jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET GENTILHOMME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 11 mai 2021 et le 14 mars 2022, la société anonyme Orange, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 février 2021 par laquelle le maire de la commune de Mison a refusé de lui communiquer le code du dispositif de fermeture du portail d'accès à la parcelle cadastrée AL n° 244, située rue du champ Florin à Mison ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Mison de l'autoriser, ainsi que toute société mandatée par elle, à pénétrer sur la parcelle cadastrée AL n° 244, située rue du champ Florin à Mison, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mison la somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente ;
- le maire de la commune est incompétent pour édicter la décision en litige ;
- le motif tiré de la continuité des services publics est erroné dès lors qu'elle n'intervient pas dans les bâtiments techniques de la commune ;
- cette décision résulte d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés le 14 mars 2022 et le 27 janvier 2023, la commune de Mison, représentée par Me Loiseau, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 6 000 (six mille) euros soit mise à la charge de la société anonyme Orange au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le courrier du 8 février 2021 n'est pas décisoire ;
- les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 17 février 2023 par une ordonnance du 27 janvier précédent.
Une pièce enregistrée le 31 mars 2023 et produite pour la société Orange n'a pas été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Beyrend, rapporteure publique,
- et les observations de Me Guranna pour la société anonyme Orange, ainsi que celles de Me Loiseau pour la commune de Mison.
Une note en délibéré présentée pour la commune de Mison a été enregistrée le 19 avril 2023 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention conclue le 26 novembre 2018 préalablement approuvée par le conseil municipal, le maire de la commune de Mison a consenti à la société anonyme Orange une autorisation d'occuper une surface de 18 m² sur la parcelle cadastrée section AL n° 244 (rue du champ Florin) sur le territoire de cette commune, sur laquelle est également aménagé un hangar qui abrite les outils et engins des services techniques communaux, en vue d'y implanter un " pylône treillis d'une hauteur de 25 mètres sur une dalle béton ", " nécessaire à son activité exploitant de systèmes de radiocommunications avec les mobiles ". Cet équipement technique a été installé, conformément à l'arrêté de non opposition à une déclaration préalable qui a été accordé le 3 décembre 2018 à la société Orange par le maire de la commune. Après avoir restreint dès le 12 mars 2020 les possibilités d'accès à la parcelle compte tenu d'une part d'intrusions sur le site, et d'autre part des contraintes sanitaires, par un courrier du 8 février 2021, le maire de la commune de Mison a refusé d'autoriser l'accès à cette parcelle à la société Orange et à ses préposés. Par sa requête, la société anonyme Orange demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Mison :
2. Pour soutenir que la requête de la société Orange est tardive, la commune de Mison fait valoir que le courrier du 8 février 2021 n'a qu'un caractère confirmatif des décisions du 12 mars et 16 avril 2020. Il ressort toutefois des pièces du dossier que par le courrier du 12 mars 2020, le maire de la commune a seulement indiqué à la société Orange qu'une chaîne avec cadenas avait été mise en place pour l'accès à la parcelle en cause, et que le code d'accès avait été modifié. Par son courrier du 16 avril 2020, la commune s'est bornée à inviter la société Orange à " prendre attache avec les services techniques de la commune à compter de la levée de l'état d'urgence sanitaire et de la reprise de l'activité afin de déterminer les conditions d'accès au site ", sans que ce courrier n'ait eu pour objet ni pour effet de modifier unilatéralement la convention d'occupation du domaine public conclue le 26 novembre 2018. Enfin, si la commune fait également valoir le courrier du 8 février 2021 est confirmatif de l'arrêté du 3 août 2020 par lequel le maire de la commune prononce " à compter du 28 juillet 2020 et jusqu'à nouvel ordre, la fermeture exceptionnelle au public des établissements et sites suivants : les services techniques () ", dès lors que cet arrêté n'a pas été contesté par la société Orange et est devenu définitif, il ne ressort pas des pièces du dossier que les préposés de la société Orange, pour la mise en service et la maintenance du pylône installé, auraient la qualité de " public " compte tenu en particulier de la signature préalable d'une convention d'occupation du domaine public sur ce site. Le courrier du 8 février 2021, dans le contexte sus rappelé, présente un caractère décisoire, ne présente en revanche pas de caractère confirmatif de décisions précédentes, et ne comporte pas la mention des voies et délais de recours. Par suite, la requête introduite le 11 mai 2021 n'est pas tardive et la fin de non-recevoir soulevée par la commune à cet égard doit être écartée.
3. Contrairement à ce que fait valoir la commune défenderesse, la décision contestée, qui refuse à la société Orange l'accès aux installations qu'elle a construites, ne constitue pas une mesure d'exécution de la convention d'occupation du domaine public, mais une mesure de police du maire. Dans ces conditions, la commune n'est pas fondée à soutenir que les conclusions à fin d'annulation de cette décision seraient irrecevables pour ce motif.
4. Le caractère décisoire du courrier s'appréciant au regard de l'objet de la décision attaquée et non des motifs susceptibles de la fonder, la circonstance dont se prévaut la commune de Mison de ce qu'il appartient à la société Orange de justifier des qualités des intervenants et de leurs dates d'intervention ne saurait priver la société Orange de son intérêt à agir à l'encontre du refus opposé à sa demande tendant à lui laisser l'accès à l'espace qu'elle a l'autorisation d'occuper. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Mison doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de sa décision du 8 février 2021, la commune de Mison a considéré que la " nécessité de continuité des services publics " et " la mise en place d'un protocole sanitaire adapté à la situation pour assurer la salubrité du site " justifiaient qu'il soit refusé de laisser à la société Orange l'accès à ses propres installations. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le pylône installé par la société Orange sur le périmètre auquel elle a l'autorisation d'accéder est installé en extérieur, et est séparé du hangar fermé qui abrite les engins outils ou produits des services techniques de la commune. Dans ces conditions, il n'est pas établi qu'en confiant les codes ou clés du portail de la parcelle pour accéder au pylône, la commune de Mison romprait la continuité des services publics ou mettrait en péril la salubrité communale. Si la commune de Mison fait également valoir dans ses écritures que son refus n'est dû qu'au propre refus de la société Orange à lui fournir son protocole sanitaire ainsi que celui de ses préposés, les noms des intervenants, les dates et horaires d'intervention sur le site pour la mise en service de l'antenne en cause ainsi que pour son entretien, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier pas de la convention approuvée par le conseil municipal et signée le 26 novembre 2018, que de telles exigences aient été mises à la charge de la société, ni qu'elles aient été, compte tenu de la configuration du site, nécessaires à l'accès au pylône. Par suite, la société Orange est fondée à soutenir que la commune ne pouvait, pour le motif tiré de la continuité des services publics ou de la salubrité publique, refuser de lui communiquer les codes ou les clés pour accéder à la parcelle en cause.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la société Orange est fondée à demander l'annulation de la décision du 8 février 2021 qu'elle conteste.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
7. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que le maire de la commune de Mison confie à la société Orange les codes ou clés du portail permettant d'accéder à la surface de 18 m² sur la parcelle cadastrée section AL n° 244, sur laquelle la société requérante dispose d'une convention d'occupation du domaine public. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la commune de Mison tendant à leur application et dirigées contre la société Orange, qui n'est pas partie perdante. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mison la somme de 1 500 euros à verser à la société anonyme Orange au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 février 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Mison de confier à la société Orange les codes ou clés du portail permettant d'accéder à la surface de 18 m² sur la parcelle cadastrée section AL n° 244, sur laquelle la société requérante dispose d'une convention d'occupation du domaine public, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Mison versera à la société Orange la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Orange et à la commune de Mison.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistés de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
A. A
Le président,
Signé
J-M. Laso
Le greffier,
Signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026