mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104898 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SARL NEMESIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés les 2 juin 2021, 16 février 2022, et 18 juin 2024, M. A B, représenté par Me Morabito, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 16 juillet 2019 par lequel le maire de la commune de Marseille a délivré à la SCI GCCDM un permis de construire portant sur la réalisation d'une maison individuelle sur une parcelle située au 25 boulevard Curie dans le 13ème arrondissement, ainsi que l'arrêté de permis de construire modificatif du 22 janvier 2021 et la décision implicite rejetant son recours gracieux formé contre cet arrêté modificatif ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille et du pétitionnaire la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
En ce qui concerne le permis de construire initial :
- il méconnaît l'article 9 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU);
En ce qui concerne le permis de construire modificatif :
- il méconnaît l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi);
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2021, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête dirigée contre le permis de construire initial est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, la SCI GCCDM, représentée par Me Guin, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer, et demande que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête contre le permis de construire initial est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- elle est également irrecevable dès lors que le requérant n'a pas intérêt à agir contre les deux autorisations d'urbanisme en litige ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Olmier, représentant M. B, celles de Mme C, représentant la commune de Marseille et celles de Me Guin, représentant la SCI GDDCM.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 juillet 2019, le maire de la commune de Marseille a délivré à la SCI GCCDM un permis de construire portant sur la réalisation d'une maison individuelle sur une parcelle située au 25 boulevard Curie dans le 13ème arrondissement, ainsi qu'un permis de construire modificatif du 22 janvier 2021. M. B, voisin immédiat du projet, demande au tribunal l'annulation des deux autorisations d'urbanisme précitées, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux formé contre l'arrêté modificatif du 22 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté de permis de construire initial du 16 juillet 2019 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article R. 424-15 de ce code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. () ". Aux termes de l'article A. 424-16 du même code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; b) Si le projet porte sur un lotissement, le nombre maximum de lots prévus ; c) Si le projet porte sur un terrain de camping ou un parc résidentiel de loisirs, le nombre total d'emplacements et, s'il y a lieu, le nombre d'emplacements réservés à des habitations légères de loisirs ; d) Si le projet prévoit des démolitions, la surface du ou des bâtiments à démolir ". Aux termes de son article A. 424-18 : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier. Si, pour l'application de l'article R. 424-15 précité, il incombe au bénéficiaire d'un permis de justifier qu'il a bien rempli les formalités d'affichage prescrites par les dispositions précitées, le juge doit apprécier la régularité et la continuité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figurent au dossier qui lui est soumis.
3. Il ressort des constats d'huissier réalisés le 21 août 2019 et le 21 octobre 2019 que le permis de construire en litige a fait l'objet d'un affichage durant une période continue de deux mois, à compter du 21 août 2019. Ces constats d'huissier précisent que les mentions des voies et délais de recours sont indiquées sur le panneau d'affichage, lequel était parfaitement visible depuis la voie publique. Si le requérant produit un constat d'huissier du 7 avril 2021 contenant l'indication contraire, ce procès-verbal de constat, intervenu plus de six mois après l'expiration du délai de recours contentieux, cité au point 2, ne permet pas de justifier que l'arrêté attaqué aurait été irrégulièrement affiché. Dans ces conditions, l'affichage du permis de construire attaqué était régulier et de nature à faire courir le délai de recours contentieux contre ce permis à l'égard des tiers, qui expirait le 21 octobre 2019, date du dernier constat d'huissier précité. Par suite, la présente requête, enregistrée le 2 juin 2021, est tardive.
4. Il résulte de tout ce qui précède que le délai de recours de deux mois était expiré à la date d'enregistrement de la présente requête dirigée contre le permis de construire initial du 16 juillet 2019. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Marseille et la SCI GCCDM tirée de la tardiveté de la requête contre le permis de construire initial doit être accueillie.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code national de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L.261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Aux termes de l'article L.600-1-3 du même code : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ".
6. M. B se prévaut, pour justifier de son intérêt à agir contre le permis de construire initial du 16 juillet 2019, de sa qualité de propriétaire. Toutefois, il ressort des visas du permis de construire en litige que celui-ci a été affiché en mairie le 4 février 2019, alors que le requérant a acquis sa propriété le 24 juillet 2020, postérieurement à l'affichage en mairie du permis contesté. A la date d'affichage en mairie dudit permis, M. B n'avait donc pas qualité à agir contre ce permis. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la SCI GCCDM tirée du défaut à agir du requérant contre le permis de construire initial doit être accueillie.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B dirigées contre le permis de construire initial du 16 juillet 2019 doivent être rejetée comme étant irrecevables.
En ce qui concerne l'arrêté de permis de construire modificatif du 22 janvier 2021 :
8. Aux termes de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le lotissement a fait l'objet d'une déclaration préalable, le permis de construire ne peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme nouvelles intervenues depuis la date de non-opposition à la déclaration préalable, et ce pendant cinq ans à compter de cette même date ".
9. Pour contester la décision en litige, M. B se prévaut de l'article UM4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) tel qu'approuvé par la délibération du 19 décembre 2019. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est issu d'une division parcellaire autorisée par une déclaration préalable du 31 juillet 2017, celle-ci ayant eu pour effet de cristalliser les règles d'urbanismes applicables aux permis de construire qui s'y rattachent. Par suite, M. B ne peut utilement se prévaloir du règlement du PLUi, approuvé le 19 décembre 2019, postérieurement à la déclaration préalable évoquée, et le moyen tiré de la méconnaissance de son article UM4 doit être écarté comme inopérant.
10. Aux termes de l'article UM9 du règlement du PLU : " L'emprise au sol des constructions est limitée à 15% de la surface du terrain d'assiette de l'opération et à : - 160m² en secteur UM1 ".
11. Si le requérant soutient que l'emprise au sol est nécessairement supérieure à 160 m² dès lors que la cuisine d'été et la terrasse ne sont pas comptabilisées, cet éventuel vice a été régularisé par le permis de construire modificatif n°2 délivré au pétitionnaire le 18 mars 2022 qui supprime la cuisine d'été et la terrasse, comme cela ressort du formulaire Cerfa, de la notice descriptive de ce projet et du plan de masse projet.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la SCI GCCDM, que les conclusions présentées par M. B contre le permis de construire modificatif du 22 janvier 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI GCCDM et de la commune de Marseille qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes la somme que M. B demande sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros à verser au pétitionnaire en application de ces dispositions
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera une somme de 1 500 euros à la SCI GCCDM au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la SCI GCCDM et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026