lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106370 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SINGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 juillet 2021 et 22 novembre 2023, Mme B A, représentée par Me Singer, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 janvier 2021 par laquelle le directeur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de reconnaître imputable au service l'accident du 5 septembre 2019 ;
2°) d'enjoindre au recteur de reconnaître cet accident imputable au service, de prendre en charge à ce titre ses arrêts de travail ainsi que ses frais et honoraires médicaux, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure à défaut de transmission des témoignages à la commission de réforme ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle est entachée d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré 19 octobre 2023, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Singer, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, inspectrice de l'éducation nationale en poste à Salon-de-Provence puis à Marseille, demande au tribunal d'annuler la décision du 4 janvier 2021 par laquelle le directeur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de reconnaître imputable au service l'accident du
5 septembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 19 du décret u 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa version alors en vigueur : " () La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages rapports et constatations propres à éclairer son avis. / Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instruction, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires. / Le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de la partie administrative de son dossier. Un délai minimum de huit jours doit séparer la date à laquelle cette consultation est possible de la date de la réunion de la commission de réforme ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. / La commission de réforme, si elle le juge utile, peut faire comparaître le fonctionnaire intéressé. Celui-ci peut se faire accompagner d'une personne de son choix ou demander qu'une personne de son choix soit entendue par la commission de réforme. / L'avis formulé en application du premier alinéa de l'article L. 31 du code des pensions civiles et militaires de retraite doit être accompagné de ses motifs. / Le secrétariat de la commission de réforme informe le fonctionnaire : / -de la date à laquelle la commission de réforme examinera son dossier ; / -de ses droits concernant la communication de son dossier et la possibilité de se faire entendre par la commission de réforme, de même que de faire entendre le médecin et la personne de son choix () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'administration a transmis à la commission de réforme le formulaire de saisine du rectorat, le bulletin de situation de l'hôpital, un compte-rendu d'intervention de la police municipale, le rapport d'expertise du 20 février 2020, la déclaration d'accident de service renseignée par l'intéressée et quatre certificats médicaux. Ces pièces permettaient à la commission de réforme d'établir l'existence d'un malaise survenu le
5 septembre 2019 sur le lieu de travail de l'intéressée. Par ailleurs, le procès-verbal établi par les agents de la police municipale faisait mention du transport de Mme A à l'hôpital par son mari, le bulletin hospitalier mentionnait les heures d'entrée et de sortie du centre hospitalier. Le rapport d'expertise médicale du 20 février 2020, également transmis à la commission, indiquait que le malaise était intervenu alors que l'intéressée était au téléphone avec une collaboratrice et après qu'elle ait " consulté des courriels à caractère diffamatoire à son encontre ". La déclaration d'accident renseignée par Mme A apportait des précisions sur le contexte de cet évènement. Il ressort ainsi de ces éléments que le dossier remis aux membres de la commission de réforme a permis à ses membres d'apprécier les faits ainsi survenus dans le temps du service. Par ailleurs, les documents non communiqués, à savoir le témoignage de l'époux de Mme A et les témoignages de deux agents, relatant brièvement les circonstances dans lesquelles est survenu le malaise, ne permettent pas, au regard de leur contenu, d'apporter des éléments de contexte supplémentaires quant au caractère violent ou déplacé de cette conversation téléphonique, et n'étaient dès lors pas de nature à éclairer utilement la commission de réforme. Ainsi, à supposer même que ces témoignages n'aient pas été transmis à la commission de réforme, les conditions dans lesquelles cette commission s'est prononcée le 17 novembre 2020 n'ont pas eu pour effet de priver Mme A d'une garantie, et n'ont pas exercé, en l'espèce, d'influence sur le sens de la décision prise par l'administration.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version alors applicable : " II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet événement du service, dont il est résulté une lésion, le caractère d'un accident de service. Doit être regardé comme un accident, un événement précisément déterminé et daté, caractérisé par sa violence et sa soudaineté, à l'origine de lésions ou d'affections physiques ou psychologiques qui ne trouvent pas leur origine dans des phénomènes à action lente ou répétée auxquels on ne saurait assigner une origine et une date certaines. Il appartient, dans tous les cas, au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel événement, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le 5 septembre 2019 Mme A a fait un malaise alors qu'elle se trouvait sur son lieu de travail, à son bureau de l'inspection de l'éducation nationale de Salon-de-Provence. Sa déclaration d'accident du 6 septembre 2019 mentionne une " hypertension artérielle conjoncturelle due à un état de stress intense et un état anxieux qui découlent des situations de travail du 3 septembre 2019 et du 5 septembre 2019 ". Le rapport d'expertise médicale du 20 février 2020 mentionne que l'état de santé de l'intéressée, " ébranlée par des récents évènements professionnels a contribué à la réalisation du malaise " et qu'il " semblerait que Mme A ait souffert d'une poussée hypertensive ainsi que d'un état dépressif ". Il ressort des pièces du dossier que le malaise de Mme A, symptomatique de cet état anxieux, est intervenu alors qu'elle était en conversation téléphonique vers 20h30 avec une directrice d'école. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des témoignages de
Mme A et de la personne alors en conversation téléphonique avec elle, ni n'est au demeurant allégué, que la discussion était violente ou dénigrante envers l'intéressée. Cet échange portait sur un courriel du 5 septembre 2019, lu par Mme A à 18h45, émanant d'une conseillère pédagogique, lequel ne comporte non plus aucun propos violent ou désobligeant envers la requérante. Par ailleurs, l'intéressée indique dans sa requête subir une situation de harcèlement moral depuis plusieurs années et précise dans sa déclaration d'accident que le malaise est intervenu en partie à la suite d'un autre évènement du 3 septembre 2019. De même, le témoignage du mari de Mme A mentionne " une vie professionnelle particulièrement difficile depuis la rentrée de 2019 ". Il ressort de ces éléments que la conversation téléphonique du
5 septembre 2019 ne présente pas un caractère brutal et soudain et que, à supposer que la pathologie dépressive et l'hypertension de Mme A puissent être reconnues comme étant en lien avec le service, les lésions de Mme A s'inscrivent dans un contexte antérieur et diffus. Par suite, la conversation téléphonique du 5 septembre 2019 ne saurait être regardée comme un accident de service duquel découleraient le malaise et les pathologies de la requérante. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait, et qui tendent à contester l'absence de qualification de l'évènement du
5 septembre 2019 en accident de service, doivent être écartées. Aucun élément du dossier ne permet par ailleurs de considérer que la décision en litige constituerait une sanction déguisée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la décision contestée, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera transmise pour information au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Arniaud, première conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
La rapporteure,
signé
C. Arniaud
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026