mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | DRAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée sous le n° 2104385 le 3 mars 2021 au greffe du tribunal administratif de Paris, puis sous le n° 2104037 au greffe du tribunal administratif de Marseille après avoir été transmise à ce dernier par une ordonnance du 5 mai 2021 de la présidente de la 2ème section du tribunal administratif de Paris, ainsi que par un mémoire enregistré le 25 avril 2022, la société Colis privé, représentée par Me Drain, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 9 avril 2020 pour un montant de 1 500 000 euros et la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer du 26 juin 2020 d'un montant de 1 650 000 euros émis par le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (DIRECCTE PACA) pour non-respect des délais de paiement interprofessionnels ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée de 1 650 000 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- malgré la disparition de la créance, le titre de perception en litige n'a pas disparu de l'ordonnancement juridique et peut encore permettre à l'Etat de recouvrer l'amende initialement infligée ; il a été pris par un ordonnateur incompétent ; il doit être annulé dès lors que la créance dont il réclame le paiement a disparu du fait du retrait de la décision du 4 décembre 2019 par une autre décision prise le 6 août 2020 ; l'amende infligée est disproportionnée dès lors qu'elle prend insuffisamment en compte sa situation et que l'administration a apprécié de manière excessive les retards de paiements qu'elle lui a imputés ;
- la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer doit être annulée dès lors qu'elle est fondée sur un titre de perception illégal ; la direction du Trésor n'était pas fondée à appliquer une majoration de 10 % au montant de l'amende prononcée dès lors que la limite de paiement du titre de perception fixée au 15 juin 2020 ne lui était pas opposable, en application de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020, et que le recouvrement de la créance était suspendu en application de l'article 117 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 en raison de la contestation du titre de perception.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 mars et 13 juin 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il a réduit le montant de l'amende à 750 000 euros par une décision du 6 août 2020, que cette décision a entraîné l'annulation du titre de perception émis le 9 avril 2020 et qu'ainsi, les conclusions à fin d'annulation de ce titre de perception et de la mise en demeure tenant lieu de commandant de payer du 26 juin 2020 sont devenues sans objet.
Par ordonnance du 19 août 2022, la clôture d'instruction est intervenue à la même date en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Balussou,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Drain, représentant la société requérante.
Considérant ce qui suit :
1. La société Colis Privé est commissionnaire de transport pour la livraison de colis, effectuée par des prestataires, pour des clients professionnels à destination des clients finaux. Par une décision du 29 novembre 2016, le DIRECCTE PACA lui a infligé une amende d'un montant de 200 000 euros au titre de l'année 2015 pour non-respect des délais de paiement interprofessionnels sur le fondement de l'article L. 441-6 du code du commerce, assortie d'une publication de la sanction sur le site internet de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Saisi d'un recours hiérarchique contre cette décision, le ministre de l'économie et des finances a, par une décision du 4 avril 2017, confirmé le montant de l'amende infligée et fixé la durée de la publication de la sanction à six mois. Le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de la société Colis privé tendant à l'annulation des deux amendes prononcées à son encontre et à ce qu'il soit enjoint à l'Etat de supprimer la publication de celles-ci par un jugement n° 1703263 du 18 novembre 2019. Par un arrêt n° 20MA00199 du 14 juin 2021, la cour administrative d'appel de Marseille a ramené le montant de l'amende à 150 000 euros.
2. A la suite d'un nouveau contrôle, le DIRECCTE PACA a infligé une nouvelle amende à la société Colis privé d'un montant de 1 500 000 euros assortie de la publication de cette sanction sur le site de la DGCCRF pour une durée de 24 mois, par une décision du 4 décembre 2019. La société Colis privé a formé à l'encontre de cette décision un recours gracieux le 7 février 2020 et un recours hiérarchique le 30 juin 2020. Entretemps, un titre de perception a été émis, le 9 avril 2020, pour le paiement de l'amende, et ce titre a été contesté le 26 juin 2020. A cette même date, a été émise une mise en demeure tenant lieu de commandement de payer cette amende, assortie d'une majoration de 10 %. A la suite du recours hiérarchique du 30 juin 2020, l'administration a limité le montant de l'amende à 750 000 euros et la durée de la publication de cette sanction à 9 mois par une décision du 6 août 2020. Le titre de perception correspondant a été émis le 11 avril 2022, titre à l'encontre duquel la société Colis privé a formé un recours le 13 mai 2022, rejeté le 27 juillet 2022. La société Colis privé demande au tribunal d'annuler le titre de perception émis le 9 avril 2020 pour un montant de 1 500 000 euros ainsi que la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer émise le 26 juin 2020 pour un montant de 1 650 000 euros et de la décharger de l'obligation de payer ces sommes.
En ce qui concerne l'exception de non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation opposée en défense :
3. Il résulte de l'instruction que par une décision du 6 août 2020, l'administration a limité à 750 000 euros l'amende initialement infligée par une décision du 4 décembre 2019 à la société Colis privé et à 9 mois la durée de publication de cette sanction sur le site de la DGCCRF. Dans ces conditions, la décision du 6 août 2020 doit être regardée comme ayant implicitement mais nécessairement retiré la décision du 4 décembre 2019. Ce retrait, qui a été porté à la connaissance de la société Colis privé le 6 août 2020 selon ses propres déclarations et qui comportait la mention des voies et délais de recours contentieux, est devenu définitif le 6 octobre 2020, privant à compter de cette même date le titre de perception et la mise en demeure en litige de base légale. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'administration a émis un document intitulé " titre d'annulation ", dépourvu de la mention des voies et délais de recours contentieux et produit à l'instance le 13 juin 2022, ayant pour objet de retirer le titre de perception émis le 9 avril 2020. Cet acte doit être regardé comme devenu définitif, en l'absence de circonstances particulières, le 13 juin 2023, soit postérieurement à l'enregistrement de la demande d'annulation de ce titre au greffe du tribunal le 3 mars 2021. Ainsi, le titre de perception en litige étant définitivement retiré à compter du 13 juin 2023, les conclusions tendant à son annulation sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ces conclusions ainsi que, par voie de conséquence, sur celles à fin d'annulation de la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer émise le 26 juin 2020.
En ce qui concerne le surplus des conclusions de la requête :
4. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, la décision du 4 décembre 2019 a été retirée par celle du 6 août 2020 et a définitivement disparu de l'ordonnancement juridique le 6 octobre 2020, entraînant la disparition de la créance à cette date, soit avant l'enregistrement de la demande de la société Colis privé de décharge de l'obligation de payer l'amende de 1 500 000 euros et de la majoration de 10 % de cette somme le 3 mars 2021. Par suite, cette demande doit être rejetée comme irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Colis privé demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du titre de perception émis le 9 avril 2020 pour un montant de 1 500 000 euros ainsi que de la mise en demeure émise le 26 juin 2020 tenant lieu de commandement de payer la somme de 1 650 000 euros pris en application de la décision du 4 décembre 2019 par laquelle l'Etat a sanctionné la société Colis privé pour non-respect des délais de paiement interprofessionnels.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Colis privé et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe 10 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
E.-M. Balussou
La présidente,
Signé
K. Jorda-LecroqLa greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026