mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BRUSCHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 juin 2021 et le 10 mai 2022, Mme F D A, représentée par Me Bruschi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2021 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a invitée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'elle est entrée régulièrement sur le territoire français ;
- il méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est parent d'un enfant français et qu'elle est pacsée avec un ressortissant comorien depuis 2017 ;
- il méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté méconnaît les articles 3-1 et 7 de la Convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'invitation à quitter le territoire français méconnaît l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, ressortissante comorienne née le 25 décembre 1969 à Hombo (Comores), est entrée sur le territoire français le 9 novembre 2012 munie d'un visa valable du 30 octobre 2012 au 14 décembre 2012. Le 12 octobre 2020, elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 27 avril 2021 dont Mme D A demande l'annulation au Tribunal, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant invitation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
2. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 27 avril 2021, qui rejette la demande d'admission au séjour présentée par Mme D A, se borne par ailleurs à inviter l'intéressée à quitter le territoire français, sans lui en faire obligation. Une telle invitation à quitter le territoire, qui ne constitue que le rappel des dispositions de l'article R. 311-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est pas un acte faisant grief et n'est pas susceptible de recours. Par suite, les conclusions présentées par Mme D A dirigées contre cette décision sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; () ". En outre, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme D A est entrée en France au mois de novembre 2012. L'intéressée justifie de sa présence continue sur le territoire depuis cette date par la production de nombreuses pièces médicales, de documents bancaires faisant état d'opérations, d'avis d'imposition, de documents relatifs à la scolarité de son fils et de courriers divers. La requérante justifie également, sans être contestée par le préfet, partager depuis 2015 une communauté de vie avec M. C B, avec lequel elle est pacsée depuis le 6 février 2017, et qui est titulaire d'une carte de résident de dix ans, lui donnant vocation à résider durablement en France. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, Mme D A établit avoir fixé en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Par suite, et pour regrettable que soit la circonstance que la requérante ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle significative, le préfet a porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme D A au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que l'arrêté du 27 avril 2021 méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme D A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 27 avril 2021 du préfet des Bouches-du-Rhône.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
7. Eu égard au motif sur lequel il se fonde, le présent jugement implique nécessairement que le préfet des Bouches-du-Rhône délivre à Mme D A un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme D A dirigées contre l'invitation à quitter le territoire français sont rejetées en ce qu'elles sont irrecevables.
Article 2 : L'arrêté du 27 avril 2021 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme D A est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à Mme D A un titre de séjour " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F D A et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Haïli, premier conseiller faisant fonction de président,
Mme Beyrend, premier conseiller,
Mme Pilidjian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
H. ELe président,
signé
X. HAÏLI
La greffière,
signé
C. CHARLOIS
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026