mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105612 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PLANES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2021, M. A B, représenté par Me Planes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète des Hautes-Alpes a rejeté sa demande du 1er mars 2021 tendant à la reconnaissance de sa qualification pour enseigner et encadrer l'activité sportive d'escalade en via ferrata et à la délivrance de la carte professionnelle lui permettant d'exercer cette activité contre rémunération ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Hautes-Alpes de lui délivrer une carte de professionnelle d'éducateur sportif d'escalade en via ferrata, au besoin sous astreinte ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 105 000 euros au titre de son préjudice économique ainsi qu'une somme de 100 000 euros au titre de son préjudice moral ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la préfète n'a pas respecté le délai d'un mois prévu par l'article 51 de la directive n° 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 septembre 2005, que l'administration lui a demandé de lui communiquer des documents qui n'étaient pas légalement requis, qu'elle n'a pas respecté les dispositions du code de conduite approuvé par le groupe de coordonnateurs pour la directive 2005/36/CE du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles, qu'elle n'a pas jugé utile de s'informer par l'intermédiaire du système d'information du marché intérieur (IMI) pour obtenir les éléments nécessaires à l'instruction de sa demande et qu'elle a méconnu la délai de trois mois prévu par l'article R. 212-90-2 du code du sport ;
- cette décision doit être motivée ;
- elle est illégale dès lors que le non-respect des délais de réponse par l'administration à sa demande conduit à ce qu'il soit en droit d'exercer son activité professionnelle en toute légalité ;
- il est présumé bénéficier d'une présomption de qualification en vertu de la directive n° 2005/36/CE du 7 septembre 2005 et, par ailleurs, dès lors qu'il a déjà obtenu en 2018 et en 2019 la reconnaissance qu'il réclame ;
- l'administration n'établit pas l'existence d'une différence substantielle entre la formation qu'il a suivie dans son pays d'origine et celle requise en France pour exercer l'activité d'escalade en via ferrata ;
- l'administration a changé de position à plusieurs reprises.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2022, la préfète des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 novembre 2022, la clôture d'instruction est intervenue à la même date en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Par une lettre du 5 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés de ce que les conclusions à fin d'annulation et indemnitaires, enregistrées le 23 juin 2021 au greffe du tribunal, sont tardives dès lors qu'elles ont été présentées au-delà du délai de deux mois après la réception le 29 décembre 2020 par le requérant de la décision du 23 décembre 2020, mentionnant les voies et délais de recours, rejetant, d'une part, le recours gracieux du 17 novembre 2020 présenté à l'encontre de la décision du 29 octobre 2020 par laquelle l'administration a opposé un refus à la demande du requérant pour la première fois au motif que la possession du diplôme de " Trainer B sportklimmen " ne permettait pas de justifier des connaissances et des compétences nécessaires pour l'obtention du diplôme d'Etat de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport " perfectionnement sportif " mention " escalade en milieux naturels " permettant notamment l'enseignement et l'encadrement de l'escalade en via ferrata sur le territoire national et, d'autre part, la demande indemnitaire du 17 novembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Balussou,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 février 2019, M. B, ressortissant belge titulaire d'une qualification de " Trainer B sportklimmen " en escalade, a adressé à l'administration un dossier de libre établissement pour exercer une activité d'enseignement et d'encadrement de l'activité sportive d'escalade en via ferrata. Par une lettre du 11 décembre 2019, la préfète des Hautes-Alpes l'a informé qu'elle considérait qu'il existait une différence substantielle entre sa qualification professionnelle et celle requise sur le territoire national et qu'elle saisissait, en conséquence, la commission de reconnaissance des qualifications du ministère chargé des sports. Lors de sa séance du 7 janvier 2020, la commission a estimé que le requérant ne répondait pas aux conditions d'accès du libre établissement des éducateurs sportifs en France. Par une décision du 28 janvier 2020, la préfète des Hautes-Alpes a rejeté la demande de M. B. Les recours gracieux adressés par ce dernier les 16 février et 15 juillet 2020 ont été rejetés par deux décisions des 10 mars et 15 juillet 2020. A la suite d'un nouveau recours gracieux adressé le 11 septembre 2020, la préfète des Hautes-Alpes, dans une décision du 29 octobre 2020, a reconnu que la formation de " Trainer B sportklimmen " était une formation réglementée au sens de la directive n° 2005/36/CE du 7 septembre 2005 mais a néanmoins maintenu son refus précédent au motif qu'elle ne correspondait pas au diplôme d'Etat de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport spécialité " perfectionnement sportif " mention " escalade en milieux naturels " permettant l'activité d'éducateur sportif d'escalade en via ferrata. Le requérant a formé un recours gracieux le 17 novembre 2020, rejeté par une décision du 23 décembre 2020, puis un dernier recours le 1er mars 2021, rejeté par une décision implicite. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les décisions du 29 octobre et 23 décembre 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 1er mars 2021, d'enjoindre à la préfète des Hautes-Alpes de lui délivrer une carte de professionnelle lui permettant d'exercer une activité d'éducateur sportif d'escalade en via ferrata et sollicite par ailleurs la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 105 000 euros au titre de son préjudice économique ainsi qu'une somme de 100 000 euros au titre de son préjudice moral.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation et les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. La décision attaquée du 29 octobre 2020 a été contestée par M. B par un recours du 17 novembre 2020, rejeté par une décision du 23 décembre 2020 portant la mention des voies et délais de recours, elle-même réceptionnée le 29 décembre par l'intéressé. Ainsi, la décision du 29 octobre 2020 n'était susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir que jusqu'au 1er mars 2021. Si M. B a adressé un second recours gracieux par lettre du 1er mars 2021, un tel recours n'est pas de nature à proroger le délai de recours contentieux qui, en tout état de cause, était déjà expiré lors de sa réception par l'administration le 2 mars 2021, sans qu'il ressorte des pièces du dossier, par ailleurs, que puissent être retenus des changements dans les circonstances de droit et de fait entre les décisions des 29 octobre et 23 décembre 2020 et celle rejetant implicitement le recours gracieux du 1er mars 2021. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la présente requête, enregistrées au greffe du tribunal le 23 juin 2021, sont tardives et doivent, pour ce motif, être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai () ".
5. Dans son recours gracieux du 17 novembre 2020 présenté à l'encontre de la décision du 29 octobre 2020 de la préfète des Hautes-Alpes, M. B a demandé l'indemnisation des préjudices qu'il estimait avoir subis du fait du refus opposé par l'administration de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée. Cette demande indemnitaire préalable a été rejetée par la préfète dans sa décision du 23 décembre 2020 portant la mention des voies et délais de recours et reçue le 29 par l'intéressé. Si ce dernier a adressé un recours gracieux par sa lettre du 1er mars 2021, celle-ci a été reçue le 2 par l'administration, soit au-delà du délai de recours contentieux et n'a, par suite, pas interrompu ce délai. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires de la présente requête, enregistrées au greffe du tribunal le 23 juin 2021, sont tardives et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques.
Copie en sera adressée au préfet des Hautes-Alpes.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
La rapporteure,
signé
E.-M. Balussou
La présidente,
signé
K. Jorda-LecroqLa greffière,
signé
N. Faure
La République mande et ordonne à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026