mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104444 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | HUBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 mai 2021, 10 octobre et 2 novembre 2022, ainsi qu'un mémoire, enregistré le 28 novembre 2022 qui n'a pas été communiqué, la société L'Oriental, représentée par Me Hubert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté sa demande de retrait des titres de perception du 7 avril 2020 émis par la direction départementale des finances publiques de l'Essone d'un montant de 18 100 euros au titre de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8553-1 du code du travail et d'un montant de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'annuler les deux titres de perception émis par le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 7 avril 2020 à son encontre pour un montant de 18 100 euros au titre de la contribution spéciale et de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire ;
3°) de prononcer la décharge des contributions spéciale et forfaitaire ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII ou de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteur des titres de perception est incompétent ;
- le montant des sanctions pécuniaires méconnaît l'article L. 8256-7 du code du travail ;
- le montant des sanctions mises en recouvrement méconnaît l'article L. 8256-2 du code du travail ;
- l'administration a commis une erreur de droit, de fait et d'appréciation dans la qualification de la relation avec M. B ;
- elle a commis une erreur de droit en mettant à sa charge la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions en litige ont été prises au terme d'une procédure irrégulière en méconnaissance de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le montant de la sanction est disproportionné ;
- l'administration ne rapporte pas la preuve du réacheminement de l'étranger justifiant la mise à sa charge de la contribution forfaitaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 septembre et le 8 novembre 2022, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société L'Oriental ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 10 septembre 2023 par une ordonnance du 26 juin précédent.
Un mémoire, enregistré le 10 novembre 2023, présenté pour la société l'Oriental, n'a pas été communiqué.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'autorité de la chose jugée par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille n°22MA02162 du 20 octobre 2023 qui a annulé les décisions des 8 janvier et 13 mars 2020 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et prononcé la décharge au bénéfice de la SARL L'Oriental de l'obligation de payer la contribution spéciale d'un montant de 18 100 euros et la contribution forfaitaire d'un montant de 2 124 euros, privant ainsi de base légale les titres de perception contestés et privant par ailleurs d'objet les conclusions présentées par la société requérante à fin de décharge des sommes dues à ce titre dans le cadre de la présente instance.
Des observations en réponse au moyen soulevé d'office présentées pour la société L'Oriental ont été enregistrées le 13 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle opéré dans les locaux du snack " L'Oriental ", exploité par la SARL L'Oriental, le 9 juillet 2019, les services de police, accompagnés des services de l'URSSAF, ont constaté l'embauche de M. A B, ressortissant tunisien dépourvu de titre l'autorisant à séjourner et travailler en France. Par une décision du 8 janvier 2020, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis à la charge de la SARL L'Oriental la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, pour un montant de 18 100 euros, ainsi que la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour un montant de 2 124 euros en raison de l'emploi irrégulier de M. B. Le 20 février 2020, la SARL L'Oriental a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté par le directeur général de l'OFII par courrier du 17 mars 2020. Par courrier du 18 août 2020, la société requérante a également contesté les titres de perception émis par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne pour les mêmes montants en application des articles 117 à 119 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable, cette opposition aux titres ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet. La société L'Oriental demande au tribunal d'annuler cette dernière décision ainsi que les titres de perception émis par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne le 7 avril 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de perception :
2. Par un arrêt n°22MA02162 du 20 octobre 2023, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé la décision du 8 janvier 2020 par laquelle le directeur général de l'OFII a mis à la charge de la société requérante la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 18 100 euros et la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant de 2 124 euros ainsi que la décision du 13 mars 2020 rejetant son recours gracieux. L'autorité de la chose jugée par l'arrêt de la cour administrative d'appel, qui n'a pas fait l'objet de pourvoi, implique, par voie de conséquence, l'annulation des titres de perception en litige qui ont été émis pour le recouvrement de ces contributions, et qui se trouvent dès lors dépourvus de base légale.
3. Il résulte de ce qui précède que les titres de perception du 7 avril 2020 émis par la direction départementale des finances publiques de l'Essone d'un montant de 18 100 euros au titre de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8553-1 du code du travail et d'un montant de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin de décharge :
4. La cour administrative d'appel de Marseille, par son arrêt n°22MA02162 du 20 octobre 2023, a également déchargé la société L'Oriental de l'obligation de payer la contribution spéciale d'un montant de 18 100 euros et la contribution forfaitaire d'un montant de 2 124 euros. La société requérante ayant ainsi obtenu satisfaction, les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer les contributions qu'elle a présentées dans la présente instance sont devenues sans objet et il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les frais de justice :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société L'Oriental en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres de perception du 7 avril 2020 d'un montant de 18 100 euros au titre de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8553-1 du code du travail et d'un montant de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile émis à l'encontre de la société L'Oriental sont annulés.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par la société L'Oriental à fin de décharge des sommes citées à l'article 1er.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la société L'Oriental est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société L'Oriental, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
La rapporteure,
signé
E. Fabre
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2104444
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026