mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107044 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1eCh Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | JOURDAA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2021, et deux mémoires en réplique enregistrés les 28 août et 21 septembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. D B, représenté par Me Jourdaa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Marseille lui a infligé la sanction d'avertissement ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de son auteur ;
- il n'est pas motivé en droit ;
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- il n'a dès lors commis aucune faute.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 31 mai et 6 septembre 2022, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 29 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Felmy en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Felmy, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- et les observations de Me Hebert, substituant Me Jourdaa, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, titulaire du grade de gardien-brigadier, exerce depuis 2014 les fonctions d'agent de police municipale de la commune de Marseille, au sein de la division opérationnelle de la direction de la police municipale et de la sécurité. Il est affecté à la brigade de tranquillité publique. Par une note de service du 11 octobre 2018, il a été affecté auprès de l'unité enlèvements-restitutions de véhicules à compter du 15 octobre 2018. Par un arrêté du 2 avril 2019, le maire de la commune de Marseille lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une journée. Le tribunal administratif a annulé cette sanction par un jugement n°1904846 du 15 avril 2021, devenu définitif après le rejet des conclusions d'appel incident de la commune de Marseille par arrêt n° 21MA02345 du 4 octobre 2022 de la cour administrative d'appel de Marseille. Par un arrêté du 7 juin 2021, le maire de la commune de Marseille a infligé à M. B la sanction d'avertissement. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'article 29 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale désormais codifié à l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique, dispose que : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale () ". Aux termes de l'article 89 de cette loi désormais codifié à l'article L. 533-1 du code général de la fonction publique : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : l'avertissement ; le blâme ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; () ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction.
3. En premier lieu, par un arrêté du 4 mars 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune le 15 mars suivant, M. A E, directeur général des services, a reçu délégation du maire de la commune de Marseille à l'effet de signer notamment les actes infligeant une sanction disciplinaire et, en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à M. F, directeur général adjoint des ressources humaines, et en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à Mme C, directrice de la gestion et de l'administration au sein de la direction générale adjointe des ressources humaines. L'absence d'empêchement de M. F et de M. E ne ressort pas des pièces du dossier. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il ressort de la décision attaquée que celle-ci fait référence à un arrêté du 21 mai 2021 prononçant " l'annulation " de la sanction du 2 avril 2019, qui est joint à l'arrêté en litige et comporte un rappel des textes applicables en matière de sanction disciplinaire des agents publics territoriaux, fait état du jugement du 15 avril 2021 annulant la sanction disciplinaire prononcée le 2 avril 2021, et retient les seuls faits relatifs à la réquisition d'images de vidéosurveillances afin de les visionner. Si l'arrêté du 7 juin 2021 en litige ne comporte en lui-même aucune considération de droit la justifiant, il se réfère toutefois à la décision du 21 mai 2021 et au jugement précité du 15 avril 2021 rappelant les dispositions applicables à la situation de M. B dans le cadre de la procédure disciplinaire engagée. Par suite, ce dernier, qui doit être regardé comme ayant eu connaissance des dispositions de droit qui constituent le fondement de la décision attaquée, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté serait insuffisamment motivé.
5. En troisième lieu, pour prononcer la sanction attaquée à l'encontre de M. B, le maire de la commune de Marseille s'est fondé sur " le seul fait dont la matérialité a été regardée comme établie par le juge administratif dans sa décision du 15 avril 2021, à savoir : -avoir réquisitionné les images de vidéosurveillance du magasin CetA le 04 octobre 2018, afin de les visionner alors que vos fonctions ne vous le permettent pas. ". Il ressort du rapport du brigadier-chef de police municipale daté du 7 octobre 2018 que M. B a visionné des images de vidéosurveillance du magasin qu'il s'était procurées auprès de l'agent de sécurité. L'intéressé, qui affirme avoir seulement questionné l'agent de sécurité sur l'existence de ces vidéos, ne remet pas utilement en cause le visionnage qui lui est reproché en se référant à la définition de la réquisition pénale résultant des dispositions de l'article 60-1 alinéa premier du code de procédure pénale. De même, il ne contredit pas suffisamment les faits rapportés de manière circonstanciée dans ce rapport, en se bornant à soutenir, sans l'établir, que ce document émane d'une personne avec laquelle il est en conflit et que la commune de Marseille n'a pas rapporté la version des trois autres agents témoins de ces faits, alors même qu'il ne justifie d'aucune impossibilité de se procurer et produire lui-même de tels témoignages. Si le requérant soutient que ce même rapport fait état de certains faits qui n'ont pas été considérés comme établis par le tribunal, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que les faits de visionnage irrégulier d'images de vidéo-surveillance le soient. Dans ces conditions, et alors que l'attestation de son épouse ne saurait être prise en compte dans la présente instance du fait des liens qui les unissent, et que l'attestation d'un responsable du magasin établie le 12 septembre 2021 n'est pas suffisamment probante concernant les faits qui se sont produits trois ans auparavant, M. B n'est pas fondé à soutenir que les faits de réquisition illicite d'images de vidéosurveillance lors de l'intervention du 4 octobre 2018 qui lui sont reprochés, et qui ont par ailleurs été retenus par le précédent jugement du tribunal, ne sont pas établis.
6. En dernier lieu, alors que la commune de Marseille a retenu que les agissements du requérant ne relevaient pas de ses prérogatives et fait valoir qu'ils constituent un manquement à ses obligations professionnelles, M. B n'est pas fondé à soutenir, à défaut de précision suffisante concernant le moyen tiré de l'absence de faute qu'il invoque, que la décision serait entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la sanction d'avertissement qui lui a été infligée est entachée d'illégalité et doit être annulée. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Marseille, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la commune de Marseille.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
La magistrate désignée,
signé
E. Felmy La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026