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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2107255

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2107255

mercredi 4 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2107255
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL ANDREANI-HUMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 12 août 2021, le 6 septembre 2021 et le 20 octobre 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le comité d'intérêt de quartier (CIQ) des chemins de Malouesse et de Bon Rencontre à Luynes, Mme H I et la société civile immobilière Wengue, représentés par Me Collet, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2021 par lequel la maire de la commune d'Aix-en-Provence, annulant et remplaçant une précédente décision datant du 18 décembre 2020, ne s'est pas opposée à la déclaration préalable présentée par la société G tendant à la division en deux lots à bâtir A et B, d'une propriété d'une contenance globale de 18 445 m² composée des parcelles cadastrée section HA n° 0029, 0030, 0031, 0176, 0341, 0497, 0535 et 0536, ainsi que le rejet exprès du recours gracieux formé contre cette décision ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2021 par lequel la maire de la commune d'Aix-en-Provence a accordé à la société civile de construction vente Aix Jean Pelisse un permis de construire autorisant la réalisation d'un ensemble immobilier comprenant 20 logements, sur un terrain situé sur le territoire de ladite commune, ainsi que la décision tacite puis la décision expresse rejetant le recours gracieux formé contre cette autorisation ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice.

Ils soutiennent que :

- ils sont recevables à agir contre les décisions qu'ils contestent ;

S'agissant de l'arrêté du 9 mars 2021 portant décision de non-opposition à déclaration préalable :

- rien ne permet de s'assurer que M. F C avait bien reçu mandat pour déposer la déclaration préalable alors que le gérant de la société G est M. D C ;

- la réglementation UD s'appliquant au secteur ne permet pas la division foncière ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UD3 du règlement du PLU et l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UD5 du règlement du PLU ;

- il méconnaît l'article UD11 du règlement du PLU ;

- il méconnaît le plan de prévention des risques relatif au retrait- gonflement des sols argileux ;

S'agissant de l'arrêté du 16 février 2021 portant permis de construire :

- la personne qui a déposé la demande de permis de construire ne justifie d'aucun pouvoir pour ce faire ;

- le permis en litige a été délivré en méconnaissance de la réglementation relative au lotissement, dès lors que l'autorisation de lotir est un préalable à la demande de permis de construire et que l'arrêté valant division foncière du 9 mars 2021 est illégal ;

- l'arrêté a été délivré au vu d'un dossier de demande de permis de construire incomplet au regard de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté a été délivré au vu d'un dossier de demande de permis de construire incomplet au regard de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- le projet ne répond pas aux exigences de sécurité publique fixées par l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UD3 du règlement du PLU relatives aux accès et à la desserte du projet et celles de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UD4 du règlement du PLU relatives à la desserte en réseaux ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UD5 du règlement du PLU relatives aux surfaces libres ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UD9 du règlement du PLU relatives à l'emprise au sol ;

- le projet ne répond pas aux exigences d'insertion dans l'environnement fixées par l'article UD11 du règlement du PLU relatives à l'emplacement des locaux techniques ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UD12 du règlement du PLU relatives au stationnement des véhicules ;

- le projet a été délivré en méconnaissance du plan de prévention des risques.

S'agissant de la décision expresse du 28 juin 2021 rejetant les recours gracieux :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qui concerne l'application des règles environnementales.

Par deux mémoires, enregistrés les 17 janvier et 29 août 2022, la société civile de construction vente Aix Jean Pelisse et la société civile G, représentées par Me Rosenfeld, concluent :

- à titre principal au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;

- à titre très subsidiaire à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5 du même code ;

- en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre des frais de l'instance.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable pour être présentée contre deux décisions distinctes ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 20 juillet 2022, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Andreani, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge " de M. et Mme A " au titre des frais de l'instance.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable comme émanant de trois requérants dont aucun n'a qualité ou intérêt pour agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,

- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,

- et les observations de Me Collet pour les requérants, Me Tosi pour la commune d'Aix-en-Provence et de Me Cagnol pour la SCCV Aix Jean Pelisse et la SC G.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 9 mars 2021, annulant et remplaçant une précédente décision datant du 18 décembre 2020, la maire d'Aix-en-Provence ne s'est pas opposée à la déclaration préalable, déposée le 10 novembre 2020 et complétée le 20 novembre 2020 par la société G, tendant à la division en deux lots A et B d'une propriété d'une contenance globale de 18 445 m² composée des parcelles cadastrées section HA n° 0029, 0030, 0031, 0176, 0341, 0497, 0535 et 0536. Sur le lot A sus-évoqué, la même maire a autorisé la société Aix Jean Pelisse, par un arrêté daté du 16 février 2021, à réaliser un ensemble immobilier comprenant 20 logements. Par une requête unique, le comité d'intérêt de quartier (CIQ) des chemins de Malouesse et de Bon Rencontre à Luynes, Mme H I et la société civile immobilière Wengue demandent l'annulation de ces deux décisions, ainsi que de la décision expresse datée du 28 juin 2021, par laquelle la maire d'Aix-en-Provence a rejeté les recours gracieux formés contre ces décisions.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, les conclusions d'une requête collective, qu'elles émanent d'un requérant qui attaque plusieurs décisions ou de plusieurs requérants qui attaquent plusieurs décisions, sont recevables dans leur totalité si elles présentent entre elles un lien suffisant.

3. Si les trois requérants ont, par une même requête, demandé l'annulation de décisions distinctes, pour l'une ne s'opposant pas à la déclaration préalable déposée par la société G tendant à la division en deux lots A et B d'un tènement présentant une superficie de 18 445 m² et, pour l'autre, autorisant la société Aix Jean Pelisse à réaliser sur ledit lot A un ensemble immobilier, ces décisions présentent entre elles un lien suffisant pour que la requête unique tendant à l'annulation de ces décisions soit recevable. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par les sociétés pétitionnaires doit être rejetée.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme : " Une association n'est recevable à agir contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation des sols que si le dépôt des statuts de l'association en préfecture est intervenu au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ".

5. Pour contester l'intérêt à agir du comité d'intérêt de quartier des chemins de Malouesse et de Bon Rencontre à Luynes, la commune se borne à faire valoir que les statuts, versés à l'instance par ladite association et datés du 25 novembre 2020, ne présentent pas l'ancienneté d'un an requise par les dispositions précitées. Cependant, il ressort de ces mêmes statuts que l'association a été créée le 6 décembre 1999, et de la consultation du site Légifrance, accessible tant au juge qu'aux parties, que les statuts déposés en sous-préfecture d'Aix-en-Provence le 14 juin 2000 étaient identiques quant à leur objet à ceux versés à l'instance. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Aix-en-Provence à la requête en tant qu'elle émane de ce CIQ doit être rejetée.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant ".

7. Mme I verse au dossier un acte notarié selon lequel elle est devenue propriétaire le 17 juillet 2014 d'un terrain à bâtir formant le lot 27 du lotissement dénommé Malouesse, cadastré section HA n° 485 et situé avenue Fortuné Ferrini à Aix-en-Provence. Alors que la commune fait valoir l'ancienneté de cette preuve de propriété de Mme I et par suite le caractère inactuel de la propriété de l'intéressée, celle-ci verse au dossier une attestation notariale réitérant les mentions essentielles de l'acte de propriété du 17 juillet 2014. Or, quand bien même cette attestation a été dressée le 19 août 2022, elle ne peut établir que Mme I serait toujours la propriétaire du lot précité, alors que d'autres documents, que seule l'intéressée est en mesure de verser, tels l'avis d'imposition à la taxe foncière relatif à l'année 2020, seraient de nature à apporter cette preuve. Dans ces conditions, comme le soutient la commune d'Aix-en-Provence, la requête en tant qu'elle émane de Mme I est irrecevable.

8. Enfin, si la commune d'Aix-en-Provence fait valoir qu'en l'absence de recours gracieux déposé pour le compte de la société Wengue, la requête serait tardive en tant qu'elle émane de cette dernière, ladite défenderesse relève elle-même que cette tardiveté peut être opposée seulement si les pétitionnaires précisent la date de l'affichage prévu à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, aux termes duquel " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". En l'absence de tout élément sur ce point versé au dossier par la société G et par la société Aix Jean Pelisse, la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Aix-en-Provence à la société Wengue ne peut qu'être rejetée.

Sur les conclusions en annulation relatives à la décision unique du 28 juin 2021 rejetant les deux recours gracieux :

9. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Par suite, les conclusions sus-évoquées ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions en annulation relatives à l'arrêté du 9 mars 2021 portant non-opposition à déclaration préalable valant division parcellaire :

En ce qui concerne la légalité externe de la décision attaquée :

10. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 441-9 du code de l'urbanisme, " la déclaration préalable comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable ". Aux termes de l'article R. 423-1 du même code : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés :/ a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ;() ". Il résulte de ces dispositions que les déclarations préalables doivent seulement comporter l'attestation des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration préalable, la validité de l'attestation établie par le déclarant. Toutefois, lorsque l'autorité saisie de la déclaration vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir le caractère frauduleux de cette attestation ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le déclarant ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer pour ce motif à ladite déclaration.

11. En l'espèce, il ressort de l'imprimé de la demande de déclaration préalable, notamment de sa case n°7, que la société G, représentée par M. F G, a attesté avoir qualité pour faire la déclaration préalable. Au vu de l'attestation requise, les requérants ne sauraient donc, pour contester la décision en litige, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude, et notamment de ne pas avoir vérifié l'identité du gérant de la société G.

En ce qui concerne la légalité interne de la décision attaquée :

12. En premier lieu, les requérants font valoir que les parcelles d'assiette de la décision en litige sont situées en zone urbaine UD, dite " d'intensification douce " concernant, selon le règlement du plan local d'urbanisme, " les secteurs essentiellement composés d'un tissu urbain pavillonnaire. A vocation mixte, elle a pour objectif de permettre une évolution mesurée de cette forme urbaine en concordance avec les capacités de desserte sans créer de rupture avec la volumétrie générale du bâti environnant ni altérer les qualités paysagères de la zone ni celles des espaces agricoles ou naturels avoisinants. Elle est localisée principalement à la périphérie du centre urbain et des villages ou dans les espaces urbains de sensibilité paysagère. ". Alors qu'il ressort de cette définition que les territoires inclus dans le zonage UD pourront connaître une évolution de la forme urbaine pavillonnaire qui y prédomine actuellement, et que l'arrêté en litige se borne à diviser un tènement de 18 445 m² en deux lots, un lot A de 6 120 m² et un lot B de 12 325 m², les requérants n'établissent pas que les projets à venir sur lesdits lots seraient automatiquement contraires au règlement de la zone UD.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Alors que, comme il vient d'être dit, l'arrêté en litige se borne à diviser un tènement en deux lots, les requérants n'établissent pas que la pente alléguée de 15% des parcelles impliquerait que tout projet à venir sur ces parcelles causerait une atteinte à la sécurité publique.

14. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ne peut qu'être rejeté dès lors qu'en application du 2ème alinéa de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, les dispositions de l'article R. 111-5 ne s'appliquent pas quand le terrain d'assiette du projet est, comme en l'espèce, couvert par un plan local d'urbanisme.

15. En troisième lieu, l'article UD3 du règlement du plan local d'urbanisme, dans son paragraphe 1 relatif aux accès, dispose : " Les accès doivent être adaptés aux usages et aux besoins de l'opération, de la construction ou de l'aménagement desservi, notamment en termes d'entrecroisement des véhicules, ainsi qu'au trafic sur la voie de desserte.// Les accès ne doivent pas présenter de risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès, notamment au regard de la position et de la configuration des accès, de la présence d'un espace d'attente devant le portail, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic.// () / Lorsqu'un terrain est desservi par plusieurs voies publiques, l'accès peut être imposé sur la voie sur laquelle la gêne pour la circulation est la moindre ". Le paragraphe 2 de ce même article, relatif à la voirie, dispose : " Toute construction ou aménagement doit être desservi par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles qui y sont édifiés, notamment en ce qui concerne les exigences de sécurité routière, de secours et de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des déchets ". Alors que, comme il a déjà été dit au point 12 du présent jugement, l'arrêté en litige se borne à diviser un tènement en deux lots, les requérants n'établissent pas que, quels que soient les projets à venir sur lesdits lots, les accès qui seraient prévus ne répondraient pas aux exigences des dispositions précitées, non plus que les voiries les desservant. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

16. En quatrième lieu, si les requérants indiquent que l'article UD5 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif aux espaces libres et plantations, " prévoit des règles à respecter ", ils n'indiquent pas en quoi la décision en litige méconnaîtrait l'une d'elles.

17. En cinquième lieu, si les requérants semblent soulever un moyen tiré de la nécessité de mener une étude environnementale préalable à la décision en litige, ils n'appuient cette affirmation d'aucune référence textuelle. Et s'ils font valoir, selon leurs propres termes " au surplus ", la présence d'une espèce végétale protégée, en tout état de cause, ils n'en établissent pas la présence sur le terrain objet de la division foncière en litige par le constat d'huissier qu'ils versent au dossier.

18. En sixième lieu, les requérants se prévalent de l'article UD11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions, dans sa disposition portant sur l'adaptation au contexte et aux termes de laquelle " Les projets doivent être adaptés à la topographie du terrain, à son orientation, aux lignes de force du paysage (alignement des constructions, parcellaire, composition végétale, allée d'arbres), à sa situation par rapport aux voies de desserte.// Pour être adaptés à la topographie du terrain, les projets doivent épouser au plus près le relief existant en limitant leur impact sur le terrain naturel et la différence d'altitude entre le terrain naturel et le terrain aménagé ". Cependant, alors que la division contestée ne saurait préjuger des projets susceptibles d'être conçus sur les lots qu'elle définit, le moyen soulevé est inopérant à l'encontre de la décision en litige.

19. En dernier lieu, en se bornant à affirmer que les parcelles en litige sont concernées par un plan de prévention des risques naturels relatif aux mouvements de terrain par retrait-gonflement des sols argileux, les requérants n'établissent pas l'illégalité de la division contestée.

Sur les conclusions en annulation relatives à l'arrêté du 16 février 2021 portant permis de construire :

En ce qui concerne la légalité externe de la décision attaquée :

20. En premier lieu, les mêmes principes que ceux rappelés au point 10 sont applicables au permis de construire en vertu des dispositions combinées du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme avec celles de l'article R. 423-1 du même code. En l'espèce, il ressort de l'imprimé de la demande de déclaration préalable, notamment de sa case n° 8, que la société Aix Jean Pelisse, représentée par Mme E B, a attesté avoir qualité pour demander l'autorisation sollicitée. Au vu de l'attestation requise, les requérants ne sauraient donc, pour contester la décision en litige, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude, et notamment de ne pas avoir vérifié l'identité de la représentante de la société Aix Jean Pelisse.

21. En deuxième lieu, les requérants font valoir que le permis de construire en litige a été délivré antérieurement à l'autorisation de lotir intervenue le 9 mars 2021 postérieurement au permis de construire en litige, et semblent ainsi contester la légalité du permis de construire en litige au motif que l'autorisation de lotir initiale avait disparu de l'ordonnancement juridique à la date de délivrance du dit permis. Cependant, en tout état de cause, une autorisation d'occupation des sols délivrée sur l'un des lots issus d'une division foncière ayant donné lieu à une autorisation de lotir n'est pas prise pour l'application de la décision par laquelle l'administration a délivré l'autorisation de lotir, cette dernière ne constituant pas non plus la base légale de la première. Par suite, ni le moyen sus-indiqué, ni celui, d'ailleurs non établi, tiré de l'illégalité de la déclaration préalable en date du 9 mars 2021 ne sont de nature à entraîner l'illégalité du permis de construire en litige.

En ce qui concerne la légalité interne de la décision attaquée :

22. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". L'article R. 431-10 du même code dispose : " Le projet architectural comprend également :/ ()/b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; ()/ c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, () ".

23. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

24. D'une part, il ressort des pièces du dossier de la demande de permis de construire qu'en admettant même que les éléments donnés par la notice descriptive relativement à l'aménagement des accès au terrain et aux aires de stationnement soient regardés comme succincts, ils sont complétés par les informations ressortant d'autres documents, tels que le plan de masse, le plan de masse paysager, la notice de stationnement ou la notice accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Si les requérants déclarent que le choix de l'accès sur une voie en impasse " n'est pas justifié et s'avère totalement inapproprié ", cette circonstance, à la supposer avérée, est sans incidence sur la légalité du dossier de demande de permis de construire au regard des dispositions invoquées de l'article R. 431-8.

25. D'autre part, contrairement à ce qu'affirment les requérants, le dossier de demande comporte un document PC3.1 qui est un plan de coupe du bâtiment A. Par ailleurs, plusieurs pièces du dossier de la demande, tels le document 1.3, le plan de masse et la notice paysagère PC4 annexe L, permettaient au service instructeur, contrairement aux affirmations des requérants, d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 doit être écarté.

26. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Pour sa part, l'article UD3 du règlement du plan local d'urbanisme, dans son paragraphe 1 relatif aux caractéristiques des accès, dispose : " Les accès doivent être adaptés aux usages et aux besoins de l'opération, de la construction ou de l'aménagement desservi, notamment en termes d'entrecroisement des véhicules, ainsi qu'au trafic sur la voie de desserte.// Les accès ne doivent pas présenter de risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès, notamment au regard de la position et de la configuration des accès, de la présence d'un espace d'attente devant le portail, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic.// () / Lorsqu'un terrain est desservi par plusieurs voies publiques, l'accès peut être imposé sur la voie sur laquelle la gêne pour la circulation est la moindre. ". Dans son paragraphe relatif aux caractéristiques des voiries, le même article du règlement du PLU dispose : " Toute construction ou aménagement doit être desservi par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles qui y sont édifiés, notamment en ce qui concerne les exigences de sécurité routière, de secours et de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des déchets ".

27. D'une part, il ressort du plan de masse du projet que la voie Monique Lavison constitue la seule voie de desserte du projet. Il ressort des pièces du dossier que cette voie présente une largeur de chaussée de 5 mètres et qu'elle est longée, sur un côté, par un trottoir abaissé de 2 mètres de large environ et protégé d'un stationnement sauvage par des potelets, et de l'autre par un trottoir abaissé non protégé d'une soixantaine de centimètres. Même si cette voie, en impasse après l'accès qu'elle fournit au projet, dessert actuellement moins d'une dizaine de maisons et qu'elle ne permet l'entrecroisement des véhicules automobiles qu'à la vitesse réduite imposée en l'espèce par la réglementation routière, il ne ressort pas des caractéristiques précitées qu'elle ne répondrait pas aux usages et besoins des vingt logements créés par le projet.

28. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'accès au projet permis par l'impasse Lavison se situe à peu près au tiers de la longueur de cette impasse, et est constitué d'une zone d'attente de 5,57 mètres de long sur 6 mètres de large située devant le portail d'accès aux bâtiments du projet. Il ne ressort ni de cette configuration, ni de l'emplacement de l'accès sur ladite impasse, qu'il serait inadapté aux besoins du projet, ou créerait un risque pour la sécurité des usagers de l'impasse ou celle des utilisateurs de l'accès.

29. Enfin, en versant au dossier l'avis émis le 13 août 2012 par les services d'incendie et de secours sur un permis d'aménager déposé par une société SEMEPA le 24 juillet 2012, les requérants n'établissent pas le risque incendie qu'ils allèguent et qui serait induit par le projet en litige. Par ailleurs, en se bornant à affirmer que " la largeur de la voie interne n'est que de 5 m " et qu'" il n'est pas possible pour les engins de secours et de lutte contre l'incendie de manœuvrer " en raison d'une " pente actuelle de 15% ", ils n'assortissent pas leur moyen des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé et la portée.

30. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions rappelées au point 26 ne peuvent qu'être écartés.

31. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ne peut qu'être rejeté dès lors qu'en application du 2ème alinéa de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, les dispositions de l'article R. 111-5 ne s'appliquent pas quand le terrain d'assiette du projet est, comme en l'espèce, couvert par un plan local d'urbanisme.

32. En quatrième lieu, si les requérants invoquent l'article UD4 dont les dispositions relatives aux eaux pluviales indiquent que " les aménagements doivent garantir l'écoulement normal des eaux pluviales vers les ouvrages publics récepteurs, ainsi que le piégeage adapté des éventuels polluants de ces eaux ", ils n'établissent pas l'insuffisance des dispositifs de rétention prévus par le projet au regard de ces dispositions en se bornant à faire valoir que " la localisation exacte du bassin de rétention n'apparaît pas clairement dans le dossier de permis de construire ", et que le projet ne prévoit pas de caniveau au niveau du portail. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

33. En cinquième lieu, la seule circonstance que le service instructeur a assorti le permis en litige de 14 prescriptions n'est pas de nature, par elle-même, à établir l'illégalité de la décision contestée.

34. En sixième lieu, aux termes de l'article UD5 du règlement du plan local d'urbanisme : " 1 - L'ensemble des espaces libres, hors circulation et stationnement, doit représenter 60% du terrain d'assiette et doit être aménagé et végétalisé, hors emprise des bassins de piscine, en pleine terre ou sur une épaisseur minimum de deux mètres de terre végétale en cas de construction en sous-sol tout en conservant un minimum de 20% de surface du terrain d'assiette en pleine terre ".

35. Si les requérants prétendent que le plan PC4 annexe K portant calcul des espaces libres ne permettrait pas de s'assurer que les espaces de circulation ont été effectivement retirés du calcul des espaces libres dans leur intégralité, ils ne versent au dossier aucun élément de nature à faire douter des informations figurant sur ce plan, qui comporte pourtant une échelle. Par suite, ils n'établissent pas que seraient erronées les données figurant sur ce plan selon lesquelles la surface totale des espaces libres est de 3 806 m², soit plus de 60% du terrain d'assiette du projet qui couvre une superficie de 6 120 m². Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

36. En septième lieu, il ressort du plan de masse paysager PC2-2.4 que des arbres de haute tige figurent au projet, contrairement à ce que soutiennent les requérants, qui se bornent à alléguer leur absence sans indiquer quelle disposition de l'article UD5 serait méconnue par le projet.

37. En huitième lieu, aux termes de l'article UD9 du règlement du PLU : " 1- En l'absence de linéaire de gabarit, pour les constructions ou installations d'une surface de plancher supérieure ou égale à 500 m² à destination d'habitation, y compris des constructions existantes, l'emprise totale des constructions à destination d'habitation ne peut dépasser 25% de la surface du terrain d'assiette ".

38. Le plan sus-évoqué PC4 annexe K indique que l'emprise au sol des constructions du projet représente 1317 m², soit une superficie respectant les dispositions précitées. Si les requérants affirment qu'en raison de la non-prise en compte dans le calcul de l'emprise au sol de plusieurs éléments du projet, tels que les casquettes en avancement de façade, les pergolas et les murs longeant la voie de desserte interne, l'emprise au sol serait en réalité de 1543 m², c'est-à-dire dépasserait le maximum autorisé de 13 m², ils n'étayent ce résultat d'aucun commencement de preuve sur le calcul mené, ni ne versent au dossier des éléments de nature à faitre douter des informations figurant sur le plan. Par suite, le moyen tiré du non-respect des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

39. En neuvième lieu, aux termes du point 7 de l'article UD11 du règlement du PLU : " 7 - Locaux et équipements techniques : L'ensemble des dispositifs techniques, y compris toutes les fonctions de ventilation, de climatisation, les machineries d'ascenseur, etc, sont installés à l'intérieur de la construction dans le volume autorisé. Seules les descentes d'eau pluviale sont autorisées en façade.// Les organes techniques qui doivent rester apparents, tels que les souches de cheminée, sont conçus et dessinés pour participer à la composition architecturale du projet ()".

40. Il ressort des pièces du dossier que les logements du projet sont dotés de dispositifs techniques qui " sont compris à l'intérieur de caissons directement accolés aux façades ", selon les termes mêmes employés par la pétitionnaire, qui ne soutient, ni même n'allègue, que ces dispositifs seraient des organes techniques devant rester apparents au sens des dispositions précitées. Si ces caissons sont décomptés dans l'emprise au sol des constructions dessinée au plan sus-évoqué PC4 annexe K, de tels caissons, en façade des bâtiments, ne peuvent être regardés comme installés à l'intérieur de la construction dans le volume autorisé. Dès lors, le projet ne respecte pas les dispositions précitées, entachant, pour ce motif, le permis de construire en litige d'illégalité.

41. En dixième lieu, aux termes de l'article UD12 du règlement du PLU : " 1 - Le stationnement des véhicules doit être assuré en dehors des voies publiques sur les emplacements prévus à cet effet sur le terrain d'assiette des constructions ou des aménagements envisagés. Les aires de stationnement pour les véhicules motorisés peuvent être réalisées dans l'environnement immédiat du terrain d'assiette. Les zones de manœuvre doivent être indépendantes des voies publiques ".

42. Il ressort du plan de masse du projet que deux places de stationnement sont créées sur le terrain d'assiette du projet, à l'est de la zone d'attente précédant le portail d'accès, lui-même en retrait par rapport à la limite parcellaire. Par suite, même si ces places se trouvent avant le portail d'accès, elles assurent un stationnement en dehors des voies publiques et n'impliquent pas une zone de manœuvre sur la voie publique. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

43. En onzième lieu, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'environnement : " I.- Lorsqu'un intérêt scientifique particulier, le rôle essentiel dans l'écosystème ou les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, sont interdits : () 2° La destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement de végétaux de ces espèces, de leurs fructifications ou de toute autre forme prise par ces espèces au cours de leur cycle biologique, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, la détention de spécimens prélevés dans le milieu naturel ; / 3° La destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces ; / () ". Aux termes de l'article L. 411-2 du même code : " I.- Un décret en Conseil d'État détermine les conditions dans lesquelles sont fixées : / () / 4° La délivrance de dérogations aux interdictions mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-1, à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante, pouvant être évaluée par une tierce expertise menée, à la demande de l'autorité compétente, par un organisme extérieur choisi en accord avec elle, aux frais du pétitionnaire, et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle : / a) Dans l'intérêt de la protection de la faune et de la flore sauvages et de la conservation des habitats naturels ; / () ". Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : / () / k) s'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement. / () ".

44. Selon les termes employés par les requérants eux-mêmes, la tulipe d'Agen, espèce protégée par l'arrêté du 20 janvier 1982 fixant la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire, se trouve sur le " terrain voisin " du projet. Ni le constat d'huissier en date du 31 mars 2021 qu'ils versent au dossier, ni le rapport d'expertise écologique versé par la pétitionnaire, qui indique dans sa page 14 que deux pieds de tulipe d'Agen se situent " en contrebas de l'assiette foncière donnant sur la propriété mitoyenne " n'établissent que le terrain d'assiette du projet constituerait un habitat de l'espèce concernée au sens des dispositions précitées de l'article L. 411-1 du code de l'environnement. Par suite et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

45. En dernier lieu, la seule circonstance que le terrain d'assiette du projet serait concerné par un plan de prévention des risques relatif aux mouvements de terrain " retrait-gonflement des sols argileux " n'est pas de nature à établir l'illégalité de la décision au regard des dispositions de ce plan, lesquelles ne sont pas même citées par les requérants.

Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

46. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

47. Il résulte ainsi des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme que, lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge administratif doit, en application de l'article L. 600-5-1, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5, si les conditions posées par cet article pour procéder à l'annulation partielle de l'autorisation d'urbanisme sont réunies, c'est-à-dire quand l'illégalité retenue n'affecte qu'une partie identifiable du projet et peut être régularisée par une mesure de régularisation.

48. Il ressort des pièces du dossier que le vice relatif à l'emplacement de dispositifs techniques en façades, retenu aux points 39 et 40, est un vice qui concerne des parties identifiables du projet et peut être régularisé. Il y a donc lieu de faire application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme et d'annuler l'arrêté en litige, en tant que des caissons contenant des dispositifs techniques sont directement accolés aux façades, en accordant à la pétitionnaire un délai de deux mois pendant lequel elle pourra demander la régularisation de l'autorisation en litige.

Sur les frais liés au litige :

49. L'article L. 761-1 du code de justice administrative dispose : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

50. Dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions précitées, il n'y a lieu de mettre à la charge d'aucune des parties à l'instance une quelconque somme au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 16 février 2021, par lequel la maire d'Aix-en-Provence a autorisé la société Aix Jean Pelisse à réaliser un ensemble immobilier comprenant 20 logements, est annulé en tant que des caissons contenant des dispositifs techniques sont directement accolés aux façades.

Article 2 : Le délai accordé à la société Aix Jean Pelisse pour solliciter la régularisation de son autorisation est fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions présentées d'une part par le comité d'intérêt de quartier des chemins de Malouesse et de Bon Rencontre à Luynes et la société Wengue, d'autre part par la commune d'Aix-en-Provence, enfin par la société Aix Jean Pelisse et la société G, est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme H I, au comité d'intérêt de quartier des chemins de Malouesse et de Bon Rencontre à Luynes, à la société civile immobilière Wengue, à la société civile de construction vente Aix Jean Pelisse, à la société civile G et à la commune d'Aix-en-Provence.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Hogedez, présidente,

- Mme Busidan, première conseillère,

- Mme Ridings, conseillère,

assistées de M. Brémond, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

H. BusidanLa présidente,

signé

I. Hogedez

Le greffier,

signé

A. Brémond

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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