mercredi 24 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103060 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | TOUMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2021, M. B A, représenté par Me Michelet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 13 novembre 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle du sud (CLAC sud) a refusé de renouveler sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée ainsi que la délibération du 25 février 2021 de la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) portant rejet de son recours administratif préalable obligatoire ;
2°) d'enjoindre à la CLAC sud de réexaminer sa demande dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la délibération du 13 novembre 2020 de la CLAC sud est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait le principe du contradictoire et les droits de la défense ;
- elle est fondée sur l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure alors qu'en matière de renouvellement, seuls les articles L. 612-20-1 et R. 612-17 du même code sont applicables ;
- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " dans la mesure où elle est fondée sur une condamnation pénale qui est ancienne, isolée et compatible avec les fonctions d'agent de sécurité privée et qu'en outre, il est père de quatre enfants mineurs, est doté d'une personnalité équilibrée, a validé toutes ses formations et est très professionnel, ainsi qu'en atteste son dernier employeur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2021, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- seule la délibération du 25 février 2021 de la CNAC peut être contestée dès lors qu'elle s'est substituée à la délibération du 13 novembre 2020 de la CLAC sud ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Titulaire d'une carte professionnelle permettant l'exercice d'une activité privée de sécurité valable du 27 octobre 2015 au 27 octobre 2020, M. A s'est vu refuser le 13 novembre 2020 par la CLAC sud le renouvellement de cette carte. Il a alors adressé un recours administratif préalable obligatoire le 12 janvier 2021 à la CNAC du CNAPS, qui a rejeté ce recours par une délibération du 25 février 2021. M. A demande au tribunal d'annuler la délibération du 13 novembre 2020 de la CLAC sud ainsi que celle du 25 février 2021 de la CNAC et d'enjoindre à la CLAC sud de réexaminer sa demande sous astreinte.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 633-1 du code de la sécurité intérieure : " Les commissions d'agrément et de contrôle territorialement compétentes sont chargées, au nom du Conseil national des activités privées de sécurité : / 1° De délivrer les autorisations, agréments et cartes professionnelles prévus au présent livre ; / 2° De refuser, retirer ou suspendre les agréments, autorisations et cartes professionnelles pour exercer ces activités dans les conditions prévues au présent livre ; () ". Aux termes de l'article L. 633-3 du même code : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux ". Aux termes de l'article R. 633-9 de ce code : " () Toute décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle () ".
3. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
4. Les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A à l'encontre de la délibération du 13 novembre 2020 de la CLAC sud doivent être regardées comme dirigées contre la délibération du 25 février 2021 de la CNAC qui s'y est substituée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ".
6. La délibération du 25 février 2021 vise notamment l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. Par ailleurs, elle mentionne le quantum et le motif de la condamnation pénale infligée à M. A en 2017 ainsi que le fait que cette peine a été convertie en 2019 en une peine de jours amende. Elle conclut à l'absence de maîtrise de soi, incompatible avec l'activité souhaitée et révélée par les faits visés par la sanction pénale, lesquels sont qualifiés de graves et récents. Cette délibération comportant les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
8. M. A, qui a été invité, par courrier du 20 septembre 2020, à faire valoir ses observations au stade de l'instruction de sa demande, soutient qu'il aurait dû bénéficier, conformément aux conclusions du rapport d'activités du CNAPS de 2019, d'une enquête administrative approfondie de plusieurs semaines sur d'autres aspects que ceux strictement relatifs au jugement du 14 novembre 2017. Toutefois, outre que les conclusions de ce rapport d'activités sont dépourvues de valeur normative, l'obligation instituée par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration n'est pas applicable à une décision relative à la délivrance d'une carte professionnelle en qualité de d'agent privé de sécurité, qui est prise sur demande de l'intéressé et en cela se trouve au nombre des exceptions prévues par ces dispositions. Par suite, le moyen tiré par M. A de ce que la délibération attaquée aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière, en méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense, doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-20 du code de sécurité intérieure, dans sa version alors en vigueur : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions () ". Aux termes de l'article L. 612-20-1 du même code : " Le renouvellement de la carte professionnelle est subordonné au suivi d'une formation continue, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article R. 612-17 du même code : " La demande de renouvellement de la carte professionnelle est présentée, trois mois au moins avant sa date d'expiration, dans les mêmes conditions que celles prévues par la présente sous-section pour une demande de délivrance de la carte à l'exception, pour les ressortissants étrangers, de la production du document prévu au 3° de l'article R. 612-15. Elle comprend également l'attestation du suivi d'un stage de maintien et d'actualisation des compétences dans les conditions fixées à l'article R. 625-8. Lorsque la demande est complète, le Conseil national des activités privées de sécurité en délivre récépissé. Ce récépissé permet, jusqu'à l'intervention d'une décision expresse, une poursuite régulière de l'activité professionnelle ".
10. Si M. A soutient que la CNAC ne pouvait se fonder que sur une absence de formation continue pour refuser de renouveler sa carte d'agent privé de sécurité, il ressort des termes mêmes de l'article L. 612-20 du code de sécurité intérieure cité au point 9, que celui-ci ne s'applique pas qu'aux seuls cas de délivrances initiales mais également aux hypothèses de renouvellement. Par suite, le CNAPS n'a pas commis d'erreur de droit en se fondant sur l'article L. 612-20 du code de sécurité intérieure pour refuser à M. A de lui renouveler sa carte d'agent de sécurité.
11. Pour rejeter la demande de M. A tendant au renouvellement de sa carte d'agent privé de sécurité, la CNAC s'est fondée sur la circonstance que l'intéressé a été condamné le 14 novembre 2017 par le tribunal correctionnel de Marseille à une peine de 6 mois d'emprisonnement, dont deux fermes, pour des violences volontaires suivies d'incapacité n'excédant pas 8 jours commises le 4 décembre 2016 sur la personne de son fils de 14 ans. Si M. A soutient qu'il est doté d'une personnalité stable et équilibrée et qu'il s'est agi là d'un acte isolé, ancien et compatible avec l'exercice de ses fonctions, de tels faits révèlent un comportement susceptible de porter atteinte à la sécurité des personnes, incompatible avec l'exercice d'une activité privée de sécurité, laquelle requiert de savoir conserver son sang-froid en toute circonstance et de respecter autrui. Dans ces conditions, alors que la matérialité des faits de violences volontaires à l'encontre d'un mineur est établie et que de tels faits sont incompatibles, de par leur nature et leur gravité, avec l'exercice d'activités privées de sécurité, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la délibération litigieuse est entachée d'une erreur d'appréciation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CNAPS, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Boyé, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023
La rapporteure,
H. Forest
La présidente,
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
FL. Boyé
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026