mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ARHEIX |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 29 avril 2021, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a transmis au tribunal administratif de Marseille la requête, enregistrée le 22 avril 2021, présentée pour M. B A par Me Arheix. Par cette requête, enregistrée au Tribunal administratif de Marseille le 29 avril 2021, et un mémoire, enregistré le 25 avril 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 20 avril 2021 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé la mise à exécution d'un arrêté d'expulsion du 17 novembre 1998 à destination de l'Espagne ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Il soutient que :
Sur la légalité de la décision en ce qu'elle prononce son expulsion du territoire français :
- la décision doit être analysée comme un nouvel arrêté d'expulsion ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les droits de la défense dès lors qu'il n'a pas pu faire valoir ses observations préalablement à l'édiction de la décision attaquée ;
- son droit à être entendu a été méconnu ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure ;
- elle méconnaît l'article L. 521-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est parent d'un enfant français mineur ;
- elle méconnaît l'article L. 313-11 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 524-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 6-5 de l'accord franco-algérien, est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ses attaches privées et familiales se situent en France ;
- elle méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnaît l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il ne représente plus une menace à l'ordre public ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- l'auteur de la décision est incompétent dès lors qu'il n'est pas justifié que la délégation de signature aurait été publiée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision ;
- elle méconnaît l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Convention internationale des droits de l'enfant ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique du 21 juin 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 5 janvier 1967 à Oued Rhiou (Algérie) a fait l'objet, le 17 novembre 1998, d'un arrêté d'expulsion exécuté le 24 du même mois à la suite de sa condamnation à des peines d'emprisonnement et d'interdiction du territoire par un jugement du tribunal correctionnel de Metz du 9 mai 1995 et par un arrêt de la chambre des appels correctionnels de la Cour d'Appel de Metz du 23 décembre 1998. L'intéressé déclare être revenu en France en 2009 et s'être, depuis lors, maintenu sur le territoire national. Par un courrier du 27 décembre 2013, il a sollicité l'abrogation de l'arrêté du 17 novembre 1998, laquelle lui a été refusée le 14 mars 2014. A la suite de son interpellation, le 22 février 2015, dans le cadre d'un contrôle d'identité, alors qu'il était muni d'une carte de résident de longue durée délivrée par les autorités espagnoles, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris à son encontre, le lendemain, un arrêté ordonnant la mise à exécution de l'arrêté d'expulsion du 17 novembre 1998. Cet arrêté a été annulé par un arrêt n° 17MA02898 de la Cour administrative de Marseille du 28 juin 2018. A la suite de son interpellation, le 19 avril 2021, dans le cadre d'un contrôle d'identité, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris à l'encontre de M. A, le lendemain, un arrêté ordonnant la mise à exécution de l'arrêté d'expulsion du 17 novembre 1998 et dont il demande au Tribunal l'annulation.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. M. A ayant été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juin 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Marseille, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Sous réserve des dispositions des articles L.521-2, L. 521-3 et L. 521-4, l'expulsion peut être prononcée si la présence en France d'un étranger constitue une menace grave pour l'ordre public. ".
4. D'une part, compte tenu de l'ancienneté de l'arrêté d'expulsion du 17 novembre 1998 dont faisait l'objet M. A, le préfet des Bouches-du-Rhône, en décidant, le 20 avril 2021, sa mise à exécution, doit être regardé comme ayant alors pris à son encontre un nouvel arrêté d'expulsion.
5. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas, au demeurant, contesté en défense que M. A aurait commis de nouvelles infractions ou d'autres actes de nature à porter atteinte à l'ordre public depuis 1998. Ainsi, comme il le soutient, il ne constituait plus, à la date de l'arrêté attaqué, une menace pour l'ordre public. Dès lors, en décidant néanmoins son expulsion par cet arrêté, le préfet a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 20 avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Dès lors que le préfet des Bouches-du-Rhône n'était, en l'espèce, saisi d'aucune demande de M. A, notamment en vue de la délivrance d'un titre de séjour temporaire, l'annulation prononcée par le présent arrêt n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par l'intéressé doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Arheix, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement de 1 000 euros à Me Arheix.
9. La présente instance n'ayant occasionné aucun dépens, les conclusions tendant à l'application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 20 avril 2021 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à Me Arheix une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Arheix renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Arheix et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Haïli, premier conseiller faisant fonction de président,
Mme Beyrend, premier conseiller,
Mme Pilidjian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
H. CLe président,
signé
X. HAÏLI
La greffière,
signé
C. CHARLOIS
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026