jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106794 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS CADOZ-LACROIX-REY-VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 juillet 2021 et 11 avril 2022, M. A B, représenté par Me Pelgrin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence l'a classé dans le groupe de fonctions 3 et a fixé son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à un montant mensuel brut de 1 255,99 euros, à compter du 1er mai 2021 ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence de procéder au réexamen de sa situation administrative et ce, à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge du département des Alpes-de-Haute-Provence la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait puisqu'il devrait être classé dans le groupe de fonctions 2 et non dans le groupe de fonctions 3 eu égard à son diplôme et à son niveau d'excellence ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il ne peut subir de baisse de rémunération ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de son expertise professionnelle, de son niveau d'expertise et de responsabilité ainsi que de ses excellentes évaluations professionnelles ;
- il peut s'apparenter à une sanction arbitraire et constitue une mesure discriminatoire.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 18 octobre 2021 et 21 juin 2022, le département des Alpes-de-Haute-Provence, représenté par la SELARL Itinéraires avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de Mme Birsen Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- les observations de Me Pelgrin, représentant M. B et celles de Me Auger représentant le département des Alpes-de-Haute-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ingénieur territorial, a été recruté par voie de mutation par le département des Alpes-de-Haute-Provence le 1er octobre 2018, pour exercer les fonctions de directeur du laboratoire vétérinaire départemental. Il a ensuite été nommé chef du service santé animale à compter du 1er juin 2019, puis affecté sur le poste de responsable de l'unité " management de la qualité " à 60 % et responsable de l'unité " aide au diagnostic " à 40 % à compter du 1er juin 2020. Par un arrêté du 31 mai 2021, le président du conseil départemental des Alpes-de Haute-Provence l'a classé dans le groupe de fonctions 3 et a fixé son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) à un montant mensuel brut de 1 255,99 euros, à compter du 1er mai 2021. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, à supposer que M. B ait entendu soulever un moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée, l'arrêté du 31 mai 2021 par lequel le président du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence l'a classé dans le groupe de fonctions 3 et a fixé le montant de son IFSE, qui n'a pas le caractère d'une sanction ni celui d'un avantage dont l'attribution constituerait un droit, n'est pas au nombre des décisions qui, en vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, doivent être motivées. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet arrêté doit être écarté comme inopérant.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 88 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 : " les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions et de l'engagement professionnel des agents. Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat. / () Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics peuvent décider de maintenir, à titre individuel, au fonctionnaire concerné, le montant indemnitaire dont il bénéficiait en application des dispositions réglementaires antérieures, lorsque ce montant se trouve diminué soit par l'application ou la modification des dispositions réglementaires applicables aux services de l'Etat servant de référence, soit par l'effet d'une modification des bornes indiciaires du grade dont il est titulaire ". Aux termes de l'article 2 du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'État : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. Le nombre de groupes de fonctions est fixé pour chaque corps ou statut d'emploi par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. Ce même arrêté fixe les montants minimaux par grade et statut d'emplois, les montants maximaux afférents à chaque groupe de fonctions et les montants maximaux applicables aux agents logés par nécessité de service. Le versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est mensuel ".
4. Le caractère créateur de droits de l'attribution d'un avantage financier tel qu'une prime ne fait pas obstacle à ce que cette décision soit abrogée si l'intéressé ne remplit plus les conditions auxquelles cet avantage est subordonné ou si l'administration modifie l'appréciation qui avait justifié son attribution.
5. Par une délibération du 29 juin 2018 modifiée les 12 octobre 2018, 18 octobre 2019 et 11 décembre 2020 le conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence a décidé de mettre en place, pour les agents du département, le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), lequel comprend, d'une part, une IFSE liée aux fonctions exercées par l'agent et, d'autre part, un complément indemnitaire annuel lié à la manière de servir de l'agent. S'agissant du grade des ingénieurs territoriaux, cette délibération a défini trois groupes de fonctions, le groupe 1, correspondant aux agents affectés sur un emploi de directeur, le groupe 2 correspondant aux agents affectés sur un emploi de chef de service et le groupe 3 correspondant aux agents qui se voient confier d'autres fonctions.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui était auparavant chef de service en santé animale, a fait l'objet d'un changement d'affectation, qu'il n'a au demeurant pas contesté, à compter du 1er juin 2020, et a été nommé par arrêté du 11 mai 2020 sur le poste de responsable de l'unité " management de la qualité " à 60 % et responsable de l'unité " aide au diagnostic " à 40 %. Dès lors, n'occupant plus un poste de chef de service, il relevait à compter de cette date du groupe de fonctions 3, ce qui aurait dû entraîner dès cette nomination une diminution du montant de l'IFSE perçue de 130 euros dont il avait d'ailleurs été informé lors de son entretien du 27 février 2020 avec la directrice des ressources humaines, comme cela ressort des visas de l'arrêté contesté. Si le requérant a été maintenu par erreur, en dépit de son changement de poste, dans le groupe de fonctions 2 du 1er juin 2020 au 31 mai 2021 pour la perception de cette indemnité, il n'établit pas que son classement par le département dans le groupe de fonctions 3 à cette dernière date serait erroné. Les appréciations portées par ses précédents employeurs ainsi que l'attestation d'une ancienne collègue relatant les qualités professionnelles de M. B sont sans incidence à cet égard dès lors que l'attribution IFSE est liée aux fonctions exercées par l'agent. Par suite, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
7. En troisième et dernier lieu, M. B se borne à affirmer que la décision attaquée s'apparente à une sanction arbitraire et constitue une mesure discriminatoire sans développer aucun argument au soutien de ces affirmations. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de l'arrêté du 31 mai 2021 portant modification du montant de son IFSE doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Alpes-de-Haute-Provence, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par le département des Alpes-de-Haute-Provence au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département des Alpes-de-Haute-Provence sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département des Alpes-de-Haute-Provence.
Délibéré après l'audience du 2 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Hétier-Noël, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2106794
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026