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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2106261

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2106261

jeudi 4 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2106261
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL ABEILLE & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et cinq mémoires, enregistrés le 13 juillet 2021, le 31 mai, les 26 et

28 octobre 2022, le 9 mars 2023 et le 4 avril 2023, M. C B, Mme G H épouse I, M. F H et M. A H, représentés par Me Gougot, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler les arrêtés du 11 janvier 2021 et 17 août 2022, portant respectivement permis de construire initial et permis de construire modificatif, par lesquels le maire de la commune de Gréasque a autorisé M. D à modifier une construction existante située

19 montée du Puget sur le territoire de ladite commune, en créant des logements supplémentaires avec terrasses et annexes, ainsi que le rejet implicite du recours gracieux formé contre l'autorisation initiale ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Gréasque et de M. D la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

S'agissant du permis de construire initial :

- le permis méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme communal, conjugué à l'article 15 des dispositions générales de ce règlement ;

- il méconnaît l'article UC11-1 du même règlement ;

- il méconnaît l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il a été obtenu par fraude, et ne peut être régularisé par un permis de construire modificatif qui démontre la volonté délibérée du pétitionnaire de tromper l'administration sur la superficie exacte de la parcelle d'assiette du projet ;

S'agissant du permis de construire modificatif :

- il méconnaît l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme communal et cette méconnaissance ne peut être régularisée par application des articles L. 600-5-1 ou L. 600-5 du code de l'urbanisme, dès lors que la suppression de la partie bâtie au-dessus du garage entraînerait alors la méconnaissance par le projet de l'article UC8 du règlement ;

- il méconnaît l'article UC10-1 du règlement du plan local d'urbanisme communal ;

- il ne respecte pas l'article R. 431-10 c) du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire modificatif méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme communal ;

- le permis de construire modificatif méconnaît l'article UC11.1 du règlement du plan local d'urbanisme communal.

Par quatre mémoires, enregistrés le 15 septembre 2021, le 29 août 2022, le

7 décembre 2022 et le 16 mars 2023, M. D, représenté par Me Bérenger, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, à ce que le tribunal fasse application des articles L. 600-5 et

L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;

- à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 27 octobre 2021, la commune de Gréasque, représentée par Me Pontier, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Un mémoire, présenté pour M. D, a été enregistré le 11 avril 2023 après la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.

Un mémoire, présenté pour les requérants, a été enregistré le 12 avril 2023 après la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.

Par une lettre du 7 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré, sur le fondement de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, de l'irrecevabilité du moyen nouveau, présenté à l'encontre du permis de construire initial plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense et tiré de la méconnaissance de l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme communal.

Par une lettre du 8 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, que le tribunal pourrait juger que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme communal est fondé tant vis-à-vis de l'arrêté du 11 janvier 2021 portant permis de construire initial que vis-à-vis de l'arrêté du 17 août 2022 portant permis de construire modificatif, pourrait estimer que ce vice est susceptible d'être régularisé et, en conséquence, pourrait surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois qu'il accorderait pour cette régularisation.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,

- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,

- et les observations de Me Gougot, représentant les requérants, de Me Laroque représentant la commune de Gréasque et de Me Tagnon substituant Me Bérenger, pour M. D, présent à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Sur un terrain, cadastré section AP n° 56 et situé 19 montée du Puget sur le territoire de la commune de Gréasque, en zone UC du règlement du plan local d'urbanisme de cette commune, le maire de Gréasque a délivré le 11 janvier 2021 à M. D un permis de construire en vue de l'extension d'une construction existante par réalisation de logements supplémentaires avec, notamment, des annexes. Un permis de construire modificatif, prenant en compte, entre autres, des modifications relatives à la superficie du terrain d'assiette, au nombre de logements créés, à la hauteur, au bassin de rétention, ainsi que la suppression des sous-sols et la transformation des annexes en garages, a été délivré par le maire de Gréasque à ce même pétitionnaire par un arrêté daté du 17 août 2022. M. B, Mme H épouse I et MM. F et A H demandent l'annulation de ces deux arrêtés, ainsi que de la décision implicite rejetant le recours gracieux formé contre l'autorisation initiale.

Sur les conclusions en annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial. Dans le présent jugement, les moyens tournés à l'encontre du permis de construire initial, que le permis de construire modificatif délivré régularise, seront écartés, sans qu'il soit nécessairement rappelé qu'ils sont devenus inopérants contre le permis de construire initial.

En ce qui concerne l'arrêté du 17 août 2022 portant permis de construire modificatif :

S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 c) du code de l'urbanisme soulevé à l'encontre du permis de construire modificatif :

3. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également :/()/ c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ;/() ". Il ressort des pièces du dossier de la demande que si l'insertion paysagère produite est imprécise quant à la partie bâtie se trouvant au-dessus du garage situé au milieu de l'ensemble projeté, cette insuffisance n'a pas été de nature, grâce à l'ensemble des autres pièces du dossier de demande et notamment à la pièce PC-5 relative à la façade Est du projet, à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable et à entacher d'illégalité le permis de construire en litige.

S'agissant des moyens tirés de la méconnaissance des articles UC3 du règlement du plan local d'urbanisme communal et R. 111-2 du code de l'urbanisme :

4. L'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, applicable même aux communes dotées d'un plan local d'urbanisme en vertu de l'article R. 111-1 du même code, dispose : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme communal : " Pour être constructible, un terrain doit être desservi par une voie publique ou privée ouverte à la circulation publique, en bon état de viabilité, dont les caractéristiques doivent satisfaire aux règles minimales de desserte et de sécurité, de défense contre l'incendie et d'enlèvement des ordures ménagères, soit 4 m au minimum de largeur ". Il ressort de la comparaison de ces deux articles, tous deux invoqués par les requérants relativement à l'étroitesse alléguée de la voie d'accès au projet, que les dispositions de l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme ont le même objet que celles de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme, et qu'elles prévoient des exigences qui ne sont pas moindres. Par suite, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de l'arrêté portant permis de construire modificatif, sur laquelle le tribunal exerce un contrôle normal, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 étant, en conséquence, inopérant s'agissant du permis de construire modificatif.

5. En l'absence d'indications contraires, la référence faite par un plan local d'urbanisme à la largeur de la voie doit, en principe, s'entendre comme comprenant non seulement la partie de la chaussée ouverte à la circulation des véhicules, mais aussi la partie de l'emprise réservée au passage des piétons, c'est-à-dire et de manière générale, la chaussée et les accotements. Si les requérants indiquent que la " bande roulante " de la voie desservant le projet présenterait au droit du terrain d'assiette une largeur oscillant entre 2,80 mètres et 3,20 mètres, il ne ressort pas des pièces du dossier, versées tant par eux-mêmes que par le pétitionnaire, qu'en y incluant les accotements, la largeur de la voie dite " montée du Puget " et desservant le projet serait inférieure à 4 mètres. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC3 soulevé à l'encontre de l'arrêté portant permis de construire modificatif doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré de de la méconnaissance de l'article UC10 du règlement du plan local d'urbanisme communal :

6. D'une part, selon l'article 15, portant lexique, des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme communal, la hauteur à l'égout du toit " correspond à la hauteur mesurée verticalement en tout point des façades du sol naturel jusqu'à l'égout du toit. En cas d'affouillement, la mesure de la hauteur est comptée à partir du terrain après travaux. En cas d'exhaussement, la mesure de la hauteur est comptée à partir du terrain naturel ". D'autre part, l'article UC10.1 du règlement du plan local d'urbanisme communal dispose : " la hauteur des constructions ne pourra excéder 7 mètres de hauteur à l'égout. () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions, qu'il convient d'éclairer par les schémas accompagnant la définition de la hauteur dans le lexique précité, que la hauteur à l'égout du toit correspond à la hauteur des façades de la construction, une fois le terrain travaillé conformément au projet. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la hauteur à l'égout du toit ne peut comprendre la partie enterrée de la construction correspondant à son vide sanitaire et il ressort des plans du projet que cette hauteur n'est pas supérieure à 7 mètres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC10 doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré de de la méconnaissance de l'article UC11 du règlement du plan local d'urbanisme communal :

7. L'article UC11.1 du règlement du plan local d'urbanisme dispose : " La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que les dimensions du projet, dont la longueur totale s'établit à 30,85 mètres et la hauteur au faîte à 8 mètres environ, et dont l'aspect extérieur est celui de l'architecture vernaculaire, devraient le faire regarder comme une barre portant atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants. Par suite, le moyen précité doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme communal :

8. D'une part, selon l'article 15, portant lexique, des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme communal, " l'emprise au sol d'une construction correspond à la projection verticale de la construction au sol, exception faite des balcons, débords de toitures et des éléments de modénatures ou architecturaux ". Ce même article définit l'annexe comme un " bâtiment ou partie de bâtiment dont l'usage ne peut être qu'accessoire à celui de la construction principale régulièrement autorisée dans la zone. //Liste d'exemples non exhaustive : abris bois, abris de jardin, locaux piscine, locaux techniques, préau, abris ou garages pour véhicules et vélos ". D'autre part, l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme communal dispose : " Le coefficient d'emprise au sol tel que défini à l'article 15 des dispositions générales, est fixé à 15 % maximum hors annexes. // Pour les annexes, il est admis une emprise au sol maximale de 60 m² ".

9. Il ressort du formulaire CERFA de la demande de permis de construire modificatif que le terrain d'assiette du projet présente une superficie de 1 347 m², permettant ainsi, en application des dispositions précitées, une emprise au sol d'une superficie maximale de

202,05 m² hors annexes. Si, à côté de garages - donc d'annexes - d'une superficie totale indiquée de 52,24 m², le plan de masse général joint au dossier de la demande annonce une emprise au sol de 201,96 m², il est constant que, comme l'indiquent les requérants, cette superficie ne comprend pas un espace, couvert par une toiture et situé au-dessus du garage séparant la construction existante de l'extension nouvelle. Cet espace, qui ne peut être regardé comme une annexe, est une construction qui, par projection verticale, dégage nécessairement une emprise au sol, dont la superficie doit être ajoutée à celle déclarée. En revanche, contrairement à ce qu'affirment les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que la superficie du balcon déjà édifié dans la construction existante doive être ajoutée à l'emprise déclarée. Dans ces conditions, alors que le plan de masse général permet d'évaluer à 25,09 m² la superficie de la construction projetée au-dessus du garage sus-évoqué et qu'ainsi l'emprise au sol du projet s'établit à 227,05 m², le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC9 doit être accueilli.

En ce qui concerne l'arrêté du 11 janvier 2021 portant permis de construire initial :

S'agissant du moyen tiré de la fraude :

10. Il ressort du formulaire CERFA de la demande de permis de construire initial que le terrain d'assiette du projet y est annoncé comme présentant une superficie de 1 376 m². Les requérants affirment que le pétitionnaire, architecte de profession, ne pouvait, sans intention de fraude, annoncer une telle superficie, dès lors que l'acte notarié, par lequel ce pétitionnaire est devenu propriétaire de la parcelle cadastrée AP n°56, et qu'il a lui-même a versé au dossier, indique une superficie de 1347 m². Cependant, cette circonstance ne suffit pas à établir la fraude alléguée, alors que le pétitionnaire a également versé au dossier un " plan topographique ", établi le 27 juillet 2020 par un cabinet de géomètres-experts et indiquant que la " superficie dans les clôtures " de la parcelle AP56 est de 1375 m², " emprise donnée à titre indicatif, en l'absence de bornages existants et donc sous toute réserve () ". Dans ces conditions, le moyen tiré de la fraude doit être écarté, et l'erreur commise sur la superficie de la parcelle d'assiette du projet doit être regardée comme régularisée par l'arrêté du 17 août 2022 portant permis de construire modificatif.

S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme communal :

11. Comme l'a relevé le pétitionnaire, ce moyen est irrecevable à l'encontre de l'arrêté portant permis de construire initial, en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme qui dispose : " () lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code,(), les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. ".

S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de sa largeur, laquelle s'entend chaussée et accotements inclus comme il a été dit au point 5 du présent jugement, la " montée du Puget ", qui dessert le projet, créerait un danger tel que le maire de Gréasque aurait, en délivrant l'arrêté portant permis de construire initial, commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de la circulation automobile supplémentaire, de l'ordre de six voitures, générée par le projet sur cette voie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré de de la méconnaissance de l'article UC11 du règlement du plan local d'urbanisme communal :

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le moyen précité doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré de de la méconnaissance de l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme communal :

14. Alors qu'en vertu des principes rappelés au point 2, le projet, modifié par l'arrêté portant permis de construire modificatif, doit être regardé comme développant la même emprise au sol que celle annoncée dans ce permis de construire modificatif, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC9 doit être accueilli pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.

Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

15. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

16. D'une part, il résulte des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme que, lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge administratif doit, en application de l'article L. 600-5-1, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5, si les conditions posées par cet article sont réunies.

17. D'autre part, les dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme permettent au juge de l'excès de pouvoir de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où l'illégalité affecte une partie identifiable du projet et peut être régularisée par une mesure de régularisation.

18. L'illégalité retenue aux points 9 et 14, qui tient au dépassement de l'emprise au sol maximale autorisée par l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme communal, constitue un vice n'affectant qu'une partie identifiable du projet au sens de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme. Il ne ressort pas des pièces du dossier que sa régularisation impliquerait d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, cette régularisation pouvant intervenir en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, il y a lieu de limiter à cette partie du projet l'annulation des arrêtés en litige. Il y a lieu également de fixer à deux mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel le pétitionnaire pourra demander la régularisation du vice retenu, étant rappelé que le permis de construire modificatif qui sera délivré en vue de cette régularisation, devra respecter toutes les dispositions applicables du règlement du plan local d'urbanisme en vigueur à la date de ce permis de construire.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, les sommes demandées par la commune de Gréasque et le pétitionnaire sur ce fondement. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sur le fondement de ces dispositions, de mettre à la charge solidaire de la commune de Gréasque et du pétitionnaire la somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance demandés par les requérants.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 11 janvier 2021 portant permis de construire initial et l'arrêté du 17 août 2022 portant permis de construire modificatif, par lesquels le maire de Gréasque a autorisé M. D à réaliser l'extension d'une construction existante par réalisation de logements supplémentaires, sont annulés en tant que l'emprise au sol autorisée par ces arrêtés méconnaît l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme communal.

Article 2 : Le délai accordé à M. D pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Gréasque et M. D verseront solidairement, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme globale de 1 500 euros à l'ensemble des requérants.

Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par les requérants est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à

Mme G H épouse I, à M. F H, à M. A H, à la commune de Gréasque et à M. E D.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Hogedez, présidente,

- Mme Busidan, première conseillère,

- M. Peyrot, premier conseiller.

Assistés de M. Brémond, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.

La rapporteure,

signé

H. BusidanLa présidente,

signé

I. Hogedez

Le greffier,

signé

A. Brémond

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne t à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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