jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106283 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5e Ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SELARL ANDREANI-HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique enregistrés le 9 juillet 2021 et les 17 janvier et 16 décembre 2022, Mme C A, représentée par Me Chapuis, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 25 février et du 10 mai 2021 par lesquelles le directeur de Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur a prononcé à son encontre une sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée de douze mois ainsi que la suppression définitive de ses allocations ;
2°) d'enjoindre à Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du " responsable prévention des fraudes ", signataire de la décision attaquée ;
- l'absence de déclaration reprochée n'est pas constitutive d'une fraude ni d'une fausse déclaration mais d'une simple omission non intentionnelle et la décision méconnaît les articles L. 123-1 et L. 123-3 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les faits qui lui sont reprochés sont prescrits ;
- la décision en litige est entaché d'une erreur d'appréciation, la sanction est disproportionnée.
Par des mémoires en défense enregistrés le 29 septembre 2021 et le 16 juin 2022, Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur, représenté par Me Andreani, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la décision du 10 mai 2021 prise sur recours administratif préalable obligatoire s'étant substituée à celle du 25 février 2021, les conclusions dirigées contre cette dernière décision sont irrecevables ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Tosi pour Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi en dernier lieu le 5 janvier 2021, a bénéficié, outre des revenus de remplacement pour la période de juillet 2013 à mai 2015 puis les mois d'octobre 2015 et d'avril à octobre 2016, du complément de libre choix d'activité de la prestation d'accueil du jeune enfant pour les mois de mai 2013 à septembre 2015. Par la décision en litige du 10 mai 2021, le directeur régional de Pôle emploi lui a supprimé définitivement le bénéfice du revenu de remplacement et l'a radiée de la liste des demandeurs d'emplois pour une durée de douze mois à compter du 25 février 2021, au motif de l'absence de déclaration de la perception du complément de livre choix d'activité.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 février 2021 :
2. Il résulte de l'article R. 5412-8 du code du travail dans sa version applicable au litige que l'exercice d'un recours contentieux dirigé contre des décisions relatives à la radiation de la liste des demandeurs d'emploi est subordonné à l'exercice préalable d'un recours administratif qui a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que les décisions prises à la suite du recours se substituent en principe aux décisions initiales, et qu'elles sont seules susceptibles d'être déférées au juge.
3. Dans ces conditions, la décision du 10 mai 2021 par laquelle Pôle emploi a rejeté le recours administratif préalable exercé par Mme A contre la décision initiale du 25 février 2021 s'est substituée à cette dernière décision. Il s'ensuit que Pôle emploi est fondé à soutenir que les conclusions dirigées contre la décision initiale du 25 février 2021 sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 10 mai 2021 :
4. Aux termes de l'article L. 5426-2 du code du travail : " Le revenu de remplacement est supprimé par Pôle emploi dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 5412-1, à l'article L. 5412-2 et au II de l'article L. 5426-1-2. / Il est également supprimé en cas de fraude ou de fausse déclaration. Les sommes indûment perçues donnent lieu à remboursement ". Aux termes de l'article L. 5412-2 du même code : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui a fait de fausses déclarations pour être ou demeurer inscrite sur cette liste ". Aux termes de l'article R. 5426-3 de ce code : " I.- Le directeur mentionné à l'article R. 5312-26 supprime le revenu de remplacement mentionné à l'article L. 5421-1 pour une durée limitée ou définitivement selon les modalités suivantes : / () 3° En cas de manquement mentionné à l'article L. 5412-2 et, en application du deuxième alinéa de l'article L. 5426-2, en cas d'absence de déclaration, ou de déclaration mensongère du demandeur d'emploi, faites en vue de percevoir indûment le revenu de remplacement, il supprime ce revenu de façon définitive. Toutefois, lorsque ce manquement est lié à une activité non déclarée d'une durée très brève, le revenu de remplacement est supprimé, en cas de premier manquement, pour une durée de deux à six mois et, en cas de manquements répétés, de façon définitive. / L'appréciation du caractère répété des manquements tient compte des nouveaux manquements constatés dans un délai de deux ans à compter du jour de la notification de la décision de radiation ou de suppression du revenu de remplacement concernant le premier manquement () ". Aux termes de l'article R. 5412-4 de ce même code : " Le retrait du bénéfice du revenu de remplacement pour l'un des motifs énumérés à l'article R. 5426-3 entraîne pour l'intéressé la radiation de la liste des demandeurs d'emploi. ". Et aux termes de l'article R. 5412-5 de ce même code : " La radiation de la liste des demandeurs d'emploi entraîne l'impossibilité d'obtenir une nouvelle inscription : / () / 3° Pendant une période dont la durée est comprise entre six et douze mois consécutifs lorsque sont constatées les fausses déclarations mentionnées à l'article L. 5412-2 ".
5. Une mesure de suppression du revenu de remplacement, prise sur le fondement des dispositions précitées des articles L. 5426-2 et R. 5426-3 du code du travail, qui ne se borne pas à tirer les conséquences de ce que l'intéressé ne satisfait pas aux conditions légales auxquelles le revenu de remplacement est subordonné, revêt, en raison de ses motifs et des effets qui lui sont attachés, le caractère d'une sanction administrative.
6. Il résulte de l'instruction que Mme A a cumulé l'allocation de chômage et le complément de libre choix d'activité, sans déclarer la perception de cette dernière prestation auprès des services de Pôle emploi, pendant la période de mai 2013 à mai 2015. Toutefois, alors que l'intéressée n'a jamais fait l'objet de notification de décisions d'indus précédemment, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle se soit délibérément abstenue de déclarer la perception de la prestation d'accueil du jeune enfant en vue de percevoir un revenu de remplacement, alors que cette prestation ne constitue pas une activité au sens de l'article R. 5426-3 précité du code du travail, et que son montant ne correspond d'ailleurs qu'environ au tiers du montant de l'allocation d'aide au retour à l'emploi dont elle bénéficiait. Dans les circonstances très particulières de l'espèce, Mme A a pu légitimement ignorer ses obligations de déclaration du complément de libre choix d'activité de la prestation d'accueil du jeune enfant, ainsi, au surplus, que l'a jugé le tribunal judiciaire de Digne-les-Bains, dans son jugement du 19 octobre 2019 relatif à l'indu d'allocation d'aide au retour à l'emploi corrélatif. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à soutenir que le directeur général de Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur a fait une inexacte appréciation des dispositions précitées du code du travail en prononçant, au motif d'une fausse déclaration, la sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée de douze mois et la suppression définitive du revenu de remplacement.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la sanction du 10 mai 2021 prononcée à son encontre.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard à ses motifs, le présent jugement n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur la somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 10 mai 2021 est annulée.
Article 2 : Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur versera à Mme A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
La magistrate désignée,
Signé
A. B
Le greffier,
Signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026