jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FIORENTINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 avril 2021 et le 7 octobre 2022, la commune d'Entrevaux, représentée par Me Martinez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du conseil syndical du syndicat intercommunal d'énergie et de réseaux de télécommunication des cantons d'Annot et d'Entrevaux n°20/16 du 17 décembre 2020 fixant les cotisations des communes au syndicat pour l'année 2021, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 12 février 2021 ;
2°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal d'énergie et de réseaux de télécommunication des cantons d'Annot et d'Entrevaux le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération du 17 décembre 2020 est dépourvue de motivation en violation de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la délibération du 29 octobre 2020 qui constitue sa base légale, dès lors que celle-ci a été édictée selon une procédure irrégulière, et est entachée d'erreur de droit ;
- la délibération du 17 décembre 2020, qui met à sa charge une cotisation disproportionnée, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 12 septembre et le 28 octobre 2022, le syndicat intercommunal d'énergie et de réseaux de télécommunication des cantons d'Annot et d'Entrevaux, représenté par Me Fiorentino, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la commune d'Entrevaux une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'aucune délibération n'autorisant le maire à ester en justice n'est produite à l'instance et que la requête est tardive ;
- aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Martinez représentant la commune d'Entrevaux.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat intercommunal d'énergie et de réseaux de télécommunication des cantons d'Annot et d'Entrevaux (SIERT), dont la commune d'Entrevaux est membre, a été constitué par arrêté du préfet des Basses-Alpes le 5 juin 1935. Il a pour objet d'exercer, pour le compte des communes membres, les compétences relatives à l'éclairage public et aux télécommunications. Par une délibération du 29 octobre 2020, le conseil syndical a sollicité du préfet des Alpes de Haute-Provence une modification de l'article 7 de ses statuts intitulé " Ressources du syndicat ", instaurant le principe de la détermination de la cotisation des communes en fonction d'un montant fixé par habitant et/ou par point lumineux par commune. Par une délibération du 17 décembre 2020, le SIERT a décidé d'augmenter la cotisation annuelle des treize communes membres du syndicat en portant la cotisation pour 2021 de 26 euros à 68 euros par habitant. La commune d'Entrevaux est ainsi redevable de la somme de 59 432 euros pour 2021. La commune requérante demande au tribunal l'annulation de cette délibération ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 12 février 2021.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 100-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Au sens du présent code et sauf disposition contraire de celui-ci, on entend par : / 1° Administration : les administrations de l'Etat, les collectivités territoriales, leurs établissements publics administratifs () " et aux termes de l'article L. 211-1 du même code relatif au chapitre sur la motivation des actes administratifs : " Le présent chapitre est applicable, () aux administrations mentionnées au 1° de l'article L. 100-3 ()/
Il s'applique également aux relations entre les administrations. " et selon l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ;() " et aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La délibération du 17 décembre 2020 par laquelle le SIERT, établissement public administratif de coopération intercommunale, a fixé le montant et la répartition de la cotisation annuelle de ses treize communes membres, ne présente pas le caractère d'une décision administrative individuelle. Par suite, la décision en litige n'entrant dans aucune des catégories de mesures qui doivent être motivées en application des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration, le moyen doit être écarté comme inopérant.
4. En second lieu, à supposer que la commune requérante ait entendu soulever le moyen tiré du défaut d'information suffisante des élus sur la modification de la contribution envisagée par le SIERT, il ressort toutefois des documents d'information adressés préalablement aux délégués des communes membres siégeant au conseil syndical et du procès-verbal de séance que ceux-ci ont pu utilement délibérer au sujet de l'augmentation de la contribution envisagée par le syndicat. Le moyen doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
5. En premier lieu, l'illégalité d'un acte administratif non réglementaire ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. Cette exception n'est recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée.
6. Aux termes de l'article L. 5211-20 du code général des collectivités territoriales auquel renvoie le premier alinéa de l'article L. 5711-1 du même code : " L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale délibère sur les modifications statutaires autres que celles visées par les articles L. 5211-17 à L. 5211-19 et autres que celles relatives à la dissolution de l'établissement. / A compter de la notification de la délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale au maire de chacune des communes membres, le conseil municipal de chaque commune dispose d'un délai de trois mois pour se prononcer sur la modification envisagée. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée favorable. / La décision de modification est subordonnée à l'accord des conseils municipaux dans les conditions de majorité qualifiée requise pour la création de l'établissement. /La décision de modification est prise par arrêté du représentant ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements intéressés. ".
7. Il résulte de ces dispositions que le projet de modification des statuts d'un syndicat intercommunal approuvé par le conseil syndical de ce dernier doit être soumis au préfet de département pour décision après accord des communes membres du syndicat à la majorité qualifiée. La délibération du 29 octobre 2020 dont la commune requérante excipe de l'illégalité à l'appui de la contestation de la délibération du 17 décembre 2020 ne revêt ainsi que le caractère d'un acte préparatoire à une décision ultérieurement prise par le préfet des Alpes de Haute-Provence. Partant, cette délibération ne revêtant pas un caractère décisoire, la commune d'Entrevaux n'est en tout état de cause pas recevable à exciper de son illégalité en soutenant qu'elle constituerait la base légale de la délibération du 17 décembre 2020 en litige. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 5212-19 du code général des collectivités territoriales, " Les recettes du budget du syndicat comprennent : / 1° La contribution des communes associées ; () ". Enfin, aux termes de l'article L. 5212-20 du même code : " La contribution des communes associées mentionnée au 1° de l'article L. 5212-19 est obligatoire pour ces communes pendant la durée du syndicat et dans la limite des nécessités du service telle que les décisions du syndicat l'ont déterminée ". Aux termes de l'article 7 des statuts du SIERT approuvés par arrêté du préfet des Alpes de Haute-Provence du 31 décembre 2013 en vigueur à la date de la délibération du 17 décembre 2020, intitulé " Ressources du syndicat " : " le syndicat tire ses ressources d'une cotisation volontaire des communes. Le montant par habitant et par commune sera institué et fixé par le conseil syndical. () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que par délibération du 17 décembre 2020, le SIERT a décidé d'augmenter la cotisation annuelle des treize communes membres du syndicat pour 2021 en la portant de 26 à 68 euros par habitant. Si la commune requérante soutient que le montant de l'augmentation ainsi décidée est disproportionné au regard du coût de revient du service rendu et qu'il a pour seule vocation de combler le déficit de trésorerie du syndicat, il ressort des pièces comptables versées au dossier que les cotisations fixées par la délibération du 17 décembre 2020 avaient pour objet de couvrir les dépenses d'investissement et de fonctionnement du SIERT, et permettaient au syndicat de rééquilibrer son budget au regard des dépenses des sections de fonctionnement et d'investissement dans un contexte d'augmentation de ces dépenses et d'absence de capacité d'autofinancement. Dès lors, l'augmentation de la contribution en litige ne peut être regardée comme excédant les limites des nécessités du service telles que les décisions du syndicat les ont déterminées. Enfin, si la commune se prévaut de l'article L. 2224-2 du code général des collectivités territoriales en vertu duquel il est en principe interdit aux communes de prendre en charge dans leur budget propre des dépenses des services publics à caractère industriel ou commercial, elle n'apporte pas de précisions utiles au soutien de ce moyen, alors qu'il ne ressort par ailleurs d'aucune des pièces du dossier que les cotisations en litige, destinées au financement des compétences du syndicat incluant les travaux et le fonctionnement du service d'éclairage public, prendraient en charge des dépenses d'un service public industriel et commercial. Dans ces conditions, la commune d'Entrevaux n'est pas fondée à soutenir que le SIERT aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans la détermination du montant des contributions des communes membres pour 2021.
10. En troisième et dernier lieu, le moyen tiré de la rupture du principe d'égalité entre les communes, à le supposer invoqué, n'est pas assorti de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors au demeurant que la répartition de la charge des contributions entre les communes a été déterminée conformément aux statut du syndicat alors en vigueur et selon les mêmes modalités pour l'ensemble des communes, et que la suppression, postérieure à la délibération contestée, de la possibilité de financement par fonds de concours demeure sans influence à cet égard.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de la commune d'Entrevaux tendant à l'annulation de la délibération du conseil syndical du syndicat intercommunal d'énergie et de réseaux de télécommunication des cantons d'Annot et d'Entrevaux n°20/16 du 17 décembre 2020 ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 12 février 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du SIERT, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par la commune d'Entrevaux, et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Entrevaux le paiement au SIERT d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la commune d'Entrevaux est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du syndicat intercommunal d'énergie et de réseaux de télécommunication des cantons d'Annot et d'Entrevaux tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune d'Entrevaux et au syndicat intercommunal d'énergie et de réseaux de télécommunication des cantons d'Annot et d'Entrevaux.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
E. Fabre
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Alpes de Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026