jeudi 4 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BACHTLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juillet 2021, M. A C, représenté par Me Bachtli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 mai 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident dont il a été victime le 22 septembre 2020 ;
2°) d'annuler les arrêtés du 10 mai 2021 par lesquels la présidente du conseil départemental l'a placé en congé de maladie ordinaire à compter du 23 septembre 2020 jusqu'au 20 juin 2021 inclus ;
3°) d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 22 septembre 2020 ou de réexaminer sa demande, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du département la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée du 20 mai 2021 est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 posant le principe d'un régime de présomption d'imputabilité au service d'un accident de trajet.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2021, le département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- et les observations de Mme B, représentant le département des Bouches-du-Rhône.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, adjoint administratif principal de 2ème classe au sein des services du département des Bouches-du-Rhône, a été victime le 22 septembre 2020 à 16h40 d'un accident de scooter sur la voie publique alors qu'il avait quitté son travail situé 4 quai d'Arenc à Marseille et qu'il se rendait chez sa sœur domiciliée au 28 avenue de la Peypine à Marseille, accident qu'il a déclaré comme accident de trajet le 6 octobre 2020. Il a été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 23 septembre 2020 au 22 avril 2021 par deux arrêtés des 11 et 26 mars 2021. Saisie par le département des Bouches-du-Rhône, la commission de réforme a émis le 6 mai 2021 un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident. Par deux arrêtés du 10 mai 2021, M. C a été placé en congé de maladie ordinaire pour la période du 23 septembre 2020 au 20 juin 2021. Par une décision du 20 mai 2021 la présidente du conseil départemental a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 22 septembre 2020. M. C demande au tribunal l'annulation de la décision du 20 mai 2021 ainsi que des deux arrêtés du 10 mai 2021 le plaçant en congé de maladie ordinaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 20 mai 2021 rejetant la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Les décisions de refus de reconnaître l'imputabilité d'un accident au service doivent être regardée comme refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens du 6 ° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et doivent à ce titre être motivées.
3. La décision attaquée est uniquement motivée par référence à l'avis de la commission de réforme indiquant que " les faits évoqués ne permettent pas l'imputabilité de l'accident de trajet " du 22 septembre 2020. Ni la décision attaquée ni l'avis de la commission de réforme ne comporte d'autres considérations de droit ou de fait. En se bornant à cet énoncé non circonstancié, alors qu'est réputé constituer un accident de trajet tout accident dont est victime un agent public qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son travail et sa résidence et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel de cet agent ou toute autre circonstance particulière est de nature à détacher l'accident du service, ainsi que tout accident se produisant sur le parcours habituel entre la résidence de l'agent et le lieu où il est hébergé provisoirement afin d'être à même d'exercer les fonctions qui lui sont attribuées, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône n'a pas satisfait aux exigences de l'article L. 211-2 précité du code des relations entre le public et l'administration. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation doit être accueilli.
Sur les conclusions à fin d'annulation des deux arrêtés du 10 mai 2021 plaçant le requérant en congé de maladie ordinaire :
4. En se bornant à indiquer que " les arrêtés relatifs à un congé de maladie ordinaire n° S183 et n° S202 devront ne pourront de ce fait s'appliquer ", le requérant n'invoque aucun vice propre entachant ces arrêtés au soutien de ses conclusions tendant à leur annulation. Ces arrêtés ne sont en outre pas consécutifs à la décision du 20 mai 2021, qui leur est postérieure, refusant de reconnaître l'imputabilité de l'accident de M. C au service. Dans ces conditions, les conclusions distinctes présentées par le requérant à fin d'annulation des arrêtés du 10 mai 2021 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard à l'annulation par le présent jugement de la décision de la présidente du conseil départemental du 20 mai 2021 et au motif d'annulation retenu, il y a seulement lieu d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident dont M. C a été victime le 22 septembre 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône du 20 mai 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au département des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident dont M. C a été victime le 22 septembre 2020 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le département des Bouches-du-Rhône versera à M. C une somme de 1 000 euros au titre e l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 janvier 2024.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2106185
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026