jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106280 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP COLONNA D'ISTRIA ET GASIOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2021, M. B E, représenté par Me Gasior, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2021 notifié le 19 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Marseille lui a infligé la sanction de révocation ;
2°) d'enjoindre à la commune de Marseille de procéder à un réexamen de sa situation et de le rétablir dans ses droits dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de l'arrêté était incompétent ;
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure, le délai de quatre mois prévu à l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 n'ayant pas été respecté ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, les faits qui lui sont reprochés n'étant pas établis.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 décembre 2021, la commune de Marseille, représentée par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. E sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au même jour en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- les observations de Me Gasior, représentant M. E,
- et les observations de Me Brunière, représentant la commune de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. M. E était fonctionnaire territorial, éducateur des activités physiques et sportives, employé par la commune de Marseille. Après avoir suspendu l'intéressé de ses fonctions dans l'intérêt du service à compter du 14 août 2020, le maire de la commune de Marseille a prononcé sa révocation par un arrêté du 5 mai 2021. M. E demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en date du 5 mai 2021, a été signé par M. A D, directeur général des services de la ville de Marseille, titulaire d'une délégation de signature à cet effet par arrêté du maire de Marseille en date du 4 mars 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la ville de Marseille du 15 mars 2021. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit dès lors être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 30 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 alors applicable : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline./Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. / Si, à l'expiration d'un délai de quatre mois, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions. () ".
4. Ces dispositions ont pour objet de limiter les effets dans le temps de la mesure de suspension, sans qu'aucun texte n'enferme dans un délai déterminé l'exercice de l'action disciplinaire ni même fasse obligation à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'engager une procédure disciplinaire. M. E n'est dès lors pas fondé à soutenir que, faute d'avoir engagé la procédure disciplinaire à son encontre avant l'expiration du délai de quatre mois, la commune de Marseille a entaché d'illégalité la décision par laquelle elle a prononcé la sanction de révocation.
5. En troisième lieu, si M. E affirme que le rapport disciplinaire méconnaît le principe de loyauté dans l'administration de la preuve en ce qu'il a été établi à charge sans enquête contradictoire, ce moyen n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Au surplus et en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la commune s'est appuyée sur des témoignages recueillis loyalement, que M. E a eu accès à son dossier personnel, qu'il a été entendu et a pu faire valoir ses observations. Le moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
6. En quatrième et dernier lieu, pour prononcer la sanction de révocation à l'égard de M. E, la commune de Marseille lui a reproché, d'une part, d'avoir lors de la semaine du 25 au 29 novembre 2019 tenu des propos déplacés à caractère sexiste et sexuel à l'égard de deux enseignantes encadrant des élèves dans le cadre d'une classe bleue sur la base nautique de Corbières, alors qu'il était seul avec elles sur un bateau et à proximité des enfants, et, d'autre part, d'avoir, le 11 août 2020, sans en informer personne ni demander d'autorisation, proposé à Mme C, monitrice de kayak saisonnière, une sortie en bateau lors de laquelle il a eu des propos et des gestes à caractère sexuel à son encontre, en la menaçant de la violer si elle rapportait ce qui s'était passé, alors que son supérieur hiérarchique a dans son rapport écrit du 9 décembre 2019 et lors de son audition devant le conseil de discipline indiqué que l'agent était connu pour être " un peu séducteur " voire " dragueur " et qu'il avait été déjà recadré dans le passé pour des propos déplacés à l'égard d'une stagiaire majeure.
7. S'agissant des premiers faits reprochés, il ressort des pièces du dossier que deux enseignantes ont chacune témoigné, certes de manière anonyme mais sans qu'aucun élément ne remette en cause l'authenticité de ces témoignages, de l'existence de propos déplacés à caractère sexuel ou sexiste tenus par M. E pendant leur séjour. Ces témoignages sont corroborés partiellement par le témoignage d'une monitrice vacataire reçue le 10 décembre 2019 par le responsable du service nautisme et plongée. Dans le rapport qu'il a lui-même établi le 6 décembre 2019, M. E confirme avoir eu des échanges avec ces deux enseignantes sur leur vie privée et avoir questionné l'une d'entre elles sur ses préférences sexuelles et évoqué la vie de couple de l'autre, tout en reconnaissant que ses " approches de la vie sentimentale de ces deux personnes étaient un peu déplacées ".
8. S'agissant des seconds faits reprochés, il ressort des pièces du dossier que Mme C a été reçue, le jour des faits, par deux agents des services de la commune de Marseille qui ont établi le lendemain deux rapports écrits, l'un d'entre eux précisant que la monitrice " était visiblement troublée, la voix et les lèvres tremblantes avec toute l'apparence d'une personne choquée ". Mme C a déposé plainte le 12 août 2020 et a réitéré son témoignage lors de son audition devant le conseil de discipline. A supposer qu'un doute subsiste sur l'identité de la personne ayant eu l'initiative de la sortie en bateau, cet élément est sans incidence sur les faits qui se sont produits lors de cette sortie et qui ne sont pas utilement contredits par le requérant.
9. Enfin, la circonstance que M. E ait eu de bonnes évaluations durant ses nombreuses années de services et qu'il produise des attestations générales certifiant de ses qualités professionnelles demeure sans incidence sur la réalité et la gravité des faits reprochés.
10. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que la matérialité des faits n'est pas établie et qu'en conséquence la décision contestée serait entachée d'une erreur d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 5 mai 2021 présentées par M. E doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Marseille, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. E au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E la somme demandée par la commune de Marseille au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Marseille sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No2106280
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026