mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107125 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GONAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 août 2021, M. C D, représenté par Me Gonand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juin 2021 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé d'abroger l'arrêté du 4 août 2016 prononçant son expulsion du territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle méconnaît l'article L. 632-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne représente plus une menace grave à l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation sur ce point ;
- elle méconnait l'article L. 631-2 dès lors que le préfet a omis d'examiner si la décision d'expulsion constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'État ou la sécurité publique ;
- son absence d'insertion professionnelle ne peut lui être imputée puisque cette situation ne résulte que de l'arrêté d'expulsion prononcé à son encontre ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 septembre 2022, la clôture d'instruction a été prononcée le 27 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- les conclusions de M. Grimmaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Gonand pour M. D ;
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien, déclare être entré en France pour la première fois en 1999. À la suite de plusieurs condamnations prononcées à son encontre entre 2012 et 2015, le préfet des Bouches-du-Rhône a, par un arrêté du 4 août 2016, prononcé son expulsion du territoire français. M. D a été reconduit en Algérie le 8 septembre 2017. Le 19 décembre 2017, il a sollicité l'abrogation de l'arrêté d'expulsion du 4 août 2016, laquelle a été refusée par le préfet le 19 février 2018. Revenu en France irrégulièrement depuis le 29 janvier 2018, il a sollicité, auprès des services de la préfecture, le 17 janvier 2020, un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, demande qui été rejetée le 10 mars 2020. Le 18 février 2021, il a de nouveau sollicité l'abrogation de l'arrêté d'expulsion du 4 août 2016. Par une décision du 8 juin 2021, dont M. A demande au tribunal l'annulation, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. /2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné, en dernier lieu, par la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel d'Aix-en-Provence à 1 an et 6 mois de prison pour détention et transport non autorisés de stupéfiants et vol en réunion en état de récidive légale, pour des faits commis en 2015. M. D a épousé, le 1er mars 2014, une ressortissante française, avec laquelle il a eu trois enfants, nés en 2016 et en 2018. Le requérant, qui déclare être revenu irrégulièrement en France le 29 janvier 2018 malgré la mesure d'expulsion dont il fait l'objet, justifie, par la production d'attestations de fournisseur d'électricité et de la caisse d'allocations familiales, d'une vie commune avec son épouse et ses enfants depuis au moins mars 2019. Compte tenu de l'ancienneté des faits commis par M. D, de l'absence de toute condamnation depuis 2015 et de l'intensité de sa vie familiale en France, et en dépit d'une absence d'insertion professionnelle, l'intéressé est fondé à soutenir que le préfet du Rhône a porté une atteinte excessive à son droit au respect de la vie privée et familiale et a méconnu l'intérêt de ses enfants en maintenant les effets de la mesure d'expulsion qui avait été prise à son encontre en 2016.
4. Il résulte de ce qui précède que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision contestée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros à M. D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 8 juin 2021 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé d'abroger l'arrêté du 4 août 2016 prononçant l'expulsion du territoire français de M. D est annulée.
Article 2 : L'État versera une somme de 1 200 euros à M. D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. BLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026