mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107339 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP AMIEL - SUSINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 août 2021, la société Pharmacie Gervasone, représentée par Me Susini, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 juin 2021 par laquelle l'agence régionale de santé de Provence-Alpes-Côte d'Azur (ARS PACA) a rejeté sa demande confirmative formée sur le fondement des dispositions de l'article R. 5125-5 du code de la santé publique et a confirmé le rejet opposé le 11 janvier 2021 à sa demande de transfert de l'officine de pharmacie qu'elle exploite 8 cours Esquiros à Trets (13530) dans un nouveau local situé Lot 4 bis - ZAC de la Burlière (cadastré n° CH 339 et CH 343p) sur le territoire de la même commune ;
2°) d'enjoindre à l'ARS PACA de lui délivrer l'autorisation de transfert sollicitée dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est illégale car elle ne mentionne pas la qualité de son signataire ;
- elle est également entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle retient que le secteur d'accueil serait dépourvu de population résidente à proximité de l'emplacement projeté alors que ce n'est pas la notion de population résidente proche qui doit être prise en considération, mais celle de quartier ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans la mesure où le secteur d'accueil, qui est dépourvu de toute officine, comprend déjà 938 logements, qu'il a vocation à accueillir 580 logements supplémentaires, 500 au sein des zones de la Burlière et de René Cassin et 80 qui correspondent à l'ensemble immobilier " Résidence Victoria ", que l'autorité administrative n'est pas tenue de se limiter aux chiffres issus des recensements officiels et que, compte tenu des difficultés de stationnement en centre-ville, il s'agirait de répondre aux besoins en médicaments d'une frange de la population ;
- le secteur d'accueil comprend des passages piétons et des feux de circulation permettant un accès sécurisé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2021, l'ARS PACA conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la société requérante ne présente pas d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Susini, représentant la société Pharmacie Gervasone.
Une note en délibéré produite pour la société requérante a été enregistrée le 27 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 octobre 2020, la société Pharmacie Gervasone a sollicité de l'ARS PACA l'autorisation de transférer l'officine qu'elle exploite dans le centre historique de Trets vers un nouveau local situé dans la zone d'aménagement concerté de la Burlière, sur le territoire de la même commune, à environ 1,3 kilomètre de l'ancien emplacement. L'ARS PACA a rejeté cette demande par décision du 11 janvier 2021. Le 23 février 2021, la société requérante a formé, sur le fondement des dispositions de l'article R. 5125-5 du code de la santé publique, une demande confirmative qui a été rejetée par décision de l'ARS PACA du 17 juin 2021. La société Pharmacie Gervasone demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre à l'ARS PACA de lui délivrer l'autorisation de transfert sollicitée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".
3. La qualité de M. A B, signataire de la décision du 17 juin 2021, y est précisée dès lors que ses visas mentionnent le décret portant nomination de l'intéressé en qualité de directeur général de l'ARS PACA à compter du 15 janvier 2019. Le moyen tiré de l'absence de mention de la qualité de l'auteur de la décision litigieuse doit donc être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 5125-3 du code de la santé publique : " Lorsqu'ils permettent une desserte en médicaments optimale au regard des besoins de la population résidente et du lieu d'implantation choisi par le pharmacien demandeur au sein d'un quartier défini à l'article L. 5125-3-1, d'une commune ou des communes mentionnées à l'article L. 5125-6-1, sont autorisés par le directeur général de l'agence régionale de santé, respectivement dans les conditions suivantes :1° Les transferts et regroupements d'officines () ". Aux termes de l'article L. 5125-3-2 du même code, dans sa version alors en vigueur : " Le caractère optimal de la desserte en médicaments au regard des besoins prévu à l'article L. 5125-3 est satisfait dès lors que les conditions cumulatives suivantes sont respectées : 1° L'accès à la nouvelle officine est aisé ou facilité par sa visibilité, par des aménagements piétonniers, des stationnements et, le cas échéant, des dessertes par les transports en commun ; 2° (); 3° La nouvelle officine approvisionne la même population résidente ou une population résidente jusqu'ici non desservie ou une population résidente dont l'évolution démographique est avérée ou prévisible au regard des permis de construire délivrés pour des logements individuels ou collectifs ".
5. D'autre part, pour apprécier dans quelle mesure un projet de création, de transfert ou de regroupement satisfait de façon optimale les besoins en médicaments de la population du quartier d'accueil, l'autorité administrative doit prendre en compte l'ensemble des éléments de fait pertinents et connus à la date de sa décision. S'agissant, en particulier, de l'évaluation du nombre d'habitants du quartier d'accueil, elle n'est nullement tenue de se limiter aux chiffres issus des recensements officiels mais peut tenir compte de toute évolution plus récente portée à sa connaissance et suffisamment avérée, les dispositions de l'article L. 5125-10 du code de la santé publique - qui imposent de se référer aux chiffres issus de ces recensements - s'appliquant non à l'évaluation des besoins en médicaments prévue par l'article L. 5125-3 mais à la vérification de la satisfaction des quotas prévus uniquement pour les créations de pharmacie par l'article L. 5125-11 et pour les transferts d'une commune vers une autre par l'article L. 5125-14.
6. Pour refuser le transfert de l'officine de la société pharmacie Gervasone, l'ARS PACA s'est fondée sur la circonstance que le nouvel emplacement se trouvait dans un quartier dépourvu de population résidente à proximité de l'emplacement projeté, étant précisé que les parties s'accordent sur les délimitations du quartier d'accueil, enserré au nord par l'A8, au sud par la D6 et à l'est et l'ouest par les limites communales. Si, dans ses écritures en défense, l'administration indique qu'il appartient à la société requérante, dont le nouveau local devrait se trouver enclavé dans une zone comportant principalement des activités artisanales, commerciales et tertiaires, de démontrer non seulement que le quartier d'accueil héberge une population suffisante mais également que cette population se trouve à proximité du local de transfert, les dispositions exposées au point 4 ne subordonnent pas le droit d'une société à transférer son officine de pharmacie à l'existence d'une population à proximité immédiate du local de transfert. Alors qu'il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation du service en charge du recensement, que le secteur d'accueil comporte plus de 900 logements, lesquels correspondent à une population résidente jusqu'ici non desservie, étant précisé que les 580 autres logements mentionnés par la société requérante ne pouvaient être pris en compte eu égard à leur localisation hors secteur d'accueil pour les logements de la zone de Cassin et au fait que les logements de la résidence " Le Victoria " étaient nécessairement inclus dans le chiffre initial de 900, l'ARS PACA a ajouté une condition aux textes et a entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation. Par suite, ce motif est illégal.
7. Toutefois, la décision litigieuse est également fondée sur un second motif tiré de ce que le local ne permet pas un accès facilité à l'officine par des aménagements piétonniers, ni par des transports en commun, mais uniquement par un véhicule particulier, ce qui contrevient aux dispositions de l'article L. 5125-3-2 du code de la santé publique exposées au point 4. S'il résulte de ces dispositions que la desserte par des transports en commun n'est pas impérative, les aménagements piétonniers sont en revanche obligatoires. A cet égard, la société requérante se borne à communiquer un courrier du maire de Trets du 15 avril 2021 qui, s'il indique que la zone de la Burlière dispose d'accès piétonniers neufs pour une grande partie et qui sont adaptés aux personnes en situation d'handicap, n'en précise ni la nature ni la localisation. Dans ces conditions, alors que la société requérante ne produit aucune photographie ni aucun autre document de nature à établir l'existence d'aménagements piétonniers adaptés à proximité immédiate du local d'accueil, notamment des passages piétons, et permettant de cheminer jusqu'au centre de Trets, l'ARS PACA a pu légalement, pour ce seul motif, confirmer le rejet de la demande de transfert. Dès lors, le motif mentionné au point 6 doit être neutralisé et la société Pharmacie Gervasone n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 17 juin 2021.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Pharmacie Gervasone doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que de celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Pharmacie Gervasone est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Pharmacie Gervasone et à l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
H. Forest
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026