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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2105382

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2105382

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2105382
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBRACCINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juin 2021, la société par actions simplifiée unipersonnelle Evin Market 13, représentée par Me Braccini, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 février 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge la somme de 7 300 euros au titre de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail et la somme de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la décision du 20 avril 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) à titre subsidiaire, de réduire le montant de la contribution spéciale à hauteur de 3 650 euros ;

3°) d'annuler les deux titres de perception émis le 23 février 2021 pour le recouvrement de ces sommes ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions du directeur général de l'OFII sont insuffisamment motivées ;

- la décision du 8 février 2021 est entachée d'erreurs de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation concernant l'application de la contribution spéciale ;

- à titre subsidiaire, le montant de la contribution spéciale doit être réduit ;

- la décision du 8 février 2021 est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation concernant l'application de la contribution forfaitaire ;

- les titres de perceptions sont illégaux en raison de l'illégalité de la décision du 8 février 2021 ;

- ils ne pouvaient être émis à la date du 23 février 2021 dès lors qu'un recours gracieux avait été formé contre la décision du 8 février 2021.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Evin Market 13 ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée au ministre de l'intérieur et des outre-mer qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 21 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 21 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Birsen Sarac-Deleigne, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société Evin Market 13 exploite à Marseille un commerce de gros et de détail de produits alimentaires. A la suite d'un contrôle opéré le 16 septembre 2020 dans les locaux de cette société, les services de police ont établi un procès-verbal constatant la présence en action de travail de Mme B A, ressortissante algérienne dépourvue de titre l'autorisant à séjourner et travailler en France. Par une décision du 8 février 2021, le directeur général de l'OFII a mis à la charge de la société Evin Market 13 les sommes de 7 300 euros au titre de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail et de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La société Evin Market 13 a formé un recours gracieux contre cette décision le 31 mars 2021 que l'OFII a rejeté le 20 avril 2021. Parallèlement, deux titres de perception ont été émis le 23 février 2021 contre lesquels la société Evin Market 13 a formé un recours gracieux auprès de la direction départementale des finances publiques de l'Essonne le 14 avril 2021, resté sans réponse. La société Evin Market 13 demande au tribunal l'annulation des décisions de l'OFII des 8 février et 20 avril 2021 ainsi que des deux titres de perception du 23 février 2021

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de l'OFII des 8 février et 20 avril 2021 :

En ce qui concerne la motivation des décisions contestées :

2. En premier lieu, l'article L. 211-2 2° du code des relations entre le public et l'administration dispose que les décisions individuelles qui infligent une sanction doivent être motivées. L'article L. 211 -5 du même code dispose que la motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision.

3. La décision du 8 février 2021 vise les dispositions dont le directeur général de l'OFII a entendu faire application, et fait référence au procès-verbal établi le 16 septembre 2020 par les services de police des Bouches-du-Rhône ainsi qu'à la lettre du 21 décembre 2020 par laquelle l'OFII a donné à la société Evin Market 13 un délai de quinze jours pour lui faire connaître ses observations relatives à l'emploi d'une salariée démunie d'un titre de séjour et de titre l'autorisant à travailler qui lui était reproché. Cette décision mentionne également le montant et le mode de calcul des contributions spéciale et forfaitaire qu'elle applique, ainsi qu'en annexe l'identité de la salariée concernée. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

4. En deuxième lieu, le 8° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration impose une motivation des décisions rejetant un "recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire". En l'espèce, aucune disposition législative ou règlementaire n'impose un recours administratif préalable au requérant qui entend contester la décision du directeur général de l'OFII de lui appliquer les contributions spéciale et forfaitaire. Dès lors, la société Evin Market 13 ne peut en tout état de cause utilement se prévaloir d'un défaut de motivation de la décision du 20 avril 2021 par laquelle l'OFII a rejeté son recours gracieux.

En ce qui concerne la matérialité des faits fondant l'application des contributions en litige :

5. Aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. ". Aux termes de l'article L. 8253-1 de ce code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. (). ". Aux termes de l'article R. 8253-1 du même code : " La contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est due pour chaque étranger employé en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1. Cette contribution est à la charge de l'employeur qui a embauché ou employé un travailleur étranger non muni d'une autorisation de travail. ". Aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. () ".

6. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre une décision mettant à la charge d'un employeur les contribution spéciale et forfaitaire prévues par les dispositions précitées de vérifier la matérialité des faits reprochés à l'employeur et leur qualification juridique au regard de ces dispositions.

7. Il résulte de l'instruction et notamment du procès-verbal de constat d'infraction que, lors du contrôle, ni Mme A ni son employeur n'ont pu présenter son titre de séjour et son autorisation de travail, que celle-ci a alors déclaré ne pas posséder de titre de séjour et que les policiers ont consulté l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France dans laquelle Mme A n'apparaissait pas. Il résulte également de l'instruction que, lors de son audition, Mme A a déclaré qu'elle travaillait pour la société Evin Market 13 depuis le 27 mai 2019 et que son employeur connaissait sa situation irrégulière, ce que le gérant de la société a d'ailleurs confirmé lors de sa propre audition. Si Mme A a indiqué avoir déposé en juillet 2020 auprès de la préfecture un dossier pour obtenir des autorisations de travail et de séjour, aucun élément ne permet d'établir qu'elle disposait d'un titre de séjour temporaire lui permettant de travailler à la date du contrôle du 16 septembre 2020, alors que l'autorisation provisoire de séjour produite dans l'instance concerne la période du 2 décembre 2020 au 1er janvier 2021, postérieure au contrôle, et comporte en tout état de cause la mention " cette autorisation ne permet pas à son titulaire d'occuper un emploi ". La circonstance que la société Evin Market 13 avait elle-même formé une demande d'autorisation de travail dont l'instruction était en cours est sans incidence dès lors qu'aucune décision n'avait été rendue et que le seul dépôt de la demande ne lui permettait pas d'employer Mme A. Pour les mêmes motifs, la circonstance que le préfet des Bouches-du-Rhône a pris le jour du contrôle un arrêté obligeant Mme A à quitter le territoire français, qui a été ensuite annulé par une décision du tribunal administratif de Marseille du 6 novembre 2020, n'est pas de nature à modifier la matérialité des faits reprochés à la société requérante et leur qualification juridique. Dans ces conditions, le directeur général de l'OFII n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles l'article L. 8251-1, L. 8253-1 et R. 8253-1 du code du travail et de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prenant la décision attaquée. Par suite le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation sur la matérialité de l'infraction ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contribution spéciale :

8. Aux termes de l'article R 8253-2 du code du travail : " I.- Le montant de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est égal à 5 000 fois le taux horaire, à la date de la constatation de l'infraction, du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. / II- Ce montant est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti dans l'un ou l'autre des cas suivants : / 1° Lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ; / 2° Lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités mentionnés à l'article L. 8252-2 dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7. / III. - Dans l'hypothèse mentionnée au 2° du II, le montant de la contribution spéciale est réduit à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne l'emploi que d'un seul étranger sans titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. / () ". Aux termes de l'article L. 8252-2 du même code : " Le salarié étranger a droit au titre de la période d'emploi illicite : / 1° Au paiement du salaire et des accessoires de celui-ci, conformément aux dispositions légales, conventionnelles et aux stipulations contractuelles applicables à son emploi, déduction faite des sommes antérieurement perçues au titre de la période considérée. A défaut de preuve contraire, les sommes dues au salarié correspondent à une relation de travail présumée d'une durée de trois mois. Le salarié peut apporter par tous moyens la preuve du travail effectué ; / 2° En cas de rupture de la relation de travail, à une indemnité forfaitaire égale à trois mois de salaire, à moins que l'application des règles figurant aux articles L. 1234-5, L. 1234-9, L. 1243-4 et L. 1243-8 ou des stipulations contractuelles correspondantes ne conduise à une solution plus favorable. / 3° Le cas échéant, à la prise en charge par l'employeur de tous les frais d'envoi des rémunérations impayées vers le pays dans lequel il est parti volontairement ou a été reconduit. ". L'article L. 8252-4 du code précité dispose que : " Les sommes dues à l'étranger non autorisé à travailler, dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 8252-2, lui sont versées par l'employeur dans un délai de trente jours à compter de la constatation de l'infraction. () ". Et selon l'article R. 8252-6 dudit code : " L'employeur d'un étranger sans titre s'acquitte par tout moyen, dans le délai mentionné à l'article L. 8252-4, des salaires et indemnités déterminés à l'article L. 8252-2 / Il remet au salarié étranger sans titre les bulletins de paie correspondants, un certificat de travail ainsi que le solde de tout compte. Il justifie, auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, par tout moyen, de l'accomplissement de ses obligations légales ".

9. Le juge administratif peut décider, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, soit de maintenir la sanction prononcée, soit d'en diminuer le montant jusqu'au minimum prévu par l'article L. 8253-1 du code du travail, soit d'en décharger l'employeur, mais ne peut moduler l'application du barème fixé par les dispositions précitées.

10. En premier lieu, la société Evin Market 13 n'établit pas avoir versé à Mme A, dans le délai de trente jours prévu par l'article L. 8252-4 du code du travail, l'intégralité des salaires et indemnités prévus par l'article L. 8252-2 du même code. En outre, la société Evin Market 13 a continué à employer irrégulièrement Mme A pendant plus de deux mois en pleine connaissance de sa situation comme cela résulte de l'attestation établie par l'expert-comptable de la société requérante. Dans ces conditions, le directeur général de l'OFII n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles cités au point 8 en prenant la décision attaquée. Par suite le moyen tiré de ce qu'elle serait entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation sur le montant de la contribution spéciale doit être écarté.

11. En second lieu, et pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés, la société Evin Market 13 n'est pas fondée à solliciter à titre subsidiaire la réduction de la contribution spéciale mis à sa charge par le directeur général de l'OFII.

En ce qui concerne le moyen propre à la contribution forfaitaire :

12. Aux termes de l'article R. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige : " I. - La contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine () est due pour chaque employé en situation irrégulière au regard du droit au séjour. / () / II.- Le montant de cette contribution forfaitaire est fixé par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé du budget, en fonction du coût moyen des opérations d'éloignement vers la zone géographique de réacheminement du salarié () ".

13. Il résulte de ces dispositions que la contribution forfaitaire qu'elles instituent, qui a le caractère d'une sanction administrative, n'est pas subordonnée à la justification par l'administration du réacheminement effectif vers son pays d'origine de l'étranger employé irrégulièrement et des frais exposés. Par suite, la circonstance selon laquelle le salarié incriminé n'aurait pas été effectivement réacheminé vers son pays d'origine, à la supposer établie, est sans influence sur la légalité de la décision attaquée.

14. Il résulte de tout ce qui précède que la société Evin Market 13 n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées du directeur général de l'OFII ni, à titre subsidiaire, la réduction du montant de la contribution spéciale mise à sa charge.

Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de perception du 23 février 2021 :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé aux points 2 à 14 que la décision du directeur général de l'OFII du 8 février 2021est bien fondée. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que les titres de perception émis le 23 février 2021 relatifs à la contribution spéciale et à la contribution forfaitaire seraient dépourvus de base légale en raison de l'illégalité de la décision infligeant les contributions en litige doit être écarté.

16. En second lieu, l'effet suspensif qui s'attache à l'opposition formée par le débiteur à l'encontre d'un titre exécutoire, soit devant l'administration elle-même pour les créances de l'Etat, soit devant la juridiction compétente pour les créances des autres personnes publiques, ne vaut qu'à l'égard de la procédure de recouvrement forcé. Elle est, en revanche, sans incidence sur l'exigibilité de la créance constatée par le titre. Dès lors, le recours gracieux formé par la société Evin Market 13 contre la décision de l'OFII du 8 février 2021 ne faisait pas obstacle par lui-même à l'émission des titres de perception correspondants. Au demeurant, à la date d'émission des titres de perception, la société Evin Market 13 n'avait pas encore formé son recours gracieux qui date du 31 mars 2021 Par suite, le moyen tiré de l'impossibilité d'émettre des titres de perception relatifs aux contributions spéciale et forfaitaire alors qu'un recours gracieux avait été formé ne peut qu'être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des titres de perception litigieux doivent être également rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'OFII, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Evin Market 13 une quelconque somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Evin Market 13 est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée unipersonnelle Evin Market 13, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information à la direction départementale des finances publiques de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Fabre, première conseillère,

Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.

La rapporteure,

signé

C. Hétier-Noël

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2105382

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