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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2105013

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2105013

mardi 28 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2105013
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation10eme Chambre
Avocat requérantPLANTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juin 2021, M. D A, représentée par

Me Plantin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° DP 013055 20 02645P0 du 5 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Marseille s'est opposé à la déclaration préalable pour la régularisation de deux fenêtres de toit, d'une jardinière et terrasse et de deux façades sur une construction située sur une parcelle cadastrée préfixe 830 section I n° 139 située 15/17 rue Georges Saint-Martin et 2 traverse Paradis ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de lui délivrer un certificat de non-opposition à déclaration préalable à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou à statuer de nouveau sur cette demande avec la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté du 5 janvier 2021 a été édicté par une autorité incompétente ;

- l'avis de l'architecte des bâtiments de France n'émet pas d'avis négatif et considère que le projet s'intègre dans son environnement ;

- les travaux déclarés s'intègrent dans leur environnement, ne portent pas atteinte à la qualité architecturale du quartier et ne méconnaissent pas l'article UBt1-9 du plan local d'urbanisme intercommunal ni le code de l'urbanisme, les volets roulants constituant des ouvrage habituels dans ce quartier.

Par un mémoire enregistré le 4 novembre 2021, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée le 2 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Houvet,

- les conclusions de Mme Noire, rapporteure publique ;

- les observations de Me Plantin représentant M. A et de Mme E pour la commune.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 5 janvier 2021, le maire de la commune de Marseille s'est opposé à la déclaration préalable déposée par M. D A pour la régularisation de deux fenêtres de toit, d'une jardinière et terrasse et de deux façades sur une construction située sur une parcelle cadastrée préfixe 830 section I n° 139 située 15/17 rue Georges Saint-Martin et 2 traverse Paradis. M. A demande l'annulation de cet arrêté et du rejet implicite de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté du 5 janvier 2021 a été signé par Mme C B, 11ème adjointe au maire en charge de l'urbanisme et du développement harmonieux de la ville, qui disposait d'une délégation de signature consentie par le maire de Marseille par arrêté du 24 décembre 2020, suffisamment précis, régulièrement publié et affiché, à l'effet de signer, notamment les actes relatifs à l'urbanisme et au droit du sol. Cette délégation est d'ailleurs mentionnée par l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 9 a) du règlement de la zone UBt1 du plan local d'urbanisme intercommunal : " peuvent être interdits ou admis sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, les constructions ou ouvrages à édifier ou à modifier qui par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, à la valorisation du patrimoine ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Ces dispositions ont le même objet que celles, également invoquées par le requérant, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.

4. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 9 a) UBt1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, au caractère des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site, sur le monument ou sur le paysage.

5. Il ressort des pièces du dossier que le bien dont le requérant souhaite modifier les façades et les jardinières ainsi qu'ajouter deux fenêtres de toit se situe dans le quartier d'Endoume, à proximité de la Corniche Kennedy, du port de Malmousque et du bord de mer. Les photographies produites dans le cadre de cette instance établissent que les maisons de la rue Georges Saint-Martin et de la traverse Paradis, identifiées par le PLUi comme appartenant à une zone de balcons remarquables où une homogénéité est recherchée par rapport aux gabarits des constructions avoisinantes, présentent un caractère traditionnel et constituent un ensemble harmonieux, avec de nombreuses toitures en tuile, quelques balcons en fer forgé dont un situé sur l'immeuble du requérant et des volets à double battants blancs en majorité, bien qu'il existe également des habitations disposant de quelques volets roulants blancs et quelques constructions plus modernes ou atypiques. Le projet dont la régularisation est sollicitée consiste notamment en la suppression des volets à double battants blancs de toutes les fenêtres, près d'une quinzaine au total, prévus dans l'autorisation initiale, par des volets roulants de couleur gris anthracite avec coffre extérieur. Même si l'immeuble n'est pas situé dans le champ de visibilité des monuments historiques du marégraphe, du monument aux héros de l'armée d'Orient et des terres lointaines et de la Villa la Roseraie, le projet en litige sera visible depuis les voies publiques sur lesquelles les façades donnent directement et va porter atteinte, en particulier par la mise en place de nombreux volets roulants gris anthracite avec coffre extérieur, aux caractéristiques architecturales du quartier dans lequel il s'insère, dont le bâti est majoritairement traditionnel. En outre, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de ce que l'avis de l'architecte des bâtiments de France confirmerait que le projet s'intègre dans son environnement alors que le courrier du 16 novembre 2020 précise qu'aucun avis n'est formulé dans ce dossier et que la modification devrait plutôt faire l'objet d'une demande de permis de construire modificatif. Il suit de là que le maire était fondé à s'opposer à la déclaration préalable au motif de la méconnaissance de l'article 9 a) du règlement de la zone UBt1du plan local d'urbanisme intercommunal et qu'il n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de l'arrêté du 5 janvier 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Marseille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à commune de Marseille et à M. D A.

Délibéré après l'audience du 6 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Pecchioli, président,

- M. Juste, premier conseiller,

- Mme Houvet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.

La rapporteure,

signé

A. HOUVETLe président,

signé

J-L PECCHIOLI

Le greffier,

signé

F. BENMOUSSA

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

N°2105013

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