mercredi 7 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | DELAVAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mai 2021, M. A B, représenté par Me Delavaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2021 par laquelle la Métropole Aix-Marseille Provence (MAMP) a refusé de reconnaître le caractère professionnel de sa maladie ;
2°) d'ordonner avant dire droit la nomination d'un expert ayant pour mission de reprendre l'histoire clinique de son état de santé, de l'examiner, de déterminer l'origine de sa maladie, de conclure sur l'imputabilité au service de cette maladie et de définir son taux d'incapacité ;
3°) de condamner la MAMP à lui verser la somme de 5 000 euros au titre des dommages et intérêts pour manquement à son obligation de sécurité ;
4°) d'enjoindre à la MAMP à prendre les mesures nécessaires à la suite de sa condamnation ;
5°) de mettre à la charge de la MAMP la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.
Il soutient que :
- il souffre depuis 2019 de l'épaule droite en raison d'une atteinte radiculaire sévère C5-C6 droite avec pour conséquence une amyotrophie et un déficit moteur et sensitif du membre supérieur droit sans qu'il connaisse un état antérieur pouvant exclure l'origine professionnelle de sa maladie ; il s'agit de troubles musculo-squelettiques ne pouvant s'expliquer qu'au regard des gestes répétitifs accomplis dans le cadre de son travail et qui entrent dans le champ du tableau des maladies professionnelles n° 57 ;
- il bénéficie d'une présomption d'imputabilité de sa maladie au service ;
- son employeur a méconnu l'obligation de sécurité prévue par l'article L. 4121-1 du code du travail et repris à l'article 23 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2021, la MAMP, représentée par Me Le Chatelier, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B de la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de liaison du contentieux ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 mars 2022, la clôture d'instruction est intervenue à la même date en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Balussou,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a débuté son activité d'agent de nettoiement pour la ville de Marseille en 1998 puis pour la MAMP en 2022. Souffrant de douleurs à l'épaule droite, il a été placé en arrêt de travail du 14 octobre 2019 au 27 septembre 2022. Il a demandé la reconnaissance de sa maladie comme maladie professionnelle le 21 octobre 2019. Le 11 février 2020, la commission de réforme a émis un avis défavorable à cette demande que la MAMP a rejetée par une décision du 16 mars 2021. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cette décision ou, à défaut, d'ordonner avant dire droit une expertise médicale, de condamner la collectivité à lui verser la somme de 5 000 euros en raison du manquement à son obligation de sécurité envers son employé et de lui enjoindre de procéder à la régularisation de sa situation administrative.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.
3. En l'absence de toute demande indemnitaire adressée à la MAMP par M. B, ses conclusions indemnitaires sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées. En tout état de cause, la demande de condamnation de la collectivité en tant qu'employeur du requérant pour faute inexcusable constitue un litige distinct de celui tendant à la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie de celui-ci.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale : " Le taux d'incapacité mentionné au septième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 % ". Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision () ".
5. Il ressort des pièces du dossier et des écritures produites par la MAMP que la demande de M. B quant à la reconnaissance de l'imputabilité de sa pathologie au service a été rejetée au motif de l'absence de lien de celle-ci avec son activité professionnelle. Si le requérant produit à l'instance deux électro-neuro-myogrammes des 24 mai et 23 septembre 2019 réalisés par un médecin physique et de réadaptation, ainsi qu'une attestation du 16 juillet 2020 du même médecin sur l'impossibilité de l'intéressé de reprendre son activité professionnelle à cette date et sur la nécessité que lui soit accordée le bénéfice d'un reclassement professionnel, deux comptes-rendus de visites médicales des 2 décembre 2019 et 1er juillet 2020 d'un neurochirurgien, et un avis du médecin du travail du 20 janvier 2020 constatant l'absence de compatibilité de son poste avec son état de santé, ces documents comportent seulement des descriptions des symptômes de la maladie de M. B ainsi que de certaines des conséquences attendues de cette pathologie mais sont muets, en revanche, sur l'existence ou non d'un lien direct entre la maladie du requérant et son activité professionnelle.
6. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'une expertise médicale de l'état de santé de M. B a été réalisée le 6 janvier 2020 par un second médecin physique et de réadaptation, qui a indiqué dans son rapport qu'il n'était pas possible à ce stade de la démarche de diagnostic de déterminer le caractère professionnel ou non de la maladie du requérant dès lors que d'autres possibilités d'atteintes neurogènes périphériques restaient à explorer. Il a précisé que dans ces conditions l'avis sollicité auprès d'un neurologue, non réalisé à la date de l'expertise, serait " très important ". Si cet avis a été rendu le 4 février 2020, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été pris en compte dans un examen global de l'état de santé de M. B permettant de déterminer l'absence ou l'existence d'un lien entre sa pathologie et son activité professionnelle.
7. Par suite, le tribunal n'est pas en mesure de déterminer le caractère professionnel ou non de la maladie de M. B. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner avant dire droit une expertise médicale sur ce point et de réserver, jusqu'à la fin de l'instance, les droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions indemnitaires présentées par M. B sont rejetées.
Article 2 : Il sera, avant de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B, procédé à une expertise médicale.
Article 3 : L'expert sera désigné par le président du tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert aura pour mission :
1°) de prendre connaissance du dossier médical de M. B ;
2°) d'examiner l'intéressé et de décrire son état ;
3°) de fournir au tribunal tous éléments permettant de déterminer si la pathologie dont souffre M. B peut être regardée comme ayant été contractée ou aggravée à l'occasion de son activité professionnelle ;
4°) d'indiquer si et à quelle date l'état de M. B peut être considéré comme consolidé et préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle ; dans l'affirmative, en fixer le taux.
Article 5 : L'expert, qui pourra avec l'autorisation du président du tribunal se faire assister par tout sapiteur de son choix, se fera communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; il pourra procéder à l'audition de tout sachant.
Article 6 : L'expert déposera son rapport en deux exemplaires dans les quatre mois suivant la notification du présent jugement et des copies en seront adressées aux parties par l'expert dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative.
Article 7 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas été statué par le présent jugement demeurent réservés jusqu'à la fin de l'instance.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Métropole Aix-Marseille Provence.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées par Mme Boyé, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2024.
La rapporteure,
Signé
E.-M. Balussou
La présidente,
Signé
K. Jorda-LecroqLa greffière,
Signé
F.-L. Boyé
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026