jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103863 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SINGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 avril 2021, M. C B, représenté par Me Singer, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de la délivrance tardive du titre professionnel de gestionnaire de paie en février 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Provence-Alpes-Côte d'Azur (DIRECCTE) a commis une faute en confiant à l'organisme de formation association éducation cognitive et développement (AECD) la formation de gestionnaire de paie et l'organisation de l'examen d'accès à ce titre après l'annulation de la session d'examen du 24 au 30 juillet 2020 ;
- l'Etat a commis une faute résultant du retard dans la délivrance de titre ;
- il a subi un préjudice financier et moral qui doit être réparé.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2022, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2009-1377 du 10 novembre 2009 ;
- l'arrêté du 21 juillet 2016 portant règlement général des sessions d'examen pour l'obtention du titre professionnel du ministère chargé de l'emploi ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de Mme Birsen Sarac-Deleigne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a suivi une formation dispensée par l'association éducation cognitive et développement (AECD), organisme de formation, du 27 janvier au 31 juillet 2020 pour l'acquisition du titre professionnel de gestionnaire de paie. Il a participé à la session d'examen qui s'est déroulée du 24 au 30 juillet 2020. Par un courrier du 28 octobre 2020, le DIRECCTE de Provence-Alpes-Côte d'Azur l'a informé de sa décision de ne pas valider les procès-verbaux de la session d'examen, d'annuler cette session et a indiqué charger l'AECD de l'organisation d'une nouvelle session. M. B a formé le 27 décembre 2020 auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion un recours hiérarchique ainsi qu'une demande indemnitaire préalable restés sans réponse. Une nouvelle session d'examen s'est tenue le 8 février 2021 à l'issue de laquelle M. B a obtenu le titre professionnel de gestionnaire de paie. Considérant avoir subi un préjudice financier et moral du fait de fautes commises par l'administration, il demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 20 000 euros.
Sur la responsabilité de l'Etat :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 6361-2 du code du travail : " L'Etat exerce un contrôle administratif et financier sur : 1° Les activités en matière de formation professionnelle continue conduites par : a) () ; c) Les organismes de formation et leurs sous-traitants ". Aux termes de l'article 1er du décret du 10 novembre 2009 relatif à l'organisation et aux missions des directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi alors applicable : " ()./ Dans chaque région, la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi exerce, sous l'autorité du préfet de région et, pour les missions relevant de sa compétence, sous l'autorité fonctionnelle du préfet de département, les missions définies à l'article 2, à l'exception de celles relatives aux actions d'inspection de la législation du travail mentionnées au 1° dudit article, d'une part, et, d'autre part, des pouvoirs d'enquête et d'investigation exercés sous le contrôle de l'autorité judiciaire ". En vertu de l'article 2 de ce décret, les directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi sont chargées de la formation professionnelle continue.
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 338-1 du code de l'éducation : " La certification professionnelle délivrée, au nom de l'Etat sur le plan national, par le ministre chargé de l'emploi est appelée " titre professionnel ". Ce titre atteste que son titulaire maîtrise les compétences, aptitudes et connaissances associées permettant l'exercice d'activités professionnelles qualifiées ". Aux termes de l'article R 338-5 du même code : " Le titre professionnel et les certificats qui le composent ou qui lui sont associés sont accessibles par la formation professionnelle continue et par la validation des acquis de l'expérience. Les conditions d'accès, de préparation ainsi que les règles générales d'évaluation en vue de l'obtention du titre ou des certificats qui lui sont associés sont précisées par arrêté du ministre chargé de l'emploi en vue de l'obtention du titre. () / Les modalités de validation pour l'obtention du titre et des certificats qui le composent ou qui lui sont associés permettent d'attester de compétences professionnelles pour l'exercice des activités visées par le titre. A cet effet, les évaluations peuvent être réalisées en situation de travail réelle ou reconstituée, ainsi qu'à l'aide de tout document susceptible d'établir que le candidat possède les compétences, aptitudes et connaissances requises. L'acquisition de connaissances et de compétences générales est évaluée dans ce cadre. Pour l'attribution du titre, un entretien avec le jury permet de s'assurer que le candidat maîtrise l'ensemble des compétences, aptitudes et connaissances requises. ". Aux termes de l'article R 338-8 de ce code : " Les sessions de validation en vue de la délivrance du titre professionnel dans une spécialité déterminée sont organisées par les organismes ayant fait l'objet d'un agrément délivré par le préfet de région. Cet agrément est accordé, pour une durée maximale de cinq ans, renouvelable dans les mêmes conditions, aux organismes qui justifient de leur capacité à organiser ces sessions de validation en assurant, dans le respect des exigences prévues aux articles R. 338-2, R. 338-4 et R. 338-5, l'inscription, l'information du candidat et la mise en place des moyens nécessaires au bon déroulement de la session. Un arrêté du ministre chargé de l'emploi précise le contenu de la demande d'agrément et les modalités d'octroi de cet agrément ".
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'AECD a, en vue de l'acquisition du titre de gestionnaire de paie, dispensé au requérant une formation à compter du 27 janvier 2020 et l'a inscrit à la session d'examen qu'elle a organisée et qui s'est déroulée du 24 au 30 juillet 2020. M. B et d'autres participants ayant dénoncé à la DIRECCTE de Provence-Alpes-Côte d'Azur des dysfonctionnements dans le déroulement de cette session d'examen, celle-ci, par une décision du 28 octobre 2020, a refusé de valider les procès-verbaux de la session, l'a annulée et a chargé l'AECD de l'organisation d'une nouvelle session d'examen qui s'est déroulée le 8 février 2021. Si le requérant affirme qu'en raison de la survenue de la pandémie de covid-19 la formation a été interrompue pendant trois mois, que la majorité des candidats n'a pu suivre le stage de formation et qu'elle n'a pas été de qualité, il n'en justifie pas. Ainsi, M. B n'établit pas, par les seuls éléments dont il fait état, l'existence d'une carence fautive de la DIRECCTE de Provence-Alpes-Côte d'Azur dans le contrôle de la formation dispensée par l'organisme de formation AECD avant l'organisation de la session d'examen de juillet 2020, alors que, comme il a été dit précédemment, l'AECD s'était vu délivrer un agrément dans le cadre de la formation professionnelle continue dont il n'est pas contesté qu'elle remplissait les conditions légales, et qu'il n'est ni démontré ni même soutenu que des défaillances de cet organisme auraient été portées à la connaissance de l'administration avant la session d'examen de juillet 2020. Dès lors, en l'absence de faute avérée de la DIRECCTE de Provence-Alpes-Côte d'Azur, M. B, qui au surplus s'est vu délivrer le titre de gestionnaire de paie à l'issue de la seconde session d'examen du 8 février 2021, n'est pas fondé à engager la responsabilité de l'Etat
5. En second lieu, aux termes du point 3.2. " Surveillance des épreuves " de l'arrêté du 21 juillet 2016 portant règlement générale des sessions d'examen pour l'obtention du titre professionnel du ministère chargé de l'emploi : " () Un formateur qui a été chargé de la formation ou de l'accompagnement d'un candidat ne peut assurer la surveillance de la session d'examen à laquelle participe ce candidat. La présence du formateur est prohibée sur le plateau technique sauf mention contraire du référentiel de certification. Ce formateur ne peut pas être désigné responsable de la session d'examen ". Selon les dispositions de l'article 10 de l'arrêté du 22 décembre 2015 relatif aux conditions de délivrance du titre professionnel du ministère chargé de l'emploi : " (). En cas d'invalidation du procès-verbal de session par le représentant territorial compétent du ministère chargé de l'emploi, la session est annulée ".
6. Il résulte de l'instruction que Mme A, formatrice de l'AECD, a participé à la session d'examen pour l'acquisition du titre professionnel de gestionnaire de paie qui s'est déroulée du 24 au 30 juillet 2020 en tant que surveillante alors qu'elle avait été chargée de la formation des candidats et qu'elle a été de surcroit désignée responsable de la session d'examen en l'absence de la personne assurant ces fonctions, ce qui a amené la DIRECCTE de Provence-Alpes-Côte d'Azur, après dénonciation de certains des participants et par application des textes visés au point précédent, à décider d'annuler cette session d'examen par décision du 28 octobre 2020. A sa demande, une nouvelle session d'examen a été réorganisée par l'AECD qui s'est tenue le 8 février 2021. Dans ces conditions, alors que la décision d'annuler la session d'examen irrégulière et d'en organiser une nouvelle n'a été entachée d'aucune illégalité fautive, M. B ne saurait reprocher à la DIRECCTE Provence-Alpes-Côte d'Azur d'avoir obtenu son titre professionnel avec un retard de huit mois, et ne peut dès lors rechercher la responsabilité pour faute de l'Etat à ce titre.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter la condamnation de l'Etat à l'indemniser au titre des préjudices qu'il allègue avoir subis.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Copie en sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
Signé
M.-L. Hameline
La greffière,
Signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
.
No 2103863
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026