mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103219 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HARBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2021, M. C B représenté par Me Harbi, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2020 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Marseille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident intervenu le 17 novembre 2020 et l'a placé en situation de congé maladie ordinaire ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre pénitentiaire de Marseille de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident du 17 novembre 2020 dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, de le placer en congé d'invalidité imputable au service du 18 novembre 2020 au 10 janvier 2021 et de prendre en charge les honoraires médicaux et les frais directement entraînés par son accident jusqu'au 15 mars 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission de réforme n'a pas été saisie au préalable ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation, dès lors que son accident est intervenu sur le lieu de travail, que son état d'anxiété a été constaté par un médecin et qu'il n'a aucun antécédent psychiatrique.
Par une ordonnance du 19 décembre 2023, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal, rapporteur,
- et les conclusions de M. Trébuchet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B est surveillant pénitentiaire affecté au centre pénitentiaire de Marseille depuis le 1er avril 2020. Le 17 novembre 2020, il a été victime d'un syndrome anxieux généralisé. Par une décision du 15 décembre 2020, le directeur du centre pénitentiaire de Marseille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident et l'a placé en situation de congé maladie ordinaire du 18 novembre 2020 au 4 janvier 2021 à plein traitement puis, par une décision du 14 janvier 2021, à demi-traitement jusqu'au 10 janvier 2021. M. B a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté le 15 février 2021. M. B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction en vigueur à la date du litige : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. / () ".
3. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un événement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion ou une affection physique ou psychologique, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
4. Pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi par M. B, le directeur du centre pénitentiaire de Marseille a estimé " la gestion d'incidents tels que le suicide fait partie des missions du personnel de surveillance, dès lors l'état psychologique de l'agent ne peut être mis en relation avec cet unique fait ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et n'est pas utilement contesté en défense, que l'accident de M. B est intervenu à l'occasion du service à la suite de la découverte du corps d'un jeune détenu qui s'est suicidé. Il ressort également de l'arrêt de travail délivré par le docteur D A du 18 novembre 2020 que le requérant a subi un " stress post-traumatique " à la suite de cet évènement. Il n'est pas établi, ni même allégué, que M. B aurait commis une faute personnelle. En outre, le fait que les surveillants pénitentiaires aient éventuellement à connaître de cas de suicide dans l'exercice de leurs fonctions ne constitue en aucun cas une circonstance particulière susceptible de détacher l'accident du service. Par suite, la décision en litige est entachée d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 15 décembre 2020 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Marseille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident et l'a placé en situation de congé maladie ordinaire doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. "
7. Par application de ces dispositions, il y a lieu, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, d'enjoindre au directeur du centre pénitentiaire de Marseille de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident de M. B intervenu le 17 novembre 2020, de le placer en congé d'invalidité imputable au service du 18 novembre 2020 au 10 janvier 2021 et de prendre en charge les honoraires médicaux et les frais directement entraînés par son accident jusqu'au 15 mars 2021 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Pour l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 décembre 2020 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Marseille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident de M. B et l'a placé en situation de congé maladie ordinaire est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre pénitentiaire de Marseille de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident de M. B intervenu le 17 novembre 2020, de le placer en congé d'invalidité imputable au service du 18 novembre 2020 au 10 janvier 2021 et de prendre en charge les honoraires médicaux et les frais directement entraînés par son accident jusqu'au 15 mars 2021dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 800 euros en application de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au directeur du centre pénitentiaire de Marseille et au Garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
M. Cabal, premier conseiller,
Mme Fayard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
Le rapporteur,
Signé
P.Y. CABAL
Le président,
Signé
F. SALVAGE
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au Garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026