aucun moyen visant à contester la décision attaquée ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Le mémoire enregistré le 19 juillet 2022, présenté par le ministre des armées, n'a pas été communiqué.
Par une ordonnance du 20 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Simeray, rapporteure,
- et les conclusions de M. Grimmaud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a effectué son service militaire national du 1er juin 1973 au 9 janvier 1974. Il a été victime, le 11 septembre 1973, d'un accident à la descente du train en gare de Landivisiau, à la suite duquel il a subi une amputation haute du bras droit. Il bénéficiait, en dernier lieu, et depuis le 17 octobre 2012, d'une pension militaire d'invalidité au taux global de 100 % + 47°, assortie de l'allocation grands mutilés et de la majoration tierce personne, attribuée pour onze infirmités, octroyée par arrêté du 2 octobre 2017. Le 26 novembre 2018, il a sollicité la révision de sa pension militaire d'invalidité en raison d'une part, de l'aggravation de deux infirmités, dont celle de " cervicarthrose, cervicalgies () ", au taux de 35 % et d'autre part, de trois nouvelles infirmités : " névralgie d'Arnold ", " vertiges " et " troubles digestifs : diarrhées ". Par arrêté du 3 août 2020, la ministre des armées lui a concédé une pension militaire d'invalidité au taux global de 100 % + 49° assortie de l'allocation grands mutilés et de la majoration tierce personne pour douze infirmités, parmi lesquelles le " syndrome subjectif des traumatisés crâniens avec état névrotique invalidant " au taux de 45 % et " cervicarthrose avec vertiges. Cervicalgies () ", qui a été portée au taux de 45 %. M. A a formé, le 25 septembre 2020, un recours administratif préalable obligatoire contre cet arrêté auprès de la commission de recours de l'invalidité en tant qu'il associe ses séquelles de vertiges à celles de la cervicarthrose et qu'il rejette la prise en compte de sa nouvelle infirmité de " gastralgies et colites avec diarrhées () ". Par décision du 20 janvier 2021, dont M. A demande au tribunal l'annulation, la commission a rejeté son recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'infirmité " cervicarthrose - vertiges " :
2. Il résulte de l'instruction que M. A a, en premier lieu et suivant arrêté du 11 décembre 1979, bénéficié d'une pension militaire d'invalidité pour deux infirmités dont " syndrome subjectif des traumatisées crâniens () sensations pseudo vertigineuses ". La liste des infirmités ayant fait l'objet de droits à pension ultérieurs, notamment le " syndrome subjectif des traumatisés crâniens avec état névrotique invalidant ", ne mentionne plus de vertiges. Par arrêté du 8 décembre 2014, M. A s'est vu concéder une pension militaire d'invalidité pour l'infirmité " cervicarthrose - cervicalgies avec intense raideur articulaire et sensations vertigineuses " au taux de 35 %. Dans son rapport du 27 mai 2020, l'expert conclut que " si ce symptôme a été, à une époque, rattaché au syndrome subjectif des traumatisés crânien ", ce symptôme doit être considéré comme une aggravation de l'infirmité de cervicarthrose, compte tenu de son importance, et non comme une infirmité autonome. Sur la base de cette analyse, l'expert a fixé le taux d'invalidité de l'infirmité " cervicarthrose - cervicalgie avec intense raideur articulaire et fréquentes sensations vertigineuses responsables d'une perte d'équilibre avec risque de chute " au taux de 45 %. Ce diagnostic a été confirmé par le médecin conseil expert dans son avis du 19 juin 2020, qui a estimé que " les vertiges ne sont pas dus au syndrome subjectif des traumatisés crâniens et ne constituent pas une infirmité isolée. N'étant pas de cause ORL, ils sont justement rattachés à l'arthrose cervicale sévère ". Cet avis a été confirmé par la commission consultative médicale dans son avis du 7 juillet 2020, qui a retenu l'aggravation de cette infirmité au taux de 45 %. M. A, qui se borne à produire un compte-rendu médical daté du 1er septembre 2018 à la suite de son admission aux urgences pour une fracture du plancher de l'orbite droite, n'avance aucun élément médical de nature à contredire cette expertise et ces avis. La circonstance qu'une date de consolidation n'a pas été déterminée pour cette pathologie est sans influence sur cette appréciation et par conséquent, sur son droit à pension. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la ministre des armées devait dissocier l'infirmité " vertiges " de celle " cervicarthrose " et c'est à bon droit que cette autorité a fixé le taux de cette infirmité à 45 %.
En ce qui concerne l'infirmité nouvelle " gastralgies et colites () " :
3. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, applicable au litige : " Ouvrent droit à pension : / 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; / 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; / 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ; / 4° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'accidents éprouvés entre le début et la fin d'une mission opérationnelle, y compris les opérations d'expertise ou d'essai, ou d'entraînement ou en escale, sauf faute de la victime détachable du service ". En vertu de l'article L. 121-2 de ce code : " Lorsque la preuve que l'infirmité ou l'aggravation résulte d'une des causes mentionnées à l'article L. 121-1 ne peut être apportée, ni la preuve contraire, la présomption d'imputabilité au service bénéficie à l'intéressé à condition : / 1° S'il s'agit de blessure, qu'elle ait été constatée : / a) Soit avant la date du renvoi du militaire dans ses foyers ; / b) Soit, s'il a participé à une des opérations extérieures mentionnées à l'article L. 4123-4 du code de la défense, avant la date de son retour sur son lieu d'affectation habituelle () ".
4. Il résulte des dispositions des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre que si le demandeur d'une pension ne peut, comme en l'espèce, prétendre au bénéfice de la présomption légale d'imputabilité au service, il doit rapporter la preuve de l'existence d'un fait précis ou de circonstances particulières de service à l'origine de l'affection qu'il invoque. Cette preuve ne saurait résulter de la seule circonstance que l'infirmité soit apparue durant le service, ni d'une hypothèse médicale, ni d'une vraisemblance, ni d'une probabilité, aussi forte soit-elle.
5. Il résulte de l'instruction que l'expert a, dans son rapport du 27 mai 2020, considéré que les épisodes de " gastralgies et colites avec parfois diarrhées ", pour lesquels il a fixé un taux d'invalidité de 10 %, étaient sans cause précise, parfois liés à " un écart alimentaire modéré connu ". Il conclut que la prise d'antalgiques et d'anti-inflammatoires rendus obligatoires et ce depuis plus de quarante ans, pouvait être responsable de ces troubles, " d'autant que son médecin n'a pas trouvé d'autres causes et gère le problème de façon symptomatique ". Cette analyse a été confirmée par le médecin conseil expert chargé des pensions militaires d'invalidité dans son avis du 19 juin 2020 ainsi que par la commission consultative médicale le 7 juillet 2020. Contrairement à ce que soutient M. A, quand bien même elles n'identifient pas de cause précise à ces troubles, ces expertises sont suffisamment circonstanciées pour permettre d'établir l'absence d'imputabilité de cette infirmité au service. Le requérant produit un compte rendu de coloscopie et de gastroscopie du 9 octobre 2020, déjà soumis à la commission de recours de l'invalidité dans le cadre de son recours, qui confirme les troubles dont il est atteint mais ne se prononce pas sur leur imputabilité au service. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le ministre des armées a estimé que l'infirmité de M. A n'était pas imputable au service.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par le ministre des armées ni d'ordonner une mesure d'expertise, que les conclusions en annulation de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles tendant au versement d'une provision à valoir sur ses droits à pension.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présence instance, la somme demandée par M. A sur le fondement de ces dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère.
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
C. SimerayLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°2102793
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026