mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105168 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 10eme Chambre |
| Avocat requérant | SELARL TARTANSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 juin 2021 et 13 juin 2022,
Mme C B, représentée par Me Tartanson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° DP 004 151 21 S0004 du 7 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Pierrerue s'est opposé à la déclaration préalable pour la construction d'une véranda accolée à une habitation sur une parcelle cadastrée section B n° 548 située chemin de la petite Suisse, quartier Paul Isnard ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pierrerue une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire a pris la décision en litige en méconnaissance des droits de la défense et alors que Mme B a sollicité en vain un rendez-vous avec le maire le 22 juillet 2020 alors qu'elle venait d'être informée que les agents de la préfecture, direction départementale des territoires, avaient dressé un procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme à son encontre pour des travaux de fermeture d'une terrasse sans autorisation ;
- l'arrêté du 7 avril 2021 n'est pas motivé ;
- le projet de véranda ne méconnait pas les dispositions des articles A1 et A2 du règlement du du plan local d'urbanisme en ce que la véranda ne constitue pas une extension de l'habitation mais un aménagement sans extension.
Par un mémoire enregistré le 7 avril 2022, la commune de Pierrerue, représentée par
Me Ladouari, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée le 2 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Houvet,
- les conclusions de Mme Noire, rapporteure publique ;
- les observations de Me Extremet représentant la commune de Pierrerue.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 7 avril 2021, le maire de la commune de Pierrerue s'est opposé à la déclaration préalable déposée par Mme C B pour la construction d'une véranda accolée à une habitation sur une parcelle cadastrée section B n° 548 située chemin de la petite Suisse, quartier Paul Isnard. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme dans sa version applicable : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. ".
3. La décision en litige comporte les dispositions pertinentes du plan local d'urbanisme, précise que le terrain d'assiette du projet est classé en zone A de ce plan, ajoute que le projet ne fait pas partie des occupations et utilisations du sol autorisées par l'article A2, et indique que le projet méconnaît ces dispositions. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué comporte les considérations de faits et de droit sur lesquelles il se fonde et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ".
5. Il est constant que le maire de la commune s'est prononcé sur une demande de la requérante, matérialisée par le dépôt d'une déclaration préalable le 15 mars 2021. Dans ces conditions, la procédure n'était pas soumise au respect d'une procédure contradictoire préalable. Les " droits de la défense " dont se prévaut la requérante n'ont ainsi pas été méconnus, quand bien même la requérante aurait sollicité des rendez-vous qui lui ont été refusés. Si la requérante a entendu soulever un moyen tiré de la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne qui stipule que " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", cette charte précise en son article 51 paragraphe 1 que : " " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ", or le moyen tiré de la méconnaissance de la Charte ne peut être utilement invoqué que si les dispositions contestées mettent en œuvre le droit de l'Union. L'arrêté attaqué, qui porte opposition à une déclaration préalable de travaux, ne met pas en œuvre le droit de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne étant inopérant, il doit être, à ce titre, écarté en tout état de cause.
6. Aux termes de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " Sont interdites toutes les occupations et utilisations du sol non mentionnées à l'article A2 ". Cet article dispose que : " Seules sont admises, en dehors des secteurs Ap, les constructions et occupations du sol suivantes : - les bâtiments d'exploitation, des bâtiments techniques, les installations ou ouvrages techniques nécessaires à l'exploitation agricole, limités aux seuls besoins de l'exploitation et d'une dimension proportionnée à l'activité agricole. - Les constructions à usage d'habitation d'une surface n'excédant pas 150 m² de surface de plancher, à condition d'être strictement nécessaires à l'exploitation agricole et que la nature des activités, le type de production ou le fonctionnement de l'exploitation nécessitent une proximité immédiate. (). - l'aménagement sans extension des habitations existantes. () ".
7. Lorsque le règlement d'un plan local d'urbanisme ne précise pas, comme il lui est loisible de le faire, si la notion d'extension d'une construction existante, lorsqu'il s'y réfère, comporte une limitation quant aux dimensions d'une telle extension, celle-ci doit, en principe, s'entendre d'un agrandissement de la construction existante présentant, outre un lien physique et fonctionnel avec elle, des dimensions inférieures à celle-ci.
8. Le projet de la requérante consiste en la transformation d'une terrasse en une véranda bioclimatique, d'une surface de plancher créée de 11,52 m², selon le formulaire de déclaration préalable, et alors que le terrain d'assiette du projet se situe en zone A du plan local d'urbanisme. Le procès-verbal du 26 juin 2020, rédigé après la construction de cette véranda, précise que la construction, qui a fermé la terrasse, a des dimensions de 6 m sur 3,10 m. A la requérante soutient que cette surface n'est pas une extension mais un aménagement, il ressort des pièces du dossier qu'initialement, la terrasse était ouverte, même si elle a disposé au fil du temps de deux types de couverture différentes qui la recouvraient plus ou moins complètement, et que le projet prévoit la fermeture de cette terrasse par des murs recouverts d'un bardage en bois, la toiture de la construction se situant à 2,90 m de hauteur, ainsi que l'installation d'une large baie vitrée de 3,60 m de large sur 2 m de hauteur et une grande fenêtre de 2 m de large sur 1.40 m de hauteur. L'emprise de la terrasse, qui se situait à l'extérieur de l'habitation avant la réalisation de ce projet, constitue désormais une pièce close, correspondant à un agrandissement de l'habitation, ne pouvant être assimilé ni à une terrasse ni à un simple aménagement. La requérante, qui ne soutient pas qu'elle serait exploitante agricole, ne peut utilement se prévaloir, s'agissant d'une autorisation d'urbanisme ou de son refus, des dispositions de l'article R. 156-1 du code de la construction et de l'habitation ni de celles du décret n°2002-120 du 30 janvier 2002. Il suit de là que le maire était fondé à s'opposer à la déclaration préalable au motif de la méconnaissance des articles A1 et A2 du plan local d'urbanisme.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de l'arrêté du 7 avril 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Pierrerue sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions ont obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pierrerue, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme C B versera à la commune de Pierrerue une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à commune de Pierrerue et à Mme C B.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Pecchioli, président,
- M. Juste, premier conseiller,
- Mme Houvet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
La rapporteure,
signé
A. HOUVETLe président,
signé
J-L PECCHIOLI
Le greffier,
signé
F. BENMOUSSA
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
N°2105168
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026