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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2104717

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2104717

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2104717
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantTEISSIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 mai 2021 et le 14 octobre 2022, Mme A B, représentée par Me Legrand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2021 par lequel le maire de Miramas l'a placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement du 1er au 3 février 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2021 par lequel le maire de Miramas a maintenu sa rémunération à demi-traitement à compter du 4 février 2021 jusqu'à l'avis du comité médical départemental ;

3°) de condamner la commune de Miramas à lui rembourser la somme de 636,59 euros ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Miramas la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- les arrêtés contestés ont été pris prématurément dès lors que comité départemental ne s'était pas encore prononcé aux dates auxquelles ils ont été édictés ;

- ils ne sont pas motivés ;

- la somme de 636,59 euros correspondant au demi-traitement perçu à compter du 4 février 2021 pour laquelle la commune a émis un titre de recette n'est pas due ;

- l'objet de la requête demeure dès lors que la commune ne produit pas les décisions ayant retiré les arrêtés en litige et que les sommes réclamées par la commune ont été retenues sur son salaire.

Par des mémoires en défense enregistrés les 15 septembre et 8 novembre 2022, la commune de Miramas, représentée par Me Teissier, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- l'objet du recours a disparu dès lors que les arrêtés en litige ont été retirés par arrêté du 11 juin 2021 ;

- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,

- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,

- et les observations de Me Teissier représentant la commune de Miramas.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est adjoint technique territorial au sein des services de la commune de Miramas. Alors qu'elle était placée en congé pour maladie depuis le 5 février 2020, le maire de la commune de Miramas, par arrêté du 10 mars 2021, l'a placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement du 1er au 3 février 2021 en raison de la fin de ses droits à congé de maladie ordinaire, puis, par un arrêté du 12 mars 2021, a maintenu son demi-traitement à compter du 4 février 2021 jusqu'à l'avis du comité médical départemental et a indiqué que les sommes dues pour la période du 1er au 28 mars 2021 seront retenues sur le salaire du mois de mars 2021. Mme B demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés et de condamner la commune de Miramas à lui verser une somme de 636,59 euros.

Sur les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés du maire de Miramas des 10 et 12 mars 2021 :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 11 juin 2021 du maire de Miramas devenu définitif, ce dernier a retiré l'arrêté du 10 mars 2021 plaçant Mme B en congé de maladie ordinaire à demi-traitement du 1er au 3 février 2021 ainsi que l'arrêté du 12 mars suivant portant maintien de son demi-traitement à compter du 4 février 2021 jusqu'à l'avis du comité médical départemental et prévoyant que la somme due pour la période du 4 au 28 février 2021 ferait l'objet d'un titre de recette et que la somme due au titre du 1er au 28 mars 2021 serait prélevée sur le salaire du mois de mars 2021. En outre, l'arrêté du 11 juin 2021 place Mme B en congé de longue maladie du 5 février 2020 au 4 novembre 2021, dispose qu'elle a droit à une rémunération à plein traitement du 5 février 2020 au 4 février 2021 puis à demi-traitement du 5 février 2020 au 4 novembre 2021 et indique que " le remboursement de la somme relative au demi-traitement pour la période du 5 février 2020 au 4 février 2021 et des jours de carence de 5 février 2020 et du 10 juillet 2020 se fera sur le salaire du mois de juin 2021 ". Si Mme B fait valoir que les deux arrêtés contestés ont constitué la base légale du titre de recette émis à son égard le 15 mars 2021 en vue du recouvrement de la somme de 636,59 euros correspondant au demi traitement versé au titre de son congé de maladie du 1er au 3 février 2021 ainsi qu'au maintien du demi traitement pour la période du 4 au 28 février 2021, il ressort toutefois des termes de l'arrêté du 11 juin 2021 qu'elle a droit à un plein traitement durant la période du 1er au 3 février 2021 et à un demi traitement pour la période du 4 au 28 février 2021 mentionnée par le titre de recette évoqué et que la régularisation de sa rémunération a été effectuée sur son bulletin de salaire du mois de juin 2021. Dans ces conditions, ainsi que le relève la commune de Miramas en défense, les conclusions présentées par Mme B à fin d'annulation des deux arrêtés des 10 et 12 mars 2021 doivent être regardées comme ayant perdu leur objet en cours d'instance. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions tendant au remboursement par la commune de Miramas de la somme de 636,59 euros :

3. Il résulte de l'instruction que la requérante, alors qu'elle était placée en congé de maladie ordinaire à compter du 5 février 2020, a perçu un plein traitement durant les trois mois suivants puis un demi-traitement à compter du 4 mai 2020. La commune de Miramas établit qu'en raison des dates de paiements des salaires, l'intéressée a toutefois perçu, pour le mois de mai 2020, un plein traitement et non un demi traitement. Le demi-traitement considéré comme indu par la commune au titre du mois de mai 2020 a été retenu sur le traitement perçu au mois de février 2021. La commune fait cependant valoir qu'elle a alors versé à Mme B une rémunération complémentaire de 636,59 euros afin de lui éviter de ne percevoir qu'une rémunération brute mensuelle de 238,07 euros. La somme de 636,59 euros perçue par l'intéressée a ainsi donné lieu à l'émission d'un titre de recette pour remboursement de trop-perçu en avril 2021. Toutefois, après avis du comité médical, la requérante a été rétroactivement placée en congé de longue maladie à compter du 5 février 2020 lui ouvrant le bénéfice du plein traitement durant un an du 5 février 2020 au 4 février 2021 puis au bénéfice d'un demi traitement jusqu'au 4 novembre 2021, ainsi qu'il a été dit au point précédent. Il n'est pas contesté qu'après avoir procédé au retrait des arrêtés des 10 et 12 mars 2021, la commune de Miramas a régularisé l'ensemble des sommes qu'elle devait à ce titre à la requérante, à l'occasion du versement de son traitement de juin 2021, sans en déduire la somme de 636,59 euros qu'elle lui avait déjà précédemment versée. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune de Miramas à lui rembourser la somme de 636,59 correspondant à un indu de rémunération. Ses conclusions à cette fin doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'une ou l'autre des parties s sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation des arrêtés du maire de Miramas des 10 mars et 12 mars 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Miramas.

Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Fabre, première conseillère,

Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

La rapporteure,

signé

E. Fabre

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2104717

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