mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103816 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CHAMPDOIZEAU-PASCAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 avril 2021, M. A B, représenté par Me Champdoizeau-Pascal, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2021 par lequel la préfète de police des Bouches-du-Rhône lui a ordonné de se dessaisir des armes en sa possession, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes et munitions et l'a inscrit au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) ;
2°) d'enjoindre à la préfète de police des Bouches-du-Rhône d'effacer son inscription au FINIADA, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il a présenté des observations ;
- il n'a pas commis les faits de vol qui lui sont reprochés ;
- il est dans l'impossibilité pratique de remettre ses armes dans la mesure où aucun récépissé de déclaration d'acquisition ne lui a été remis par les services préfectoraux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, la préfète de police des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, titulaire d'une licence de ball-trap délivrée en 2019, a déclaré le 26 juillet 2019 l'acquisition d'un fusil de chasse. A la suite de l'enquête administrative diligentée à son encontre, il a été informé par un courrier du 29 juillet 2019 de ce que la préfète de police des Bouches-du-Rhône envisageait d'engager une procédure de dessaisissement des armes en sa possession. Eu égard à l'inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire de M. B d'une condamnation pour des faits de port et transport d'arme de catégorie D sans motif légitime, la préfète de police a, par un arrêté du 22 février 2021, ordonné à M. B de se dessaisir de ses armes, lui a interdit d'en acquérir ou d'en détenir et l'a inscrit au FINIADA. Entre-temps, l'intéressé avait acquis deux fusils et deux carabines. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 février 2021.
2. Aux termes de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C ()/1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes ()/ -port, transport et expéditions d'armes, de munitions ou de leurs éléments des catégories C ou D sans motif légitime prévus aux articles L. 317-8 et L. 317-9 du présent code () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait du casier judiciaire de M. B produit en défense par la préfète de police, qu'à la date de la décision attaquée, cet extrait comportait au bulletin numéro 2 l'inscription d'une condamnation prononcée le 3 septembre 2019 par le tribunal de grande instance de Marseille, pour des faits, commis le 17 juillet 2019, de " port sans motif légitime d'une arme blanche ou incapacitante de catégorie D " et " transport sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D ", les armes en cause étant une machette et une hache. Compte tenu de cette seule mention, la préfète de police des Bouches-du-Rhône était tenue, en application des dispositions précitées de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure, d'ordonner à M. B de se dessaisir de ses armes et de lui en interdire l'acquisition. Dès lors que la préfète de police a légalement prononcé les mesures en litige pour ce seul motif, le requérant ne saurait utilement soutenir qu'il n'aurait pas commis, le 30 décembre 2015, les faits de vol en réunion pour lesquels il s'était signalé, la mention de ces faits dans l'arrêté attaqué revêtant un caractère superfétatoire.
4. Il résulte de cette situation de compétence liée que les moyens tirés de l'insuffisante motivation de l'arrêté litigieux, à le supposer soulevé, de l'existence d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation et de l'impossibilité d'exécuter la mesure de dessaisissement en litige, ce dernier moyen étant également inopérant en tant qu'il porte sur les conditions d'exécution de la décision contestée, doivent être écartés comme inopérants.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 22 février 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de police des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère.
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026