mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106212 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | VINCENSINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juillet 2021 et un mémoire enregistré le 29 avril 2022, Mme D A B, représentée par Me Vincensini, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du préfet des Bouches-du-Rhône rejetant sa demande de carte de résident, révélée par la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " le 16 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de résident en application de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros à Me Vincensini sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle se trouvait en situation régulière lorsqu'elle a effectué sa demande ;
- la condition relative à la détention d'un visa de long séjour ne lui est pas opposable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation sur sa situation d'ascendante à charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de décision faisant grief ;
- les moyens soulevés par Mme A B ne sont pas fondés.
Par une décision du 3 mars 2021, Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B épouse C, ressortissante palestinienne, est entrée en France le 25 mai 2018 sous couvert d'un visa Schengen de type C. Le 21 décembre 2018, elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 311-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et s'est vue délivrer des autorisations provisoires de séjour, valables du 26 juin 2019 au 18 décembre 2019 puis du 19 décembre 2019 au 18 juin 2020. Le 19 mai 2020, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, puis, par un nouveau courrier du 23 juillet 2020 réceptionné le 5 août 2020, l'intéressée a sollicité la délivrance d'une carte de résident sur le fondement du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Le 16 septembre 2020, Mme A B s'est vue délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 17 août 2020 au 16 août 2021. Elle demande au tribunal d'annuler la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de résident, révélée par la délivrance d'une carte de séjour temporaire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Sauf si la présence de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public, la carte de résident est délivrée de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour : () / 2° A l'enfant étranger d'un ressortissant de nationalité française () ainsi qu'aux ascendants d'un tel ressortissant et de son conjoint qui sont à sa charge, sous réserve qu'ils produisent un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois () ".
3. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à la délivrance d'une carte de résident au bénéfice d'un ressortissant étranger qui fait état de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, l'autorité administrative peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que l'intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres lui permettant de subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
4. S'il ressort des pièces du dossier que Mme A B réside habituellement chez son fils et sa belle-fille depuis son arrivée en France le 25 mai 2018 et qu'elle est titulaire, depuis le 26 juin 2019, d'autorisations provisoires de séjour et, depuis le 17 août 2020, d'un titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", l'intéressée, veuve et âgée de soixante et un an à la date de la décision attaquée, ne justifie pas, par la production d'une attestation datée du 18 février 2014 indiquant qu'elle n'est pas inscrite au ministère du travail palestinien, qu'elle ne disposait d'aucune ressource propre quand elle demeurait en Palestine. En outre, il est constant que son fils français ne lui apportait aucune aide avant son arrivée en France et elle n'établit pas que ces cinq autres enfants demeurant en Palestine, tous majeurs, ne pourraient la prendre en charge dans ce pays. Par suite, en estimant que Mme A B ne pouvait être regardée comme étant à la charge de son fils, le préfet n'a pas commis d'erreur de droit ni d'appréciation en refusant de lui délivrer une carte de résident sur le fondement des dispositions précitées du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. La circonstance que Mme A B était en situation régulière au moment où elle a adressé sa demande est sans influence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que le préfet des Bouches-du-Rhône ne s'est pas fondé sur l'irrégularité de son séjour pour lui refuser une carte de résident.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par le préfet des Bouches-du-Rhône, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère
Mme Simeray, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La rapporteure,
Signé
C. ELe président,
Signé
P-Y Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026