mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105697 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PAPAPOLYCHRONIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2021, Mme C B A, représentée par Me Papapolychroniou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 décembre 2020 par lequel la commune de la Ciotat a fixé au 8 juin 2020 la date de consolidation de son état de santé à la suite de son accident de service du 4 juin 2019 et l'a déclarée guérie de son accident de service à cette même date ;
2°) d'annuler la décision du 23 décembre 2020 et l'arrêté du 24 décembre 2020 en ce qu'ils la placent en congé de maladie ordinaire à compter du 8 juin 2020 et refusent de prendre en charge ses frais médicaux au titre de l'accident de service à compter de cette date ;
3°) d'annuler la décision de rejet de sa demande de reprise à temps partiel thérapeutique formulée le 10 octobre 2019 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de la Ciotat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de mettre un terme à son congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) à la date du 8 juin 2020 :
- elle est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle ne contient aucune précision sur la raison pour laquelle il est considéré que le CITIS devait prendre fin à la date de consolidation ;
- l'administration s'est abstenue de tout examen individuel de sa situation ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle méconnait l'article 21 bis du statut général et l'article 57-2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984.
En ce qui concerne la décision de la placer en congé de maladie ordinaire à compter du 8 juin 2020 et de refuser la prise en charge de ses frais médicaux au-delà de cette date :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle méconnait l'article 21 bis du statut général et l'article 54-2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984.
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un temps partiel thérapeutique :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait l'article 57-4 bis de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984.
La requête de Mme B A a été communiquée à la commune de la Ciotat qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par un courrier en date du 30 janvier 2024 , les parties ont été informées, en application des dispositions du R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de la tardiveté des conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de temps partiel thérapeutique dès lors, d'une part, que la transmission d'une demande en ce sens n'est pas établie et, d'autre part, qu'à supposer qu'elle l'ait été, la requête a été enregistrée postérieurement à l'expiration du délai de recours à l'encontre d'un refus implicite qui serait né sur cette demande du 10 octobre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Papapolychroniou, représentant Mme B A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, adjointe technique principale de 2ème classe, exerce des fonctions de manager au service propreté des bâtiments de la commune de la Ciotat. Elle a été victime le 4 juin 2019 d'un accident déclaré imputable au service le 24 octobre 2019. Elle a sollicité une reprise à temps partiel thérapeutique le 10 octobre 2019. Par courrier du 23 décembre 2020, la commune de la Ciotat lui a transmis les conclusions de l'expert, indiqué que ses arrêts maladie au-delà du 8 juin 2020 seraient pris en charge au titre de la maladie ordinaire et que la régularisation financière serait effective sur sa paie de janvier 2021. Par arrêté du 24 décembre 2020, la commune de la Ciotat l'a déclarée consolidée et guérie de son accident à la date du 8 juin 2020. Mme B a contesté, par un recours gracieux formé le 23 février 2021 et resté sans réponse, la décision de rejet de sa demande de temps partiel thérapeutique, le courrier du 23 décembre 2020 et l'arrêté du 24 décembre 2020. Elle demande au tribunal l'annulation de ces trois décisions.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de refus d'octroi d'un temps partiel thérapeutique :
2. Aux termes de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation ". Aux termes de l'article L. 231- 4 du même code : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ". Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ".
3. Il ressort des documents versés par la requérante elle-même que sa demande de temps partiel thérapeutique a été formulée le 10 octobre 2019. En vertu des dispositions du code des relations entre le public et l'administration exposées au point 2, la décision implicite de rejet de cette demande est donc intervenue le 11 décembre 2019. Par suite le délai dont disposait Mme B A pour contester cette décision est arrivée à échéance le 12 février 2020. Dans ces conditions, les conclusions dirigées contre le rejet par l'administration de sa demande de temps partiel thérapeutique sont tardives, et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 23 décembre 2020 et l'arrêté du 24 décembre 2020 :
4. D'une part, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable au litige : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article () / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () ".
5. D'autre part, la date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et se stabilisent et acquièrent un caractère permanent, permettant alors d'apprécier un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) résultant d'une pathologie. La date de consolidation ne peut être assimilée à la guérison et ne constitue pas davantage une circonstance impliquant nécessairement la fin des soins nécessités par cette pathologie.
6. Il ressort des pièces du dossier que pour mettre fin au congé pour invalidité temporaire imputable au service de Mme B A au 8 juin 2020, les décisions litigieuses n'ont tiré conséquence que des seules conclusions de l'expert du 15 décembre 2020, lequel atteste de la seule consolidation de l'état de santé de la requérante au 8 juin 2020 et non de sa guérison. Ce faisant, la commune de la Ciotat a méconnu l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires tel qu'exposé au point 4.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B A est fondée à demander l'annulation de la décision du 23 décembre 2020 en ce qu'elle la place en arrêt de maladie ordinaire à compter du 8 juin 2020 et de l'arrêté du 24 décembre 2020 en ce qu'il la déclare guérie de son accident de service à cette même date, ainsi que des décisions de rejet de ses recours gracieux.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de la Ciotat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 décembre 2020, en ce qu'elle place Mme B A en arrêt de maladie ordinaire à compter du 8 juin 2020, l'arrêté du 24 décembre 2020, en ce qu'il la déclare guérie de son accident de service du 4 juin 2019 à cette même date, et les décisions de rejet de ses recours gracieux sont annulés.
Article 2 : La commune de la Ciotat versera la somme de 1 000 euros à Mme B A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A et à la commune de la Ciotat.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La rapporteure,
Signé
H. Forest
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026