jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5e Ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SELARL CABANES NEVEU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juin 2021, Mme A C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 20 avril 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, pour le compte de la métropole Aix-Marseille-Provence, a refusé de lui verser une aide du fonds de solidarité pour le logement au titre de l'accès au logement, ensemble la décision du 6 juillet 2021 portant rejet de son recours gracieux.
Elle soutient que :
- le motif de la décision est erroné dès lors que le chèque de caution de son précédent logement ne lui a pas été restitué ;
- son déménagement est dû à la présence de nuisibles dans son précédent logement, ses meubles ont été jetés et sa situation de précarité ne lui permet pas d'en acquérir de nouveaux.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2021, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Cabanes, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la décision est fondée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement ;
- le décret n° 2005-212 du 2 mars 2005 relatif aux fonds de solidarité pour le logement ;
- la délibération du 14 décembre 2017 du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence portant approbation du règlement intérieur métropolitain du fonds de solidarité pour le logement ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Locataire d'un logement à Marseille puis ayant déménagé, Mme C a sollicité une aide du fonds de solidarité pour le logement, au titre du dépôt de garantie à verser pour son nouveau logement, du premier mois de loyer de ce nouveau logement, ainsi que pour l'achat de mobilier. Par une décision du 20 avril 2021, confirmée le 6 juillet 2021, dont Mme C demande l'annulation, la présidente du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence a refusé de lui verser cette aide.
2. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 mai 1990 susvisée : " () Toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières, en raison notamment de l'inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d'existence, a droit à une aide de la collectivité, dans les conditions fixées par la présente loi, pour accéder à un logement décent et indépendant ou s'y maintenir et pour y disposer de la fourniture d'eau, d'énergie et de services téléphoniques () ". Aux termes de l'article 6 de cette loi : " Il est créé dans chaque département un fonds de solidarité pour le logement. / Le fonds de solidarité accorde, dans les conditions définies par son règlement intérieur, des aides financières sous forme de cautionnements, prêts ou avances remboursables, garanties ou subventions à des personnes remplissant les conditions de l'article 1er et qui entrent dans un logement locatif ou qui, étant locataires, sous-locataires ou résidents de logements-foyers, se trouvent dans l'impossibilité d'assumer leurs obligations relatives au paiement du loyer, des charges et des frais d'assurance locative, ou qui, occupant régulièrement leur logement, se trouvent dans l'impossibilité d'assumer leurs obligations relatives au paiement des fournitures d'eau, d'énergie et de services téléphoniques. Le fonds de solidarité pour le logement, dans les conditions définies par son règlement intérieur, accorde des aides au titre des dettes de loyer et de factures d'énergie, d'eau, de téléphone et d'accès à internet, y compris dans le cadre de l'accès à un nouveau logement () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les aides susceptibles d'être allouées par le fonds de solidarité pour le logement sont définies par les dispositions législatives et réglementaires qui encadrent ce dispositif et notamment, s'agissant du fonds de solidarité pour le logement dans le département des Bouches-du-Rhône, par les dispositions du règlement intérieur applicable à la date de la décision attaquée, en l'espèce le règlement intérieur du fonds de solidarité pour le logement adopté par la délibération du 14 décembre 2017 du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence.
4. Aux termes de l'article 6 de ce règlement : " Lorsque le ménage demandeur d'une aide à l'accès a déjà obtenu une aide à l'accès ou une aide au maintien, la Métropole s'assure de : / l'absence de dette relative au logement précédent, / la non-récupération de la caution, / l'absolue nécessité d'une nouvelle intervention (). () A titre exceptionnel, dans le cas où une dette locative est un frein à une mutation () deux dossiers FSL doivent être constitués simultanément : () un dossier FSL accès, afin de permettre l'accès au nouveau logement. A ce titre, seules la caution et la garantie de paiement peuvent être sollicitées () ". Aux termes de l'annexe 2 de ce règlement : " l'aide pour l'équipement de première nécessité () concerne les ménages () dont le logement précédent a été totalement sinistré et pour la part non prise en charge par l'assurance habitation () ". Aux termes de cette même annexe : " une deuxième demande (au titre du dépôt de garantie) peut être accordée sur justificatifs, en tenant compte de l'évolution et de l'évaluation de la situation : () aide accordée : différentiel des dépôts de garantie entre la nouvelle caution et l'ancienne dans un maximum de 800 euros () ". Enfin, cette annexe permet " la prise en charge du premier mois de loyer, hors charges, lorsqu'il n'est pas couvert par l'allocation logement (AL, APL, ALS ou ALF) () ".
5. Si Mme C soutient que ses meubles ont été détériorés par des nuisibles, et qu'elle a été tenue de les jeter, d'une part, elle ne l'établit pas par ses seules déclarations, et d'autre part, elle n'établit pas que son logement a été totalement sinistré et qu'elle n'a pas bénéficié d'une prise en charge par l'assurance habitation.
6. Il résulte par ailleurs de l'instruction que Mme C bénéficie de l'allocation pour le logement, ainsi que cela ressort de ses relevés de compte auprès du bailleur. Dans ces conditions, la présidente du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence était fondée à lui refuser le bénéfice de l'aide tendant à la prise en charge du premier mois de loyer.
7. En revanche, pour refuser à Mme C le bénéfice de l'aide à la prise en charge du dépôt de garantie, la présidente du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence s'est fondée sur la circonstance que le différentiel entre la caution de son précédent logement et celle de son nouveau logement était négatif. Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l'article 6 du règlement du fonds de solidarité pour le logement que la métropole doit s'assurer, avant de refuser le bénéfice de cette aide, de la non-restitution de la caution du premier logement. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé de compte établi par le bailleur le 17 novembre 2020, que si le dépôt de garantie du nouveau logement, d'un montant de 375 euros, est inférieur au montant du dépôt de garantie de son ancien logement, qui s'élève à 505 euros, ce dernier dépôt de garantie n'a pas été restitué. Dans ces conditions, Mme C est fondée à soutenir que le motif tiré de que le montant restitué de la caution est supérieur au montant sollicité est entaché d'une erreur de fait.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme C est seulement fondée à demander l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle lui refuse le versement de la somme demandée de 375 euros au titre du dépôt de garantie.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 20 avril 2021 est annulée en tant qu'elle n'accorde pas à Mme C la somme de 375 euros (trois cent soixante-quinze euros) au titre du dépôt de garantie de son nouveau logement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
La magistrate désignée,
Signé
A. B
Le greffier,
Signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026