mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103355 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BAGNIS DURAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 avril 2021 et 26 mai 2023, la société civile immobilière (SCI) Bruno, représentée par Me Bagnis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2021 par lequel le maire de la commune d'Ensuès-La-Redonne a refusé de délivrer un permis de construire concernant une concession automobile ;
2°) de condamner la commune d'Ensuès-La-Redonne à lui verser la somme de 1 000 000 d'euros en réparation de son préjudice économique ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Ensuès-La-Redonne une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté méconnaît l'article 1 b) de la zone UE du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal dès lors que cet article autorise les travaux sur des constructions existantes ;
- il méconnaît le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) et l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) sectorielle dès lors que le projet porte sur une extension et sur une destination autorisées ;
- il méconnaît l'OAP sectorielle dès lors qu'en zone AUe l'artisanat et le commerce de détail sont autorisés ;
- il est entaché d'erreur de fait dès lors que le plan modificatif n'inclut pas le chemin rural appartenant à la commune.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 mars et 13 juin 2023, la commune d'Ensuès-La-Redonne, représentée par Me Touitou, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 6 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Touiton, représentant la commune d'Ensues-la-Redonne.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) Bruno a sollicité, le 11 janvier 2021, la délivrance d'un permis de construire, sur les parcelles cadastrées section B nos 661, 760, 762, 478, 310, 708, 761, 758 et 759, des surfaces commerciales de 843 m2 et artisanale de 797 m2. Par la présente requête elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 février 2021 par lequel le maire de la commune d'Ensuès-La-Redonne a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté portant refus de permis de construire du 19 février 2021 a été pris aux motifs, d'une part, que le projet de construction ne porte pas sur des activités de bureaux, en méconnaissance de l'article 1er de la zone AUe du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) complété par l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) sectorielle et, d'autre part, que le plan de masse inclut dans l'assiette du projet une portion d'un chemin rural appartenant à la commune, sans autorisation.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 1er de la zone AU du règlement du PLUi : " a) En AUH, AUE, AUM, AUT et AUQ, toutes les constructions, activités, usages et affectations des sols qui sont autorisés ou admis (voir le tableau ci-dessous) doivent respecter les Orientations d'Aménagement et de Programmation (OAP) qui couvrent le (ou les) terrain(s)* concerné(s) () / b) En outre, sont autorisés les activités, usages et affectations des sols qui ne sont ni interdits ni admis sous condition par l'article 1a ". Selon le lexique du PLUi, une extension constitue un " agrandissement d'une construction légale* qui peut se traduire, par exemple, par une augmentation de l'emprise au sol (extension horizontale) et/ou par une surélévation (extension verticale) " qui doit notamment " avoir une surface de plancher et/ou une emprise au sol dont les dimensions ne dépassent pas : / -100 % de la surface de plancher et/ou 100 % de l'emprise au sol de la construction existante ".
4. Il ressort de la demande de permis de construire, qui porte sur des parcelles classées en zone AUe, que le projet implique de passer d'une surface commerciale de 180 m2 à 998 m2 et d'une surface artisanale de 550 m2 à 1 284 m2, soit une augmentation de plus de 100 % pour chacune de ces surfaces. Dans ces conditions, le projet ne porte pas sur une extension d'une construction existante au sens des dispositions du PLUi mentionnées ci-dessus, mais constitue une construction nouvelle. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait l'article 1er de la zone AU du règlement du PLUi dès lors que son projet impliquerait seulement des travaux sur une construction existante.
5. En deuxième, pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet porterait sur l'extension d'une construction existante et respecterait dès lors les destinations prévues par le PLUi et l'OAP.
6. En deuxième lieu, aux termes du j) de l'article 1er de la zone AU : " En AUE, sont admises les constructions de la destination " Commerce et activité de service " (à l'exception de la sous-destination " Cinéma* " qui est interdite) à condition : / - qu'elles s'implantent dans un pôle de vie* localisé dans une OAP sectorielle ou délimité sur le règlement graphique ; - et que ces constructions soient destinées à des commerces et activités de service de proximité, nécessaires au fonctionnement de la zone ; - et que, lorsque le pôle de vie* est délimité sur le règlement graphique, la surface de plancher totale des constructions, à l'échelle du terrain*, n'excède pas (). / Lorsque le pôle de vie* est localisé dans une OAP sectorielle : / - les surfaces de plancher maximales des constructions par sous-destinations ne sont pas fixées par le règlement mais peuvent être déterminées par l'OAP ; / - et la surface de plancher totale des constructions de la destination " Commerce et activité de service " ne pourra pas dépasser 4 000 m² ".
7. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles assiettes du projet sont comprises dans le périmètre d'une OAP mais, selon le document graphique, elles ne sont pas situées dans un pôle de vie. Dès lors, en application des dispositions mentionnées ci-dessus, les constructions de la destination " Commerce et activité de service " n'y sont pas autorisées. Or, il ressort des pièces du dossier que le projet porte en partie sur la construction d'une surface commerciale de 843 m2. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'OAP sectorielle, dès lors que la zone AUe autoriserait l'artisanat et le commerce de détail, doit être écarté.
8. En dernier lieu, si la société requérante fait valoir qu'elle a produit un plan modificatif n'incluant pas dans l'assiette du projet une partie du chemin rural appartenant à la commune, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce plan ait été joint au dossier de la demande de permis de construire au regard duquel l'arrêté attaqué a été pris. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait dès lors qu'un nouveau plan régulier aurait été, postérieurement à l'arrêté en litige, transmis à la commune, ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par la SCI Bruno doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
10. La SCI Bruno n'établissant pas l'illégalité de l'arrêté en litige, ses conclusions à fin d'indemnisation des préjudices subis compte tenu du refus de permis de construire ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Ensuès-La-Redonne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SCI Bruno demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SCI Bruno une somme de 1 500 euros à verser à la commune d'Ensuès-La-Redonne au titre des frais de même nature.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par la SCI Bruno est rejetée.
Article 2 : La SCI Bruno versera une somme de 1 500 euros à la commune d'Ensuès-La-Redonne sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Bruno et à la commune d'Ensuès-La-Redonne.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
C. Arniaud
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026