mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106804 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LEMOINE CLABEAUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juillet 2021 et 27 juillet 2022, Mme A B, représentée par la SCP Lemoine Clabeaut, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2021 par laquelle le maire de la commune de Plan d'Orgon a rejeté sa demande de reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie ;
2°) d'enjoindre à la commune de Plan d'Orgon d'imputer sa maladie au service dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Plan d'Orgon la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière dès lors que, d'une part, aucun médecin psychiatre n'était présent à la séance du 29 juin 2021 de la commission de réforme et, d'autre part, aucun médecin agréé n'a été informé de la tenue de cette séance ;
- le maire a méconnu l'étendue de sa compétence en se croyant lié par l'avis émis par la commission de réforme ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, la commune de Plan d'Orgon, représentée par Me Ladouari, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme B de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que l'ensemble des moyens présentés par Mme B sont inopérants dès lors que la demande d'imputabilité de sa maladie au service ayant été déposée hors délai, elle devait être rejetée et, à titre subsidiaire, que ces mêmes moyens ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Balussou,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Lemoine, représentant Mme B, et de Me Extremet, représentant la commune de Plan d'Orgon.
Une note en délibéré présentée par la commune de Plan d'Orgon a été enregistrée le 26 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, rédactrice territoriale, responsable de la médiathèque de la commune de Plan d'Orgon depuis 2012, a été placée en arrêt de travail à compter du 10 janvier 2017 puis en congé de longue maladie et de longue durée. A la suite de la demande de la requérante de voir reconnaître le caractère professionnel de sa maladie, la commission de réforme s'est prononcée sur cette demande par deux voix pour et deux voix contre cette reconnaissance lors de sa séance du 29 juin 2021. Par une décision du 1er juillet 2021, la commune a rejeté la demande de la requérante. Celle-ci demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre à la commune de Plan d'Orgon de reconnaître l'imputabilité de son affection au service.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable à la date du 10 janvier 2017 : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° A des congés de maladie () / Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits () ". Aux termes de l'article 37-3 du même décret : " () II.-La déclaration de maladie professionnelle prévue à l'article 37-2 est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de deux ans suivant la date de la première constatation médicale de la maladie ou, le cas échéant, de la date à laquelle le fonctionnaire est informé par un certificat médical du lien possible entre sa maladie et une activité professionnelle () / IV.-Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée ". Aux termes du dernier alinéa de l'article 15 du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale : " Les délais mentionnés à l'article 37-3 du même décret courent à compter du premier jour du deuxième mois suivant la publication du présent décret lorsqu'un accident ou une maladie n'a pas fait l'objet d'une déclaration avant cette date ". Publié au Journal officiel de la République Française du 12 avril 2019, ce décret est entré en vigueur le 13 avril 2019.
4. Il résulte de ces dispositions que les conditions de délai prévues à l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987, dans sa rédaction issue du décret du 10 avril 2019, sont applicables aux demandes initiales de congé pour invalidité temporaire imputable au service motivées par un accident dont la déclaration a été déposée après le 13 avril 2019, alors même que l'accident en cause serait survenu antérieurement. Ces délais courent à compter du 1er juin 2019.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a adressé une demande de reconnaissance du caractère professionnel de sa pathologie le 4 décembre 2020 à la commune de Plan d'Orgon et que cette demande a fait l'objet d'une lettre accusant de sa réception par la collectivité le 11 décembre 2020 au plus tard. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient la commune, la requérante doit être regardée comme ayant déposé sa demande auprès de son employeur avant la fin du délai de deux ans prévu par les dispositions précitées de l'article 37-3 du décret du 30 juillet 1987, qui a débuté le 1er juin 2019 et s'est éteint le 31 mai 2021. Par suite, la commune de Plan d'Orgon n'est pas fondée à soutenir qu'elle était tenue de rejeter cette demande au motif qu'elle aurait été présentée hors des délais réglementaires applicables.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
7. Il ressort de l'examen de la décision attaquée que celle-ci ne comporte aucune motivation en droit. Par ailleurs, si la commune de Plan d'Orgon s'est référée pour rejeter la demande de Mme B à l'avis du 29 juin 2021 de la commission de réforme, il ressort de celui-ci qu'il se limite à indiquer que deux de ses membres se sont prononcés en faveur de la demande de la requérante et deux autres contre. Cette mention ne permettait pas à la requérante de connaître, à sa seule lecture, les motifs de fait sur lesquels s'est fondée la collectivité pour rejeter sa demande. Ainsi, la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation.
8. Il résulte de ce qui précède que la décision du 1er juillet 2021 par laquelle le maire de la commune de Plan d'Orgon a rejeté la demande de reconnaissance du caractère professionnel de la maladie de Mme B doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Eu égard au motif d'annulation, il est enjoint à la commune de Plan d'Orgon de procéder au réexamen de la demande de Mme B dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Plan d'Orgon une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la collectivité demande au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er juillet 2021 par laquelle le maire de la commune de Plan d'Orgon a refusé de reconnaître le caractère professionnel de la maladie de Mme B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Plan d'Orgon de procéder au réexamen de la demande de Mme B dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Plan d'Orgon versera à Mme B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Plan d'Orgon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Plan d'Orgon.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Trottier, président,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère.
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
E.-M. Balussou
Le président,
Signé
T. TrottierLa greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026