mercredi 17 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106200 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | DEGUITRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10, 17 juillet et 20 octobre 2021, et 31 mars et 1er avril 2022, la société Blue Lagoon, représentée par Me Deguitre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les avis des sommes à payer émis par la ville de Marseille le 27 mai 2021 pour un montant de 9 780 euros, le 3 juin 2021 pour les montants de 10 560,60 euros et de 11 625 euros, le 21 juin 2021 pour un montant de 1 290,03 euros, le 2 juillet 2021 pour les montants de 12 991 euros, de 1 475 euros, de 9 472 euros, de 12 915 euros, et de 1 475 euros, le 29 juillet 2021 pour un montant de 2 520 euros et le 12 août 2021 pour un montant de 10 217 euros, au titre du recouvrement des frais engagés par cette collectivité au titre du relogement provisoire des occupants des appartements situés 61, rue d'Endoume / 1-3, rue Marignan à Marseille dont elle est propriétaire ;
2°) de la décharger du paiement de ces sommes ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les avis des sommes à payer en litige ne mentionnent pas les bases de liquidation ;
- aucune défaillance dans le relogement de ses locataires ne peut lui être reprochée dans la mesure où elle n'a pas été informée de l'obligation de relogement qui lui incombait ;
- la ville de Marseille ne peut mettre à sa charge les frais de relogement de M. B, ce dernier n'étant pas l'un de ses locataires.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 janvier et 4 mai 2022, la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation des avis des sommes à payer des 2 juillet 2021 sont irrecevables en l'absence de production des décisions attaquées ;
- les autres moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 juillet 2022, la clôture d'instruction est intervenue à cette même date en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.[AC1][AC2]
Un mémoire présenté pour la société Blue Lagoon a été enregistré le 23 mai 2023, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.
Par un courrier du 4 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'avis des sommes à payer du 21 juin 2021 d'un montant de 10 863 euros, cette décision étant inexistante.
Une réponse à cette communication présentée pour la société Blue Lagoon a été enregistrée le 5 janvier 2024 et communiquée le 8 janvier suivant. La société Blue Lagoon fait valoir que la demande d'annulation de l'avis de paiement du 21 juin 2021 d'un montant de 10 863 euros est entachée d'une erreur matérielle concernant ce montant, qui s'élève à 1 290,03 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision de renvoi en formation collégiale.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 janvier 2024 :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- les observations de Me Deguitre, représentant de la société Brothers And Co et de M. A, représentant la ville de Marseille.
[AC3]
Considérant ce qui suit :
1. La société Blue Lagoon est propriétaire de plusieurs appartements dans l'immeuble situé 61, rue d'Endoume / 1-3, rue Marignan à Marseille. A la suite du constat de désordres affectant cet édifice, le maire de Marseille a, par un arrêté du 12 décembre 2019, interdit l'occupation de l'immeuble et ordonné son évacuation immédiate par ses occupants. Un rapport d'expertise établi le 19 décembre 2019 ayant conclu à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire a pris le 3 janvier 2020 un second arrêté un arrêté de péril interdisant, à nouveau, l'accès aux appartements et locaux de l'immeuble jusqu'à la réalisation des travaux prescrits, et ordonnant aux copropriétaires de prendre immédiatement à leur charge l'hébergement des locataires jusqu'à la réintégration dans les lieux. Par la présente requête, la société Blue Lagoon demande l'annulation des avis des sommes à payer émis par la ville de Marseille le 27 mai 2021 pour un montant de 9 780 euros, le 3 juin 2021 pour les montants de 10 560,60 euros et de 11 625 euros, le 21 juin 2021 pour un montant de 1 290,03 euros, le 2 juillet 2021 pour les montants de 12 991 euros, de 1 475 euros, de 9 472 euros, de 12 915 euros, et de 1 475 euros, le 29 juillet 2021 pour un montant de 2 520 euros et le 12 août 2021 pour un montant de 10 217 euros, au titre du recouvrement des frais engagés par cette collectivité au titre du relogement provisoire des occupants des appartements. Elle demande également au tribunal de la décharger du paiement des sommes résultant de ces titres.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". En vertu de ces dispositions, la mise en recouvrement d'une créance doit comporter, soit dans le titre de recettes lui-même, soit par la référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul ayant servi à déterminer le montant de la créance.
3. En l'espèce, les avis des sommes à payer contestés mentionnent l'objet de la créance correspondant à " PGI 1, rue Marignan à Marseille ". La société requérante ne saurait utilement soutenir ne pas avoir su interpréter le sigle " PGI " comme signifiant " péril grave et imminent ", alors que ces avis mentionnent l'adresse de l'immeuble concerné par cet arrêté de péril. Ils précisent également chacun en ce qui le concerne le nom du locataire, ainsi que le nombre de nuitées de relogement et le coût unitaire correspondant. Si ces avis ne font pas expressément référence aux documents préalablement adressés à la requérante, dans lesquels figurent le nom de l'hôtel où les locataires ont été hébergés ainsi que les périodes d'hébergement correspondantes, la société requérante ne conteste toutefois pas avoir reçu ces courriers. Par suite, le moyen tiré de ce que les avis des sommes à payer sont insuffisamment motivés manque en fait.
4. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Pour l'application du présent chapitre, l'occupant est le titulaire d'un droit réel conférant l'usage, le locataire, le sous-locataire ou l'occupant de bonne foi des locaux à usage d'habitation et de locaux d'hébergement constituant son habitation principale./Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1 dans les cas suivants : ()/-lorsqu'un immeuble fait l'objet d'un arrêté de péril en application de l'article L. 511-1 du présent code, si l'arrêté ordonne l'évacuation du bâtiment ou s'il est assorti d'une interdiction d'habiter ou encore si les travaux nécessaires pour mettre fin au péril rendent temporairement le logement inhabitable ; () Cette obligation est faite sans préjudice des actions dont dispose le propriétaire ou l'exploitant à l'encontre des personnes auxquelles l'état d'insalubrité ou de péril serait en tout ou partie imputable ". L'article L. 521-3-1 du même code, dans sa version applicable au litige, dispose que : " I.- Lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une interdiction temporaire d'habiter ou d'utiliser ou que son évacuation est ordonnée en application de l'article L. 511-3, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer aux occupants un hébergement décent correspondant à leurs besoins. / A défaut, l'hébergement est assuré dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. Son coût est mis à la charge du propriétaire ou de l'exploitant () ". Aux termes de l'article L. 521-3-2 de ce code : " I. -Lorsqu'un arrêté de péril pris en application de l'article L. 511-1 ou des prescriptions édictées en application de l'article L. 123-3 ou de l'article L. 129-3 sont accompagnés d'une interdiction temporaire ou définitive d'habiter et que le propriétaire ou l'exploitant n'a pas assuré l'hébergement ou le relogement des occupants, le maire ou, le cas échéant, le président de l'établissement public de coopération intercommunale prend les dispositions nécessaires pour les héberger ou les reloger () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 511-1-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction alors applicable : " Tout arrêté de péril pris en application de l'article L. 511-1 est notifié aux propriétaires et aux titulaires de droits réels immobiliers sur les locaux, tels qu'ils figurent au fichier immobilier. Il est également notifié, pour autant qu'ils sont connus, aux titulaires de parts donnant droit à l'attribution ou à la jouissance en propriété des locaux, aux occupants et, si l'immeuble est à usage total ou partiel d'hébergement, à l'exploitant. Lorsque les travaux prescrits ne concernent que les parties communes d'un immeuble en copropriété, la notification aux copropriétaires est valablement faite au seul syndicat de la copropriété./A défaut de connaître l'adresse actuelle des personnes visées au premier alinéa ou de pouvoir les identifier, la notification les concernant est valablement effectuée par affichage à la mairie de la commune ou, à Paris, Marseille et Lyon, de l'arrondissement où est situé l'immeuble ainsi que par affichage sur la façade de l'immeuble () ".
6. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 1, que la ville de Marseille, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, a pris les mesures nécessaires pour assurer le relogement de locataires de la société Blue Lagoon dont les logements étaient visés par l'arrêté de péril grave et imminent du 3 janvier 2020. La société Blue Lagoon soutient qu'aucune défaillance dans le relogement de ses locataires ne saurait lui être reprochée dans la mesure où elle n'a pas été informée, avant les courriers des 15, 24 février, 3 et 11 mai 2021 de la ville de Marseille lui indiquant les conditions dans lesquelles ses locataires avaient été hébergés à l'hôtel, du relogement par celle-ci de ces locataires, ni même des conditions de ces relogements.
7. Si l'administration n'apporte pas la preuve de la remise par un agent municipal du courrier du 16 décembre 2019 avertissant le syndicat des copropriétaires de l'immeuble que chaque propriétaire bailleur devrait proposer par écrit à ses locataires une offre d'hébergement temporaire, il résulte de l'instruction que le représentant des copropriétaires était présent lors des opérations d'expertise réalisées le 18 décembre 2019 par l'expert désigné, ayant conclu à l'état de péril grave et imminent de l'immeuble, et que ce représentant s'est vu remettre une copie du rapport établi le 19 décembre 2019 par l'expert. Or, il ressort clairement de ce rapport que la première des mesures préconisées était d'évacuer les logements et d'en interdire l'accès, les locaux devant rester fermés, sous la responsabilité du syndicat des copropriétaires. En outre, si la société requérante conteste avoir reçu notification de l'arrêté de péril grave et imminent du 3 janvier 2020 ordonnant l'évacuation des occupants de l'immeuble, il résulte de l'instruction que cet arrêté a fait l'objet d'un affichage à la mairie des 1er et 7ème arrondissements de Marseille du 7 janvier au 7 février 2020, et d'un affichage sur l'immeuble en litige, lequel était vide de tout occupant depuis le 12 décembre 2019 à la suite de l'arrêté du même jour ordonnant son évacuation immédiate. Dans ces conditions, la société Blue Lagoon, qui, au surplus, n'établit ni même n'allègue ne pas avoir eu connaissance de la suspension du paiement des loyers par les occupants, dès le 1er janvier 2020, ne saurait sérieusement soutenir qu'elle ignorait que l'immeuble faisait l'objet d'un arrêté de péril grave et imminent impliquant son évacuation. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, elle doit être regardée comme ayant eu connaissance, au plus tard le 7 janvier 2020, des circonstances que ses locataires avaient été évacués de l'immeuble en cause et qu'il lui incombait donc, en sa qualité de propriétaire, de prendre les mesures nécessaires à leur hébergement provisoire. Alors que la circonstance que la société Blue Lagoon n'a pas été informée dès le 12 décembre 2019 de l'évacuation des occupants n'est pas de nature à faire obstacle à l'existence de l'obligation de relogement lui incombant à compter, non pas du 12 décembre 2019, mais du 7 janvier 2020, elle n'établit ni même n'allègue avoir entrepris la moindre démarche en vue d'assurer le relogement de ses locataires. Par suite, eu égard à sa défaillance, l'autorité territoriale était fondée à lui réclamer le remboursement des frais qu'elle a dû avancer, à compter de cette date, en se substituant à elle pour assurer le relogement des locataires.
8. Si la société Blue Lagoon soutient par ailleurs que les frais de relogement de M. B ne pouvaient être mis à sa charge dès lors qu'il ne s'agit pas d'un de ses locataires, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration lui aurait demandé, par un avis de somme à payer, le versement du coût du relogement de ce locataire. Par suite, ce moyen manque en fait.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des avis des sommes à payer en litige doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense. Par voie de conséquence, les conclusions à fin de décharge doivent également être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par la société Blue Lagoon soit mise à la charge de la ville de Marseille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Blue Lagoon est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Blue Lagoon et à la ville de Marseille.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Boyé, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2024.
La rapporteure,
F. Gaspard-Truc
La présidente,
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
FL. Boyé
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
[AC1]On vise la CLImmédiate '
[AC2]
[AC3]J'ai rajouté M. Camerlo pour la commune qui a pris la parole dans les autres dossiers. Je ne sais pas si c'était la cas dans ce numéro.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026