mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105285 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | PONCELET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2021, M. B A, représenté par Me Poncelet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2020 par lequel la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence (MAMP) a suspendu son traitement sur la période du 7 au 18 septembre 2020 inclus pour absence de service fait, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 19 février 2021 ;
2°) d'enjoindre à la MAMP de lui verser le traitement dû au titre de la période courant du 7 au 18 septembre 2020 et d'assortir cette somme des intérêts de retard au taux légal à compter de la date d'introduction de la requête ;
3°) de mettre à la charge de la MAMP la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur de droit dès lors que ses absences étaient justifiées.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juillet 2022, la MAMP, représentée par Me Semeriva, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de l'insuffisante motivation est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Poncelet, représentant M. A et de Me Semeriva, représentant la MAMP.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint administratif de 2ème classe, exerçait les fonctions de développeur économique territorial au sein de la MAMP depuis le 1er mars 2014. Un comportement inadapté et irrespectueux envers ses collègues et sa hiérarchie lui ayant été reproché, il a été suspendu de ses fonctions par un arrêté du 21 septembre 2020. A l'issue de son congé de maladie du 28 septembre au 30 novembre 2020, M. A a de nouveau été suspendu, jusqu'au 23 janvier 2021, par un arrêté du 30 novembre 2020. Par ailleurs, la présidente de la MAMP a, par un arrêté du 28 décembre 2020, suspendu le traitement de l'intéressé sur une période allant du 7 au 18 septembre 2020 pour absence de service fait. L'intéressé a également fait l'objet, le 16 mars 2021, d'une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de douze mois, aux motifs que depuis plusieurs années, il avait adopté un comportement particulièrement inadapté et/ou inapproprié à l'égard de sa hiérarchie comme à l'encontre de ses deux collègues de travail occupant comme lui un poste de développeur économique. A la suite de la plainte pénale déposée à son encontre le 11 juin 2021 par une collègue de travail pour des faits de menaces de commettre un crime ou un délit, une seconde procédure disciplinaire a été engagée le 18 juin 2021.Suivant l'avis du conseil de discipline du 6 septembre 2021, par un arrêté du 9 novembre 2021, intervenu au cours de la période d'exécution de la précédente sanction du 16 mars 2021, la présidente de la MAMP a infligé à M. A la sanction disciplinaire de la révocation. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2020, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux du 19 février 2021.
Sur la légalité de l'arrêté de suspension de traitement :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983, dans sa rédaction alors applicable : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". Aux termes de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961 dans sa version alors applicable : " () L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité en vertu de la réglementation prévue à l'alinéa précédent. / Il n'y a pas service fait : 1°) Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; 2°) Lorsque l'agent, bien qu'effectuant ses heures de service, n'exécute pas tout ou partie des obligations de service qui s'attachent à sa fonction telles qu'elles sont définies dans leur nature et leurs modalités par l'autorité compétente dans le cadre des lois et règlements () ".
3. Hormis dans le cas où elle révèlerait par elle-même un refus opposé à une demande tendant à la reconnaissance d'un droit à rémunération malgré l'absence de service fait, la décision par laquelle l'autorité administrative, lorsqu'elle liquide le traitement d'un agent, procède à une retenue pour absence de service fait au titre du 1° de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 constitue une mesure purement comptable et, dès lors, n'est pas au nombre des décisions qui refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
4. Aux termes de l'article 21 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " () II.- Les fonctionnaires en activité bénéficient d'autorisations spéciales d'absence liées à la parentalité et à l'occasion de certains évènements familiaux. Ces autorisations spéciales d'absence n'entrent pas en compte dans le calcul des congés annuels, à l'exception de celles prévues au deuxième alinéa du présent II. / () Un décret en Conseil d'Etat détermine la liste des autorisations spéciales d'absence et leurs conditions d'octroi et précise celles qui sont accordées de droit ". Le décret d'application auquel ces dispositions renvoient n'a pas été adopté.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été absent du service du 2 au 18 septembre 2020 au motif qu'il devait garder ses enfants malades, à savoir sa fille jusqu'au 11 septembre 2020 et son fils les jours suivants. Estimant que cette absence n'avait pas été justifiée, l'administration a procédé à une retenue sur le traitement de l'intéressé pour absence de service fait pour la période du 7 au 18 septembre 2020, au motif que qu'il n'a pas transmis les originaux des certificats médicaux, n'a pas prévenu son service de rattachement, n'a pas pris contact avec le référent " Temps de travail " à son retour, a dépassé son quota de douze jours d'autorisations exceptionnelles d'absences (AEA) pour garder ses enfants malades et n'a pas adressé l'attestation d'employeur de son épouse selon laquelle cette dernière ne bénéficie pas d'AEA pour garder ses enfants, ni communiqué un document, dans l'éventualité où cette dernière serait sans activité, attestant de ce que son état de santé ne lui permettait pas de garder ses enfants.
6. Il n'est pas contesté que selon les règles fixées par le règlement intérieur du Conseil de Territoire Istres-Ouest Provence, pour pouvoir bénéficier d'autorisations d'absence dans la limite de 12 jours annuels, il incombait à M. A de fournir les originaux des certificats médicaux pour garde d'enfant malade, un certificat attestant de l'incapacité de sa conjointe, qui ne travaillait pas, à s'occuper de ses enfants et prendre contact avec le référent " Temps de travail ". Or, il est constant que le requérant n'a pas transmis à l'administration les originaux des certificats médicaux pour enfant malade, se bornant à communiquer par courriels des 2 et 15 septembre 2020 des photographies de ces derniers, qui ne permettaient pas à son employeur de vérifier leur authenticité. M. A n'a pas davantage adressé à son employeur de certificat médical attestant de ce que son épouse se trouvait dans l'incapacité de s'occuper de leurs enfants. S'il produit à l'instance un certificat médical du 25 janvier 2021, postérieur à la décision attaquée, selon lequel sa conjointe était, au cours du mois de septembre 2020, en début de grossesse et prise de nausées et vomissements, ce qui l'empêchait de garder ses enfants à domicile, cette production tardive est sans incidence sur la légalité de la décision en litige dès lors qu'il appartenait au requérant de transmettre, dans un délai raisonnable, tout document justifiant de l'impossibilité pour son épouse de s'occuper des enfants. M. A ne contredit pas davantage l'administration qui fait valoir qu'il ne s'est rapproché de la référente " Gestion de temps " comme il devait le faire à l'issue de son absence pour garder ses enfants. Enfin, il ressort de la situation de M. A dans l'application " Horoquartz " relative à la gestion de son temps de travail et qu'il peut consulter librement, qu'il est expressément indiqué que s'agissant de la période allant du 7 au 18 septembre 2020, ce dernier n'a pas justifié de son absence auprès de son service. Au vu de cette seule mention, il appartenait au requérant de prendre toute mesure nécessaire et notamment de contacter la référente " gestion de temps " afin de régulariser sa situation, ce qu'il n'a pas fait. Par suite, alors même que l'intéressé n'avait pris avant le 7 septembre 2020 que 6 jours d'autorisation exceptionnelle pour enfant malade sur les douze dont il disposait au titre de l'année 2020, c'est à bon droit et sans commettre d'erreur de fait, ni d'erreur d'appréciation que l'administration a suspendu son traitement pour la période allant du 7 au 18 septembre 2020.
7. Le requérant ne saurait utilement se prévaloir de la circulaire du 20 juillet 1982 relative aux autorisations d'absence pouvant être accordées au personnel de l'administration pour soigner un enfant malade ou pour assurer momentanément la garde, dès lors que cette dernière ne revêt pas un caractère impératif.
8. Il résulte de ce qui précède que l'administration se trouvait en situation de compétence liée pour procéder à la suspension des traitements et indemnités de M. A. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux et de son insuffisante motivation sont inopérants.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2020 suspendant le traitement de M. A sur la période allant du 7 au 18 septembre 2020 inclus pour absence de service fait doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite rejetant le recours gracieux du 19 février 2021 et celles à fin d'injonction de versements des sommes dues assorties des intérêts de retard au taux légal.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A la somme de 400 euros à verser à la MAMP sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font en revanche obstacle à ce que la MAMP, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la MAMP la somme de 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La rapporteure,
signé
F. C
La présidente,
signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026