mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105308 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | TAIBI-HOVSEPIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2021, Mme B A, représentée par Me Taibi-Hovsepian, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 avril 2021 par laquelle le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident du 20 novembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge du recteur de l'académie d'Aix-Marseille une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure devant la commission de réforme est irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été destinataire de la convocation à la séance de la commission de réforme dans un délai raisonnable et cette irrégularité viole les droits de la défense ;
- aucune expertise médicale n'a été sollicitée par la commission de réforme permettant de déterminer son préjudice ;
- aucune raison ne peut permettre le refus d'imputabilité au service de son accident.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2023, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observation de Me Taibi-Hovsepain, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, professeur d'éducation physique et sportive à Marseille, a demandé l'imputabilité au service d'un accident qui se serait produit le 20 novembre 2020, alors qu'elle préparait la salle de sport en déplaçant deux séries de quatre steps. Après avis de la commission de réforme en date du 23 mars 2021, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a rejeté sa demande, en faisant valoir l'absence d'élément permettant de déterminer le lieu exact et l'heure de l'accident, par la décision attaquée du 6 avril 2021 dont la requérante demande au tribunal l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de la partie administrative de son dossier. Un délai minimum de huit jours doit séparer la date à laquelle cette consultation est possible de la date de la réunion de la commission de réforme ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux ". Il résulte de ces dispositions que le fonctionnaire doit notamment être informé, préalablement à la séance de la commission de réforme, de la possibilité de se faire entendre et de faire entendre le médecin et la personne de son choix.
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier en date du 8 mars 2021, le secrétariat de la commission de réforme a invité Mme A à prendre connaissance de son dossier en vue de la séance de la commission de réforme fixée au 23 mars 2021, conformément au délai requis d'au moins huit jours séparant la date à laquelle la consultation du dossier est possible de la date de la réunion de la commission de réforme. Selon les énonciations mêmes de sa requête, le courrier évoqué du 8 mars 2021 lui serait parvenu le 13 mars 2021, soit 10 jours au moins avant la séance de la commission de réforme précitée, de sorte que Mme A n'est pas fondée à soutenir que les dispositions, citées plus haut, de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 n'auraient pas été respectées. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la procédure de convocation, citée plus, serait irrégulière.
5. Aux termes de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 dans sa version applicable au litige : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance ; un praticien de médecine générale ou le spécialiste compétent pour l'affection considérée doit participer à la délibération. 5° : Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instruction, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires ".
6. Les dispositions précitées n'imposent pas à la commission de réforme de solliciter une expertise médicale, de sorte que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la procédure devant la commission de réforme aurait été irrégulière.
7. Aux termes de l'article 21 bis II de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au présent litige et repris à l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
8. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un événement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion ou une affection physique ou psychologique, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Par ailleurs, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
9. Mme A soutient avoir ressenti une douleur vive au bas du dos en préparant la salle de sport avant l'arrivée des élèves le 20 novembre 2020, consécutive selon elle à un accident imputable au service. Toutefois, les éléments qu'elle produit, à savoir le certificat médical de son médecin en date du 23 novembre 2023 attestant qu'elle souffre de " lombalgie aigüe post port de poids - contractures musculaires - douleur fesse droite (sciatalgie) ", l'arrêt de travail du 23 novembre 2020 au 7 décembre 2020, prolongé jusqu'au 28 juin 2021 par son médecin et une déclaration d'accident de service en date du 23 novembre 2020 dans laquelle la requérante indique que la personne prévenue est son conjoint, ne permettent pas, en l'absence de témoin direct des faits, d'établir que l'accident du 20 novembre 2020 est en lien avec le service. Dans ces conditions, l'imputabilité au service de son accident ne peut être regardée comme établie. Par suite, le recteur n'a pas commis d'illégalité en rejetant la demande de Mme A.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 6 avril 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande Mme A demande au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre de l'éducation et de la jeunesse.
Copie pour information en sera adressée au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
No 2105308
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026